Bitcoin en 2025 : La France va-t-elle (enfin) jouer la carte crypto ?
En 2025, le Bitcoin n’est plus un OVNI financier ni un jouet pour spéculateurs du dimanche. Il a quitté les marges pour se faufiler au cœur du débat économique, politique… et désormais, sociétal.
Fini le temps des sourires en coin : en France, le BTC s’installe — doucement, mais sûrement. Son adoption grimpe, portée par une jeunesse connectée, des entrepreneurs malmenés par la régulation et le législateur, mais présents, et quelques institutions qui sortent du bois.
L’État, longtemps méfiant, commence à s’imaginer composer avec lui. Les régulations s’affinent, les discours évoluent, et certaines transactions — immobilières, s’il vous plaît — se concluent déjà en satoshis.
Bref, l’Hexagone vacille. Il ne court pas encore vers le grand amour crypto, mais il ne peut plus feindre l’indifférence. Et l’actualité de ce début 2025 en témoigne, sommes-nous dans l’année de bascule ? Spoiler, nous n’aurons pas la réponse.
Bitcoin : Une adoption croissante portée par une population jeune et connectée
Le baromètre 2024 de l’ADAN, réalisé en tandem avec KPMG, est sans appel : près de 5?millions de Français détiennent aujourd’hui des crypto-actifs.
Et en tête de file ? L’indétrônable Bitcoin, toujours roi dans les portefeuilles..
Qui sont ces adeptes ? Principalement des hommes, âgés de 25 à 44 ans, urbains, diplômés, plutôt CSP+, et surtout, parfaitement à l’aise dans l’écosystème.
Cette dynamique s’explique en partie par l’explosion des plateformes crypto pensées pour le grand public — Coinhouse, StackinSat ou SwissBorg, pour ne citer qu’elles.
À cela s’ajoute l’arrivée des néo-banques comme Deblock, qui intègrent désormais les crypto-actifs dans leur offre comme s’il s’agissait d’un compte épargne nouvelle génération.
MiCA : une régulation au cordeau pour un écosystème sous tension
Sur le plan réglementaire, la France n’a pas traîné. Parmi les premiers pays européens à dégainer, elle a intégré dès décembre 2024 les nouvelles règles du règlement MiCA (Markets in Crypto Assets), désormais pilier juridique de la crypto-sphère européenne.
Objectif affiché : harmoniser, encadrer, rassurer. Désormais, les PSAN — prestataires de services sur actifs numériques — doivent s’enregistrer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), se plier à des obligations musclées en matière de lutte contre le blanchiment (LCB-FT) et répondre à un cahier des charges strict en termes de transparence et de conformité.
En clair, la récré est finie. L’idée ? Protéger les investisseurs sans étouffer l’innovation. Un équilibre fragile, mais nécessaire.
Mais en 2025, ce n’est pas tant la régulation qui fait frémir les lignes que le regard des politiques. Un regard qui évolue — doucement, mais visiblement.
Serait-ce l’effet de ricochet venu des États-Unis, où l’élection de Donald Trump en novembre 2024 a clairement relancé la dynamique crypto ? C’est plus qu’un soupçon : c’est une tendance.
Quand la France évoque miner du Bitcoin
Début 2025, une annonce a électrisé les esprits : Clara Chappaz, secrétaire d’État au Numérique, propose d’utiliser le surplus d’énergie nucléaire française pour alimenter des fermes de minage de Bitcoin.
Une idée à la croisée des chemins entre stratégie énergétique, innovation technologique… et calcul politique.
L’ambition ? Rentabiliser les excédents du parc nucléaire, tout en positionnant la France comme un bastion du minage écoresponsable — version tricolore de ce qui se pratique déjà au Texas, où les mineurs sont intégrés au réseau électrique comme des acteurs de flexibilité.
Ce virage, aussi audacieux que polémique, révèle un changement de ton. Longtemps tabou, le sujet du minage s’invite désormais dans les hautes sphères. EDF, entre prudence et curiosité, commence à tendre l’oreille.
Et l’idée d’un Bitcoin “made in France”, alimenté par nos atomes, ne semble plus si farfelue.
Bpifrance met (enfin) un pied dans la blockchain
Mais, avant même les annonces de Clara Chappaz au micro de nos confrères de The Big Whale, Bpifrance a lâché le 27 mars une petite bombe dans le paysage financier français : la banque publique d’investissement va injecter jusqu’à 25?millions d’euros… directement dans des cryptomonnaies. Des tokens, mais pas n’importe lesquels : des projets émergents, made in France, sélectionnés avec soin.
Arnaud Caudoux, son directeur général adjoint, n’a pas mâché ses mots. Face à l’accélération fulgurante des États-Unis dans le domaine, la France ne peut plus se contenter d’observer. Il s’agit désormais de soutenir nos propres champions — ceux qui codent, qui bâtissent, qui osent.
INBi : un institut pour Bitcoin, à la française
Mars 2025 n’a pas manqué de surprises. Parmi les annonces qui ont agité la scène crypto tricolore, la création de l’Institut National de Bitcoin (INBi) a fait l’effet d’un pavé dans la mare à clichés. Cette association française, fraîchement fondée, se donne une mission ambitieuse : défendre Bitcoin comme un système monétaire distinct, utile à l’intérêt général, loin des clichés sulfureux et des amalgames avec le reste du marché crypto.
Son credo ? Trois piliers. D’abord, la valorisation des surplus énergétiques, en particulier ceux du parc nucléaire français, pour alimenter un minage stratégique et durable. Ensuite, la défense farouche des libertés économiques face aux tentations de contrôle. Enfin, une volonté assumée de replacer la France au centre du jeu économique mondial grâce à Bitcoin — rien que ça.
Aux commandes de ce navire un peu iconoclaste : Alexandre Stachtchenko, pionnier du Bitcoin en France, ancien directeur crypto chez KPMG, entouré d’un collectif de fondateurs bénévoles. Ensemble, ils veulent rétablir une vérité souvent malmenée par les médias. Preuve à l’appui : l’INBi a déjà saisi l’Arcom pour rectifier des propos tenus par France Culture sur l’usage supposément criminel du Bitcoin.
Quant aux récupérations politiques en cours — de Marine Le Pen à François Hollande, en passant par une certaine Sara Knafo — elles ne seront pas décortiquées ici. Mais leur simple existence prouve une chose : Bitcoin est désormais un enjeu. Pas seulement aux États-Unis, mais aussi en France.
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Magali Bourdou
Co-fondateur












