par Juin 1, 2024DeFi, Interviews

Aleph.im : la décentralisation sur un petit nuage

Après avoir fait un petit tour du côté des formations crypto et Web3  il est temps cette semaine de retourner à nos premiers amours : la blockchain, en partant à la rencontre d’Aleph.im et de son co-fondateur Jonathan Schemoul.

En bref, nous rentrerons dans le vif du sujet par la suite, Aleph.im est un projet qui vise à décentraliser l’infrastructure cloud pour les applications Web3. En proposant des solutions de stockage, de base de données, de calculs et de messagerie décentralisées, Aleph.im offre une alternative sécurisée et efficace aux services cloud centralisés traditionnels.

Fonctionnalité, staking d’ALEPH, avantages d’utiliser ce réseau… on vous dit tout dans cet article.

Aleph, quand la décentralisation prend un peu de hauteur

Décentraliser le cloud, c’est la mission d’Aleph.im. Concrètement, le projet utilise un réseau de nœuds décentralisés pour fournir ses services, éliminant ainsi les points de défaillance uniques et augmentant la résilience et la sécurité des informations qu’il conserve.

4 fonctionnalités d’Aleph.im

Sur Aleph, 4 fonctionnalités permettent cette optimisation de la décentralisation :

  • Un stockage décentralisé permet aux utilisateurs de stocker des fichiers de manière sécurisée et distribuée, assurant ainsi une plus grande protection contre les pertes de données et les accès non autorisés.

  • Une base de Données décentralisée fiable pour les applications est disponible, facilitant  l’accès et la gestion des données tout en réduisant les risques associés aux bases de données centralisées.

  • Des calculs décentralisés fournissent des capacités de calcul hors chaîne, assurant aux applications de traiter des données complexes de manière plus efficace et à moindre coût.

  • Une messagerie sécurisée qui assure une communication et décentralisée, protégeant les échanges d’informations sensibles.

Le réseau est déployé sur plus de huit blockchains et traite plus de 10 000 requêtes par jour, permettant ainsi une interopérabilité entre différents écosystèmes. Le réseau continue de développer de nouvelles fonctionnalités pour répondre aux besoins croissants du marché en matière de puissance de calcul et de stockage.

« Toutes les chaînes EVM sont compatibles avec Aleph.im, et nous continuons à développer des fonctionnalités supplémentaires selon les blockchains (…) On est constamment en train d’améliorer et de répondre aux nouvelles demandes du marché en termes de puissance de calcul et de stockage. »

ALEPH, le carburant du réseau

Les nœuds décentralisés du réseau sont responsables du stockage, des calculs et de la transmission des messages. Cette architecture décentralisée garantit que les services restent disponibles même en cas de défaillance de certains nœuds.

Le token ALEPH est essentiel au fonctionnement du réseau Aleph.im. Il est utilisé pour payer les frais de stockage, de calcul et de messagerie. De plus, les utilisateurs peuvent participer au staking de tokens ALEPH, ce qui leur permet de soutenir le réseau tout en gagnant des récompenses. Voici comment fonctionne le staking sur Aleph.im.

On notera à la marge que si vous ne connaissez pas le staking, vous pouvez consulter nos articles sur le sujet ici.

Aleph.im, une solution pour plus de décentralisation

La centralisation du Cloud : un problème

La centralisation des services cloud pose plusieurs problèmes et questionne régulièrement notre écosystème.  Les services centralisés peuvent être vulnérables aux pannes, aux cyberattaques et aux erreurs humaines, entraînant des interruptions de service et des pertes de données.

Par ailleurs, les fournisseurs de cloud centralisés, nous parlons de GAFAM tels que Amazon Web Service ( AWS ) ou encore Google, ont un contrôle total sur les données des utilisateurs, ce qui peut entraîner des problèmes de confidentialité et de surveillance, deux points aux antipodes des idées de Satoshi Nakamoto, le père créateur de Bitcoin.

Enfin, et surtout, les gouvernements et les entreprises peuvent imposer des restrictions sur les données et les services hébergés sur des plateformes centralisées, limitant ainsi la liberté d’expression et l’innovation.

Bref, il ne s’agit pas d’être dystopique ici, toutefois, la décentralisation du Cloud reste un vrai enjeu pour notre secteur.

« On a une volonté de ne pas loguer et de ne pas traquer les utilisateurs. Si on a un réseau décentralisé, mais qu’on traque les utilisateurs sur les interfaces, ça n’a pas trop d’intérêt. »

Aleph.im, le terrain de jeu des développeurs

Aleph.im représente donc une avancée importante pour la quête de décentralisation. En offrant des solutions de stockage, de bases de données, de calculs et de messagerie décentralisées, Aleph.im améliore la sécurité, la résilience et l’efficacité des applications Web3 mais aussi notre sécurité à nous.

De fait, Aleph.im est particulièrement utile pour les développeurs d’applications décentralisées (dApps) et les projets de finances décentralisées (DeFi). 

Les développeurs peuvent utiliser Aleph.im pour stocker des données de manière sécurisée et exécuter des calculs complexes sans dépendre d’un fournisseur de cloud centralisé pour le développement de dApps.

Les développeurs de jeux peuvent également stocker des actifs de jeu et effectuer des calculs en utilisant les services décentralisés d’Aleph.im, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité.

Enfin, les projets DeFi peuvent bénéficier du stockage sécurisé et des calculs hors chaîne pour gérer les données financières et exécuter des contrats intelligents de manière fiable. 

Alors que les problèmes de centralisation du cloud continuent de croître, des solutions comme Aleph.im offrent donc une alternative possible orientée vers plus de décentralisation. 

Enfin, et surtout à Jonathan le mot du début et celui de la fin : 

« Nous travaillons avec l’account abstraction pour que, à terme, on n’ait même plus besoin d’un Wallet et qu’on se connecte juste avec un compte (…) Aujourd’hui, déployer sur un réseau décentralisé, c’est dur, on y travaille justement. C’est pour ça qu’on a lancé Twentysix Cloud (…) Il faut que ce soit simple à utiliser, fiable, qu’on puisse compter dessus. Une fois qu’on a ça, je ne vois pas de raison de continuer tout le temps à passer par AWS, à part une question d’habitude. »

Pour aller plus loin :