La Chine accuse les États-Unis d’implication dans un piratage géant de Bitcoin
Un piratage historique au cœur des tensions sino-américaines
Les autorités chinoises ont soulevé de graves accusations contre les États-Unis, affirmant que Washington aurait joué un rôle dans l’un des plus vastes piratages de Bitcoin jamais enregistrés.
Le Centre national chinois de réponse d’urgence aux virus informatiques (CVERC) a publié un rapport pointant l’implication présumée du gouvernement américain dans la disparition de 127 272 BTC appartenant au mining pool LuBian soit environ 14,5 milliards de dollars au moment de la saisie.
Un hack de 2020 resté dans l’ombre pendant des années
Le piratage du pool LuBian, survenu en décembre 2020, était resté confidentiel jusqu’à ce qu’Arkham Intelligence le révèle récemment, le qualifiant de “plus grand hack de Bitcoin jamais recensé”.
Ces 127 272 BTC auraient appartenu à Chen Zhi, fondateur du Prince Group, avant d’être dérobés puis transférés à une adresse contrôlée par le pirate.
Selon les données d’Arkham, les fonds sont restés inactifs pendant près de quatre ans, avant d’être transférés le 5 juillet 2024 vers une adresse identifiée comme « US Government: Chen Zhi Seized Funds » soit un portefeuille détenu par le gouvernement américain.
Source : db @tier10k / X
Les États-Unis détenaient déjà les fonds, selon Pékin
Le Département de la Justice américain (DOJ) a annoncé en octobre 2024 la “plus grande action de confiscation de l’histoire”, en déposant une plainte de saisie civile pour les 127 271 BTC liés à Chen Zhi.
Cependant, le CVERC affirme que les États-Unis détenaient déjà les actifs bien avant la plainte officielle.
“Ces fonds sont actuellement sous la garde du gouvernement américain”, indiquait le DOJ, sans préciser comment ils avaient été récupérés.
Cette absence d’explication nourrit les soupçons chinois, d’autant plus que la transmission directe des BTC depuis l’adresse du hacker vers celle du gouvernement américain semble inhabituelle dans un cadre purement judiciaire.
Pékin évoque une “opération étatique planifiée”
Le rapport du CVERC juge la chronologie des événements “incompatible avec le comportement typique de hackers ordinaires, qui cherchent rapidement à liquider leurs gains”.
Selon l’agence, la longue période de dormance, suivie d’un transfert intégral vers une adresse gouvernementale américaine, suggère une opération orchestrée à haut niveau.
“Cela ressemble davantage à une opération précise menée par une organisation de hacking liée à un État”, peut-on lire dans le rapport.
Toujours selon le CVERC, Chen Zhi et son équipe auraient tenté à plusieurs reprises de contacter les pirates en leur envoyant des transactions symboliques d’environ 23 $, contenant des messages sur la blockchain pour réclamer la restitution des fonds. Ces tentatives seraient restées sans réponse.
Un enjeu géopolitique majeur autour du Bitcoin
Cette affaire ajoute une dimension géopolitique à l’un des vols de cryptomonnaies les plus mystérieux de l’histoire.
Selon Arkham, les BTC issus du piratage de LuBian représenteraient près de 39 % des 326 500 BTC (soit 34,2 milliards $) actuellement associés à des adresses gouvernementales américaines.
Pendant ce temps, la compétition technologique entre les deux puissances s’intensifie.
Le président américain Donald Trump déclarait récemment que les États-Unis étaient “loin devant la Chine et le reste du monde” en matière d’adoption crypto, tout en reconnaissant que “la Chine s’y engage désormais massivement.”
Un dossier explosif pour la confiance dans la régulation crypto
Si les accusations chinoises se confirmaient, cela pourrait ébranler la confiance dans les procédures internationales de saisie et de garde d’actifs numériques.
À l’inverse, Washington pourrait rétorquer que la saisie relève d’une coopération judiciaire légitime dans une affaire de fraude transnationale.
Une chose est sûre : ce dossier révèle à quel point les cryptomonnaies sont désormais un enjeu stratégique global, à la croisée de la cybersécurité, de la finance et de la diplomatie.

Antoine Marchain
Co-fondateur


