Louis Finance, ETHCC et DeFi : Jérôme de Tychey prêt pour 2026 !

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

« On leur offre une option d’épargne qui est deux fois mieux disante que ce que leur propose le livret A sans limite de dépôts et avec un retour sur leur compte en banque en 90 secondes quoi. »

Le ton est donné. Dans la finance, les vieilles habitudes ont la vie dure. Le Livret A, doudou national de l’épargne, est désormais chahuté par la DeFi réglementée. Pour Jérôme de Tychey, Président d’Ethereum France et CEO de Cometh, la question n’est plus d’ignorer la finance décentralisée, mais de l’encadrer pour la rendre accessible à tous, y compris à « ma mère, elle a 76 ans » .

Louis Finance, service développé par Cometh est cette réponse, un pont entre l’Euro fiduciaire et l’innovation blockchain, mais le chemin pour construire un tel pont est semé d’embûches, comme nous l’explique notre invité de la semaine.

Le fardeau MiCA et le régulateur français

Le projet Louis Finance, qui propose un accès custodial et compliant à la DeFi, a nécessité un investissement colossal dans la conformité.

L’obtention de l’agrément MiCA en France est, de l’aveu de Jérôme de Tychey, un combat homérique qui a duré « 3 ans ».

« C’est cher, c’est long, c’est compliqué, on découvre des choses. » 

La critique est précise : si l’Europe garantit un standard élevé (audits PA2SI, exigences en fonds propres), la disparité d’application entre les pays permet à certains concurrents de se faire « passeporter » avec des contraintes « bien moindres ».

Une concurrence déloyale que le régulateur européen (ESMA) tente d’endiguer : cette rigueur s’imposant avant tout pour le nettoyage de l’écosystème, et cela commence par la traçabilité.

MiCA : une rupture qui va redessiner l’écosystème français

La transition entre PSAN et MiCA inquiète. La France comptait plus de cent PSAN enregistrés.

Tous ne survivront pas au passage à MiCA. Les coûts explosent : conformité, contrôles, infrastructures techniques, audits, licences supplémentaires pour certains services.

Ambroise le reconnaît : MiCA va créer un marché plus concentré. Les acteurs internationaux capables d’absorber les coûts réglementaires prendront le dessus.

Pour le lecteur français, l’enjeu est clair :
moins d’acteurs, mais plus solides au risque de freiner l’innovation locale.

La chasse aux cryptomonnaies sales

Cette rigueur se justifie par la nécessité de faire le ménage. L’entité régulée agit comme le dernier rempart contre le blanchiment d’argent.

Si les Euros d’un client sont convertis en Stablecoins et déposés sur des protocoles comme Aave, Cometh doit d’abord s’assurer de la traçabilité des fonds, même si ces derniers ont transité par des mixeurs.

Jérôme le martèle : il est « fortement déconseillé au criminel d’essayer de blanchir de l’argent avec des cryptos parce que c’est traçable par construction ».

L’obligation de résultat est totale : si les preuves fournies par le client s’avèrent fausses, la responsabilité de l’acteur régulé est engagée.

La révolution custodiale et l’attrait de l’euro

Louis Finance résout un problème central pour l’investisseur : celui de la custodie.

En gérant les clés des utilisateurs, Cometh permet à n’importe qui d’accéder à la DeFi simplement via un virement sur un IBAN.

L’argent est immédiatement converti en Euro Stablecoin MiCA compliant pour être mis au travail.

La DeFi, l’antidote de l’inflation

Le rendement attractif, autour de 3,5 % en conditions normales, est l’argument massue. En fléchant les fonds vers des protocoles ultra-sécurisés et audités comme Aave, l’offre surpasse le Livret A, sans les plafonds de dépôt et avec une liquidité quasi instantanée.

C’est là que l’innovation technique rencontre le besoin de l’épargnant :

« on offre une option d’épargne qui est deux fois mieux que ce que leur propose le livret A, le tout sans limite de dépôts »

Le Futur de la DeFi : La tokenisation de Portefeuille

Mais la vision de Cometh va plus loin que l’épargne.

L’utilisation de Smart Accounts (Safe), qui agissent comme des portefeuilles numériques sophistiqués, ouvre des perspectives inédites. 

Jérôme de Tychey parle de la possibilité de transférer la propriété de la position entière (tous les actifs et les placements) sans réaliser de mouvement de tokens sur la blockchain.

Cette tokenisation du portefeuille complet permet de simplifier les échanges complexes et de créer de nouveaux instruments financiers, une véritable révolution sous le manteau de la conformité MiCA.

ETHCC 9 et The Agora : Le cœur de la finance se déplace à Cannes

En tant que Président d’Ethereum France, Jérôme de Tychey est également le maître d’œuvre de l’Ethereum Community Conference (ETHCC), qui accueillera plus de 15 000 participants à Cannes en mars/avril.

L’événement phare de cette année est The Agora, un side event officiel conçu pour la TradFi (Finance Traditionnelle).

« Moi, j’aime bien dire qu’on a les Michael Jackson de la finance traditionnelle qui vont se déplacer pour The Agora. »

L’objectif est d’attirer les grands noms de la finance (Bloomberg, DTCC, SNP) pour qu’ils confrontent leur vision avec l’écosystème Ethereum. 

Cette stratégie, associée à une sécurité locale renforcée qui a fait ses preuves (en dépit d’une fameuse attaque de « caniche » l’an dernier, vise à rassurer les plus frileux et à accélérer l’adoption institutionnelle.

De la lourdeur administrative du MiCA à la complexité technique des Smart Accounts, Jérôme de Tychey et Cometh ont démontré que l’innovation durable passe par l’acceptation des règles du jeu. 

Leur produit, Louis Finance, n’est pas un hack pour contourner le système, mais un pas de géant pour l’intégrer, offrant enfin aux Européens une alternative crédible et sécurisée aux offres d’épargne anémiques.

L’écosystème est en pleine mutation, et les défis sont encore nombreux, notamment celui de garantir une concurrence juste et une tranquillité totale aux utilisateurs. Mais la direction est prise :

« Le jeu en vaut la chandelle. C’est-à-dire qu’aujourd’hui sur un truc comme Louis Finance, bah on propose un meilleur rendement que toutes les options d’épargne qui sont disponible à au KIDAM. » 

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondatrice