Opération internationale : 18 individus et entités inculpés pour fraude massive – NexFundAI

Le monde des cryptomonnaies est à nouveau secoué par une opération internationale d’envergure. Pas moins de 18 individus et entités ont été inculpés pour fraude et manipulation de marché. Il s’agit de la première fois que des entreprises de services financiers spécialisées dans les cryptomonnaies, connues sous le nom de « market makers », sont poursuivies pour des activités criminelles liées à la manipulation de marché et au « wash trading ». Ces accusations marquent un nouveau tournant dans la régulation des cryptos, un secteur encore largement non régulé mais de plus en plus scruté.

Un système de fraude sophistiqué exposé

Les autorités américaines ont dévoilé des inculpations le 9 octobre 2024 à Boston, ciblant les dirigeants de quatre entreprises de cryptomonnaies et de quatre sociétés de services financiers opérant dans ce secteur. Parmi les inculpés figurent des acteurs-clés accusés d’avoir orchestré un système de fraude sophistiqué, basé sur des fausses déclarations et des transactions fictives connues sous le nom de wash trades.

Ces pratiques visaient à gonfler artificiellement les volumes d’échange des tokens pour leur donner une apparence d’attractivité. Plus de 25 millions de dollars en cryptomonnaies ont été saisis et des bots de trading responsables de transactions frauduleuses sur environ 60 cryptomonnaies ont été mis hors service. Plusieurs suspects ont déjà été arrêtés, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Portugal.

Cette opération rappelle que, malgré l’innovation technologique, les pratiques frauduleuses traditionnelles telles que le « pump and dump » continuent de prospérer dans ce nouvel écosystème.

Des pratiques frauduleuses déguisées en innovation

Selon les documents judiciaires, les dirigeants des entreprises accusées ont non seulement trompé les investisseurs sur la nature de leurs tokens, mais ils ont aussi manipulé les volumes de transactions via des wash trades. Cette technique consiste à réaliser des transactions entre entités appartenant à une même personne ou entreprise, créant ainsi une illusion d’activité sur les marchés, dans le but d’attirer des investisseurs crédules.

Cette fraude, connue sous le nom de « pump and dump », est particulièrement marquée dans le cas de l’entreprise Saitama, qui a atteint à son apogée une valorisation de plusieurs milliards de dollars. Les dirigeants de Saitama auraient vendu leurs tokens à des prix artificiellement gonflés, réalisant des profits colossaux aux dépens des nouveaux investisseurs.

Si ces schémas de fraude se multiplient, c’est parce que les cryptomonnaies restent un terrain fertile pour les arnaques. En 2023, les Américains ont perdu 5,6 milliards de dollars à cause des fraudes liées aux cryptos, comme le souligne cet article sur FBI : Les Américains ont perdu 5,6 milliards de dollars à cause des fraudes crypto en 2023.

Un coup de filet mondial : le FBI mène la charge

Dans un coup de théâtre qui a surpris de nombreux observateurs, le FBI a pris des mesures sans précédent pour identifier et piéger les fraudeurs. L’agence fédérale a créé sa propre cryptomonnaie, le NexFundAI Token, ainsi qu’une entreprise fictive, dans le cadre de l’opération « Token Mirrors ». Ce stratagème a permis de démasquer plusieurs acteurs-clés, y compris des développeurs de tokens, des promoteurs et des market makers qui opéraient en toute impunité.

Comme l’a expliqué Jodi Cohen, agent spécial en charge de l’enquête pour le FBI de Boston :

« Ce que nous avons découvert est une nouvelle version des fraudes financières classiques. L’innovation apportée par les cryptomonnaies n’a pas réussi à masquer les vieux stratagèmes de manipulation de marché. »

En se faisant passer pour des acteurs du secteur, le FBI a réussi à perturber et démanteler ces réseaux frauduleux, une démarche sans précédent qui pourrait bien devenir une nouvelle méthode pour les forces de l’ordre à l’avenir.

Bubblemaps - FBI - NexF - blockchainaddict

Manipulation de marché à grande échelle

Les entreprises de market making impliquées, telles que Gotbit, ZM Quant, CLS Global et MyTrade, ont joué un rôle central dans ces opérations frauduleuses. Ces sociétés sont accusées d’avoir utilisé des bots de trading pour gonfler les volumes de transactions et créer des illusions d’activité de marché, attirant ainsi de nouveaux investisseurs.

Parmi les inculpés figure Aleksei Andriunin, PDG de Gotbit, qui a été arrêté au Portugal le 8 octobre 2024. Gotbit aurait manipulé des volumes de transactions de plusieurs millions de dollars et engrangé des bénéfices tout aussi importants en offrant des services de wash trading à diverses cryptomonnaies. Les autorités ont révélé que d’autres tokens, tels que Robo Inu et Saitama, ont également été concernés par ces pratiques.

Un précédent pour l’industrie crypto ?

Ces inculpations marquent un tournant historique dans la manière dont les autorités abordent la régulation des cryptomonnaies. Avec des peines potentielles de 20 ans de prison pour les accusés, cette affaire pourrait bien inciter les régulateurs à intensifier leur surveillance des marchés de cryptomonnaies, tout en envoyant un message fort aux fraudeurs : la crypto ne sera plus un refuge sûr pour les escroqueries financières.

En plus des poursuites criminelles, des actions civiles ont également été engagées par la Securities & Exchange Commission (SEC) contre certaines des entreprises impliquées, telles que Gotbit, CLS, ZM Quant et Saitama.

 

L’opération menée par le FBI montre que, même dans le monde en pleine expansion des cryptomonnaies, les fraudeurs ne sont jamais loin des innovations. Ces inculpations, et les méthodes inédites utilisées par les forces de l’ordre, rappellent l’importance pour les investisseurs de faire preuve de vigilance et de bien comprendre les risques avant de s’engager sur les marchés financiers numériques.

Avec l’explosion des fraudes, les régulateurs et les agences de sécurité comme le FBI vont devoir redoubler d’efforts pour garantir l’intégrité du secteur des cryptomonnaies. Cette affaire n’est probablement que la première d’une longue série.

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Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur