Sécurité crypto et économie de la vérité  : Wakweli le protocole Web3 pour combattre la fraude

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« Le but de Wakweli, c’est d’utiliser la blockchain et la communauté mondiale pour lutter contre la fraude, contre les scammers »

À l’heure où l’IA et les marketplaces ouvertes facilitent la duplication d’identités, d’images ou de profils, la fraude n’a jamais été aussi répandue. Dans ce contexte parfois chaotique, le projet Wakweli se présente comme une réponse concrète et robuste pour rétablir la confiance. Fondé par Antoine Sarraute, ce protocole Web3 propose un système de certification communautaire basé sur une logique d’incitation économique.

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L’histoire de Wakweli : du gaming à la certification universelle

Tout commence en 2019, lorsque Antoine rencontre Shaban Shaame un pionnier du jeu vidéo mobile, connu pour avoir lancé un des premiers jeux sur iPhone avec des cartes à collectionner.

Face à la montée des arnaques sur son jeu, Shaban imagine une solution : « Et si les joueurs possédaient réellement leurs cartes ? ». Il les inscrit alors… sur Bitcoin ! Nous sommes en 2015, Ethereum n’existe pas encore. Ce sont les prémices des NFT gaming.

Lorsque ces NFT anciens prennent une valeur considérable lors du bull run, les contrefaçons pullulent : mêmes images, nouveau mint, tentatives de revente frauduleuses. Le badge bleu d’OpenSea ne suffit pas.

« On s’est dit : est-ce qu’on pourrait pas faire quelque chose de différent ? Un badge bleu qui scale » 

C’est ainsi qu’est né Wakweli, avec pour ambition de créer une couche d’authenticité indépendante, interopérable et universelle.

Le Proof of Democracy : l’économie de la vérité 

Wakweli repose sur un système ingénieux : le Proof of Democracy. Toute personne peut demander à faire certifier un actif (compte X, page web, NFT…) en déposant un montant en tokens $WAKU, le token natif de Wakweli.

Cette mise en jeu crée un incitatif économique : si le certificat est validé correctement, elle est redistribuée entre le validateur et ses électeurs.

Le système intègre aussi la possibilité de challenger une certification erronée, avec à la clé une “prime” pour celui qui identifie un scam :

« Le stake que tu as mis dans le certificat devient un bounty, comme un programme de bug bounty » 

Ainsi, le protocole crée une économie de la vérité. Les certifiers sont élus par la communauté, doivent mettre du stake, et leur réputation est en jeu à chaque validation.

Des cas d’usage concrets dès aujourd’hui

Déjà opérationnel, Wakweli permet d’identifier facilement les comptes certifiés via une extension Chrome. Sur X, BlueSky, ou bientôt LinkedIn et les sites web, le badge apparaît directement à côté du profil.

« On voulait un protocole compatible avec tout. […] Pas seulement les NFT ou les marketplaces, mais aussi Amazon, X, LinkedIn… » 

Un cas d’usage marquant : la distinction entre vrais comptes et parodies.

« On a créé un badge pour les comptes parodiques. Ce n’est ni la personne réelle, ni un scam. C’est important de le reconnaître aussi » 

Autre enjeu clé à venir : la certification des URL. Wakweli veut permettre à l’internaute de distinguer immédiatement un site officiel d’un clone frauduleux, à l’image du cadenas SSL dans le navigateur.

Un lancement imminent sur Base, Layer 2 d’Ethereum

Le protocole Wakweli est en phase finale de lancement. Après plusieurs phases de test ayant permis de certifier plus de 26 000 profils, le smart contract principal va être déployé sur la blockchain Base, un Layer 2 rapide, peu coûteux, développé par Coinbase.

« Sur Base, c’est moins de 1 centime par transaction. […] Et il y a déjà 1 milliard d’adresses » 

Le token $WAKU sera initialement émis sur Ethereum, puis bridgeable vers Base pour interaction avec le protocole.

Une fondation suisse, des ambitions globales

Wakweli n’est pas une startup classique. C’est une fondation de droit suisse, contrôlée par l’État fédéral de Berne. Cela garantit que les fonds sont utilisés uniquement pour développer le protocole, et non redistribués à des actionnaires.

« Le but de la fondation est écrit au registre du commerce : lutter contre la fraude, rassembler une communauté mondiale autour de la confiance » 

« Tous les salaires, toutes les prestations, tout le marketing, ça va dans cette direction-là » 

Cette structuration inspire confiance, notamment pour établir des partenariats avec des institutions académiques ou publiques. Elle permet aussi à Wakweli de se positionner comme un interlocuteur crédible auprès d’acteurs étatiques et corporate, là où beaucoup de projets Web3 se heurtent à des barrières réglementaires.

Une mission : rétablir la confiance

À terme, Wakweli espère devenir le standard de certification dans un monde où l’IA, la deepfake et les arnaques à l’image sont monnaie courante.

« On veut créer un incentive mondial à dire la vérité » 

Avec une fondation forte, un protocole décentralisé, et une communauté impliquée, le pari est en passe de réussir. 

Enfin, et ça sera là le mot de la fin, et celui du début, Antoine conclut l’interview par un message à destination des entrepreneurs crypto :

« Il faut y aller. Ne pas se laisser paralyser. Construire un prototype. Aller aux meetups. Rencontrer la communauté. Et faire les choses aussi simples que possible, parce qu’elles deviendront complexes de toute façon. »