Trader des cryptomonnaies sur la DeFi en toute simplicité – Avec Charles D’Haussy de dYdX
Alors que le Bitcoin enchaîne les records et que la fièvre des cryptos n’épargne personne, dYdX s’affirme comme un des incontournables de la finance décentralisée (DeFi). Vous l’avez sans doute remarqué : la DeFi est souvent vue comme un terrain réservé aux initiés, pleine de termes techniques et de fonctionnalités obscures. Mais dYdX, avec sa spécialité dans le trading de produits dérivés, fait partie de ces plateformes qui parviennent à bousculer les habitudes en rendant cet univers plus accessible et plus performant.
Derrière cette success story se cache une vision claire et sans concession. Celle de Charles d’Haussy, CEO de dYdX, qui veut faire de son projet un exemple de décentralisation totale. Pas question ici de dépendre d’une autre blockchain : dYdX est désormais une blockchain à part entière, une appchain indépendante, optimisée pour le trading.
À travers notre interview exclusive avec Charles d’Haussy, PDG de la dYdX Foundation, nous lançons le premier article d’une série dédiée pour décoder ce projet unique et les enjeux qu’il soulève dans la DeFi. Commençons donc par une présentation complète : fondements, services, gouvernance. Pourquoi dYdX a-t-il choisi de devenir une blockchain autonome ? Quels services y trouvera l’utilisateur de DeFi ? Et surtout, comment cette quête de décentralisation radicale façonne-t-elle son écosystème ? Charles d’Haussy nous explique tout.
Les origines de dYdX : une aventure bien ficelée dans la DeFi
Retour en 2018, une époque où la finance décentralisée n’en était qu’à ses premiers pas. dYdX débarque alors sur la blockchain Ethereum avec une idée ambitieuse : offrir des produits dérivés sur blockchain. Pour les non-initiés, les produits dérivés sont des contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent (crypto, actions, matières premières…). Ils permettent aux traders de spéculer sur la hausse ou la baisse de ces actifs sans les posséder. C’est un marché colossal dans la finance traditionnelle, mais en crypto, ce créneau restait encore largement inexploré.
« dYdX est né avec une mission claire : se spécialiser dans les produits dérivés crypto, comme les perpetuals, pour permettre aux utilisateurs de spéculer à la hausse ou à la baisse. »
dYdX a rapidement su se faire une place en raison de la qualité de ses services et de sa capacité à gérer des volumes de transactions importants. Mais tout n’a pas été un long fleuve tranquille : bâtie sur Ethereum, l’infrastructure de la première version souffrait de plusieurs limitations techniques. Les transactions étaient parfois lentes, et les frais de gaz, commissions versées pour chaque opération, devenaient vite prohibitifs en période de congestion.
Avec la V2, puis la V3, dYdX s’est tourné vers les solutions dites de « couche 2 » ou layer 2, comme Starknet, pour contourner ces obstacles et alléger les coûts. Ces couches supplémentaires permettent de traiter des transactions en dehors de la blockchain principale, avant de les réintégrer par paquets, ce qui améliore la vitesse et réduit les frais. Cependant, malgré ces améliorations, le protocole dYdX restait tributaire de l’infrastructure d’autres blockchains. Mais ça, c’était avant.
« On avait une dépendance forte avec les blockchains généralistes, ce qui limitait notre optimisation. »
dYdX, une appchain
Face aux limitations persistantes, l’équipe de dYdX a pris une décision radicale : transformer le protocole en une « appchain ». Concrètement, une appchain est une blockchain dédiée à une seule application, optimisée pour répondre précisément aux besoins de cette dernière. Au lieu de cohabiter avec d’autres applications sur une blockchain comme Ethereum ou un réseau de couche 2 comme Starknet, dYdX a donc décidé de voler de ses propres ailes.
La version 4 de dYdX est née de ce besoin d’indépendance et d’efficacité accrue. Construite avec le Cosmos SDK – un cadre de développement réputé pour sa flexibilité – et fonctionnant sous le consensus CometBFT Proof-of-Stake, cette nouvelle architecture permet au protocole de gérer son propre réseau de validateurs. Cela signifie que dYdX peut désormais contrôler tous les paramètres de son infrastructure, ajuster les performances en fonction de ses besoins spécifiques et réduire sa dépendance aux réseaux tiers.
Cette autonomie permet de maximiser la performance technique en créant une infrastructure sur mesure, particulièrement pour le carnet d’ordres et le moteur de correspondance des transactions, des éléments essentiels pour une plateforme de dérivés. Sur une appchain, ces opérations peuvent être exécutées de manière fluide et rapide, sans être ralenties par des applications concurrentes.
« dYdX a choisi de devenir une appchain, dédiée à une application unique, optimisée pour notre usage et pour un contrôle complet. »
Les services et fonctionnalités de dYdX : une approche DeFi sophistiquée
Sur dYdX, les utilisateurs sont invités à plonger dans un environnement de trading professionnel, où ils peuvent négocier des contrats perpétuels (perpetuals). Mais qu’est-ce que c’est, un perpétuel ? Un contrat qui n’a pas de date d’expiration ; il permet de spéculer à la hausse ou à la baisse sur un actif, tout en offrant la possibilité d’ajouter un levier pour des gains – ou pertes – démultipliés.
Ce type de trading attire une clientèle variée, allant de l’utilisateur expérimenté aux institutionnels cherchant une alternative aux plateformes centralisées. dYdX propose des volumes conséquents et une interface pensée pour rivaliser avec celles des géants du trading, le tout sans les inconvénients d’une plateforme centralisée.
Pour Charles d’Haussy, la proposition est simple : offrir un cadre où les utilisateurs peuvent profiter des avantages de la DeFi sans renoncer aux performances d’un service de trading professionnel.
Par ailleurs, dYdX permet également :
- Trading sans frais de gaz : Les utilisateurs paient des frais uniquement en fonction de leurs transactions, sans les coûts de gaz associés aux blockchains traditionnelles.
- Incentives pour les validateurs et les stakers : Sur dYdX, chaque frais de transaction est destiné aux validateurs et aux stakers, les encourageant ainsi à sécuriser le réseau tout en restant décentralisés.
La technologie derrière dYdX V4 : quand la blockchain s’émancipe
L’élément le plus frappant de cette V4 ? Sa blockchain indépendante. Le choix de bâtir dYdX sur le Cosmos SDK et le consensus CometBFT (fork de Tendermint Core) permet d’optimiser le réseau pour le trading, en offrant à la fois des performances accrues et une infrastructure véritablement décentralisée. Ce n’est plus seulement une DApp sur une blockchain tierce ; c’est une chaîne dédiée exclusivement à dYdX et pensée pour les besoins du trading de dérivés.
De fait, la décentralisation va jusqu’au carnet d’ordres, entièrement maintenu en mémoire par les validateurs du réseau. En évitant de placer ce carnet d’ordres directement sur la blockchain, dYdX atteint un niveau de performance élevé, indispensable pour les utilisateurs qui exécutent des ordres à la volée, en quelques fractions de seconde.
Gouvernance et décentralisation : dYdX entre les mains de la communauté
L’ambition décentralisatrice de dYdX se retrouve dans sa gouvernance, découpée en plusieurs DAO qui supervisent les aspects fondamentaux du protocole.
Ce modèle de gouvernance multipartite permet aux membres de la communauté d’avoir une influence directe sur le développement et l’évolution du projet.
Voici un aperçu des trois DAO actuelles de dYdX :
- Grant DAO : elle finance les projets et initiatives qui souhaitent construire sur ou autour de dYdX.
- Operations DAO : elle assure la liaison avec les validateurs et la maintenance de la chaîne.
- Treasury DAO : elle gère les fonds du protocole, en investissant les tokens DYDX pour soutenir la croissance et assurer une réserve financière saine.
Les utilisateurs détenant des tokens DYDX peuvent staker ces derniers pour recevoir une part des frais de trading collectés par le protocole, participant ainsi à la sécurisation de la chaîne tout en renforçant leur engagement dans la gouvernance.
« En choisissant de construire notre propre blockchain, nous avons gagné en liberté de développement et en indépendance technologique. »
L’avenir de dYdX : entre ambitions et pragmatisme
Pour Charles d’Haussy, l’avenir de la DeFi repose sur des solutions hybrides, permettant d’offrir des alternatives aux utilisateurs qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes leur wallet ou mémoriser des phrases de récupération. Pour cela, dYdX explore des solutions qui donneraient aux utilisateurs le choix entre une gestion directe ou via un intermédiaire, tout en conservant une expérience entièrement décentralisée, sans KYC.
dYdX se prépare ainsi à être plus qu’une simple plateforme de trading : un hub, une appchain, un écosystème où les utilisateurs peuvent interagir de façon autonome ou accompagnée. C’est là que se joue l’avenir de dYdX, dans cet équilibre subtil entre décentralisation complète et expérience utilisateur optimisée.
Il ne s’agit pas ici de vous refaire l’interview par écrit ; de nombreux sujets y sont abordés, et beaucoup restent à explorer. Achats de cryptomonnaies, régulation menaçante, tendances actuelles… Autant de thèmes qui seront analysés au fil de notre série consacrée à dYdX et que vous pourrez découvrir déjà pour certains dans l’interview de Charles d’Haussy.
Enfin, à Charles, le mot de la fin et celui du début :
« La DeFi ne doit pas seulement chercher la décentralisation pour elle-même, mais viser la meilleure efficacité et performance possibles. »


