Burncoin : deux cerveaux de la crypto condamnés à Marseille pour escroquerie

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné deux hommes pour escroquerie et blanchiment liés à un projet frauduleux de cryptomonnaie baptisé Burncoin.

Présenté comme un investissement innovant et déflationniste, le projet promettait des rendements attractifs. Il s’est finalement effondré dans la panique, laissant des investisseurs lésés et ses fondateurs face à la justice.

Parmi les condamnés figure un policier de 32 ans, identifié comme le leader du projet.

Burncoin : un projet crypto aux promesses trompeuses

Créée le 12 avril 2021, Burncoin était présentée comme une cryptomonnaie déflationniste. Le mécanisme reposait sur une réduction progressive du nombre de tokens en circulation afin d’en accroître la rareté et, théoriquement, la valeur.

Le livre blanc du projet assurait que les investisseurs seraient « largement récompensés ». La promotion s’est appuyée sur des canaux spécialisés et une communication active visant à crédibiliser l’initiative.

Mais selon le tribunal, cette présentation reposait sur des manœuvres frauduleuses, incluant des informations mensongères et une dissimulation de fonds.

Un policier à la tête du montage frauduleux

Le principal prévenu, policier en exercice dans les Bouches du Rhône, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer son métier et cinq ans d’inéligibilité.

Les faits se sont déroulés entre mars et mai 2021 à La Ciotat, Cassis et Toulouse.

S’il a reconnu avoir fait quelque chose de « pas correct », il a contesté toute préméditation, invoquant un mouvement de panique lors de la chute du cours du Burncoin. Le tribunal a estimé que plusieurs éléments du dossier contredisaient cette version.

Il est notamment considéré comme co responsable des mensonges contenus dans le livre blanc, document central dans la stratégie de démarchage.

Un complice chargé du livre blanc et de la promotion

Le second prévenu, âgé de 31 ans, avait conçu le livre blanc, développé le site internet et assuré la promotion technique du projet.

Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis probatoire, 15 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

Un troisième homme a également été condamné en octobre 2025 via une procédure de plaider coupable à 12 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende.

Dissimulation de fonds et tentative de blanchiment

L’enquête a révélé des flux financiers transitant par plusieurs wallets et circuits destinés à masquer l’origine des fonds. Les juges ont retenu des tentatives de conversion en espèces à l’insu des investisseurs.

Les écoutes téléphoniques ont mis en évidence une promotion agressive du Burncoin, présenté comme un investissement « top ». Les protagonistes évoquaient également la surveillance de Tracfin, démontrant une conscience des risques juridiques.

Lors des perquisitions, des liasses de faux billets ont été découvertes.

Effondrement brutal et disparition du projet

Le 20 mai 2021, le site internet du Burncoin cesse brutalement de fonctionner. Cet incident déclenche un mouvement de vente massif et précipite l’effondrement du token.

Dans la soirée, l’ensemble des éléments liés au projet disparaît.

Les investisseurs lésés ont obtenu des indemnisations partielles. Les prévenus encouraient jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende. Ils disposent de dix jours pour faire appel.

Un signal fort pour l’écosystème crypto français

Cette affaire illustre la persistance des montages frauduleux dans l’univers des actifs numériques. Elle rappelle que l’innovation technologique ne protège ni contre la manipulation, ni contre la responsabilité pénale.

Alors que l’adoption des cryptomonnaies progresse en France, les autorités renforcent leur vigilance face aux projets non régulés et aux promesses de rendement irréalistes.

La crédibilité du secteur repose désormais sur la transparence, la conformité et la protection des investisseurs.

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-fondateur