MNBC, banques centrales et trésorerie d’entreprises : 3 menaces pour Bitcoin ?

« Toutes les monnaies fiates sont en inflation dans le monde et donc Bitcoin nous protège contre toutes les monnaies fiat quel que soit leur degré d’inflation. » 

Pour la rentrée de Blockchain Addict, pas de blabla, on ne se perd pas dans le métavers avec des tokens de licorne. On a décidé de revenir aux fondamentaux, à la source de l’amour, et de se poser LA question qui dérange : pourquoi sommes-nous tous obsédés par le Bitcoin ?

À l’heure où les institutionnels, ces gros poissons de la finance traditionnelle, prennent Bitcoin d’assaut, il est facile d’oublier sa raison d’être. On voit des ETF, des chiffres sur la valeur en dollars, et on en oublie presque la raison pour laquelle Satoshi Nakamoto a sorti de terre cette petite révolution.

Pour revenir à l’essentiel, nous nous sommes appuyés sur la vision de Yorick de Mombynes, magistrat et penseur de Bitcoin.

En s’inspirant de ses réflexions, cet article explore les trois menaces qui pèsent sur l’actif numérique : les MNBC, les banques centrales et les trésoreries d’entreprise.

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Genèse de Bitcoin : fiat Satoshi Nakamoto

Pour comprendre les enjeux, il faut faire un petit saut dans le temps, plus précisément en 2008. Le monde de la finance s’écroule sous le poids des subprimes. Les banques, soi-disant « trop grandes pour faire faillite« , se s’en sortent in extremis grâce à des plans de sauvetage massifs payés par les contribuables.

La confiance dans le système financier traditionnel et ses gardiens, les banques centrales, est au plus bas.

C’est dans ce chaos qu’un individu ou un groupe, sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, publie le livre blanc de Bitcoin. Et ce n’est pas une coïncidence si, dans le tout premier bloc de la blockchain Bitcoin (le « bloc de genèse »), il inclut un message caché, la Une du Times du jour à l’époque : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks. » (Le Chancelier est sur le point de lancer un deuxième plan de sauvetage pour les banques).

Ce message n’est pas anodin. Il est le manifeste de Bitcoin. Il nous rappelle que le BTC n’est pas une simple monnaie numérique. C’est une réponse directe à la faillite morale et financière des banques et de leurs gouvernements.

Son but ? Créer un système de monnaie électronique de pair à pair, sans l’intervention d’un tiers de confiance (banque, gouvernement, etc.), résistant à la censure et à la manipulation. Une monnaie qui nous appartient vraiment, gravée dans le marbre de la blockchain.

Menace n°1 : La Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC), le cheval de Troie

Face à l’essor de Bitcoin, puis des cryptomonnaies, les banques centrales ont d’abord feint l’indifférence, puis ont ricané. Maintenant, elles ripostent avec leurs propres projets : les MNBC. Ces « monnaies numériques de banque centrale » sont souvent présentées comme le futur de l’argent, plus pratique, plus rapide. Mais derrière cette façade se cache l’opposé exact de ce que Bitcoin représente.

Alors que Bitcoin est décentralisé, une MNBC est centralisée. Son émission, sa distribution et sa gestion sont sous le contrôle absolu de la banque centrale. Contrairement à la blockchain Bitcoin, qui est publique et transparente, une MNBC serait une base de données privée, dont l’accès est contrôlé par l’État. 

Le risque ? Une surveillance totale. On peut imaginer alors une MNBC programmable, où le gouvernement pourrait décider de ce que vous avez le droit d’acheter, ou si votre argent a une date de péremption. C’est un outil de contrôle financier et social sans précédent, à mille lieues de la liberté offerte par Bitcoin.

« La réalité historique […] c’est que les banques centrales ont été créées pour faciliter l’inflation monétaire au profit de la puissance publique pour compléter son financement au-delà de l’impôt. (…) Les démocraties sont capables de la plus grande coercition en matière monétaire. On l’a vu aux États-Unis dans les années 30 avec l’or.»

Menace n°2 : Les Banques Centrales, les vieilles habitudes ont la vie dure

Les banques centrales ont un historique long et sinueux. Comme l’a noté Yorick de Mombynes, elles ont souvent été créées pour financer les guerres et les dépenses des États, en ayant recours à la planche à billets.

C’est un schéma qui se répète depuis des siècles : la création de masse monétaire entraîne l’inflation, qui déprécie l’épargne des citoyens. C’est l’essence même de ce que Hayek appelait « la route de la servitude« .

Bitcoin, avec sa quantité limitée à 21 millions d’unités, est la réponse à ce problème. Il est conçu pour être une monnaie « dure » et déflationniste, impossible à imprimer à l’infini.

Les banques centrales, en créant des monnaies illimitées, sont en contradiction directe avec ce principe.

De fait, elles n’ont d’autre choix que de considérer Bitcoin comme une menace à leur monopole monétaire. C’est un combat de philosophie économique : une monnaie saine et décentralisée contre une monnaie fiduciaire inflationniste et centralisée.

De fait, et c’est là que l’ironie est savoureuse, les mêmes banques qui regardaient Bitcoin de haut il y a quelques années se jettent maintenant à corps perdu sur les ETF adossés à ce même BTC.

En participant à ces fonds, elles permettent à leurs clients institutionnels et fortunés d’y investir sans avoir à gérer les complexités techniques. Comprenons bien toutefois. Pour ces banques, les ETF Bitcoin ne sont pas un soutien à la philosophie de Bitcoin.

Ce sont de nouveaux produits à vendre pour générer des frais. Elles se positionnent comme des intermédiaires incontournables, renforçant leur propre modèle centralisé tout en profitant de l’engouement pour un actif qu’elles ne contrôlent pas.

« J’ose espérer que ce phénomène des ETF est transitoire et que c’est surtout une porte d’entrée dans l’écosystème Bitcoin. » 

Menace n°3 : Les Trésoreries d’Entreprise, quand le capitalisme s’invite à la fête

Aux MNBC, et aux banques s’ajoutent un autre facteur menaçant la reine des cryptomonnaies.

L’adoption du Bitcoin par des entreprises comme Strategy, sous l’impulsion de Michael Saylor, est en effet une arme à double tranchant. C’est une excellente nouvelle pour l’adoption de la cryptomonnaie, mais elle soulève des questions sur la centralisation.

Quand une seule entreprise détient une partie significative de l’offre en circulation, elle devient un « point de défaillance unique ».

Si, pour une raison quelconque, Strategy devait liquider une grande partie de ses avoirs en Bitcoin, cela pourrait provoquer un effondrement du marché. De plus, en stockant leurs Bitcoins sur des plateformes de conservation tierces (les « custodians« ), ces entreprises n’adoptent pas le principe de la « self-custody » (la détention de ses propres clés privées).

Elles réintroduisent de fait un tiers de confiance dans l’écosystème, ouvrant la voie à des risques de piratage, de censure ou de saisie, ce que Bitcoin était justement censé éliminer.

Ces trois menaces ne sont pas des compétiteurs comme les autres. Ce sont des incarnations de la centralisation que Bitcoin a été créé pour combattre.

Les MNBC offrent le contrôle, les banques centrales continuent de dévaloriser la monnaie, et les trésoreries d’entreprise centralisent la détention.

Chacune, à sa manière, s’attaque aux principes fondamentaux du Bitcoin : la souveraineté, la décentralisation et la résistance à la censure.

L’enjeu n’est pas seulement de savoir si le prix du Bitcoin va monter ou baisser. L’enjeu est de savoir si le monde va se diriger vers un avenir de liberté financière ou un avenir de contrôle total.

En gardant ces menaces à l’esprit, vous pourrez mieux comprendre ce qui se joue en arrière-plan et pourquoi il est important de s’éduquer, et pas seulement d’investir.

Enfin, à Yorick le mot de la fin, et celui du début : 

« Chaque jour qui passe renforce ma confiance dans cet objet puisque chaque jour qui passe diminue la probabilité pour qu’il échoue à la fois techniquement, puis économiquement et politiquement. »