Environ 91,3 milliards de dollars d’USDT, la moitié de l’offre en circulation, vivent sur Tron derrière un contrat dont le contrôle administratif tient à deux clés de signature. C’est l’évaluation de la société de sécurité Hacken, reprise lundi par CoinDesk. Multisig 2-sur-3. Pas de délai intégré. Pas de fenêtre d’annulation. Pas de retour fiable. Hacken n’a trouvé aucun incident, aucune clé compromise. On tient les deux phrases.

Le coffre ne contient pas l’argent des utilisateurs. Il commande le contrat: frapper des jetons, geler des adresses, réassigner la propriété. Un attaquant qui tiendrait deux clés pourrait d’abord changer le propriétaire, écarter les signataires légitimes de Tether, puis minter, geler, stopper ou relancer les transferts, effacer des soldes gelés, poser une commission, rediriger des flux. Sans toucher un [portefeuille](/lexique#wallet) individuel. Seher Saylık, auditrice chez Hacken, le dit à CoinDesk par Telegram.

Pas de délai intégré, pas de processus d’annulation, pas de moyen fiable de revenir en arrière.Seher Saylık, Hacken, via CoinDesk, 7 septembre 2026

Ce que le 2-sur-3 fait, et ce qu’une clé ne fait pas

Une seule clé, sur Tron, ne suffit pas, écrit Incrypted d’après la même revue. Sur Ethereum, Avalanche et Celo, Hacken voit les mêmes six clés, en schéma 3-sur-6. Une compromission d’un côté peut signer de l’autre. Sur Avalanche et Celo, ces clés peuvent aussi remplacer le code du jeton. Tron, Ethereum et Solana portent environ 184,6 milliards d’USDT, 98 % de l’offre native, toujours selon Incrypted. Hacken n’a pas encore publié d’équivalent sur l’USDC de Circle.

Les contrats, dit Hacken, n’ont pas de preuve de réserve automatisée ni de plafond dur. Une fois le quorum signé, le code frappe le montant demandé. Ça ne dit pas que les réserves n’existent pas. Ça dit que le code ne les vérifie pas. Deux dossiers. On ne les colle pas. Tenir le peg, on l’écrivait déjà du dollar on-chain, n’efface pas l’architecture des clés.

La note C, le 3,3, deux règles différentes

Tether est le premier dossier passé sous le nouveau système Bluechip, qui couple une revue financière à l’analyse cyber de Hacken. Bluechip relève la note corporate de D à C. Motif: l’audit KPMG US au 31 décembre 2025, réserves au-dessus des passifs de 6,8 milliards de dollars. Hacken, sur la cyber, met 3,3 sur 10. Leo Fan (Cysic.xyz) résume, toujours dans CoinDesk: l’audit a fait bouger l’aiguille. L’architecture, non. La moitié de l’offre, environ 91 milliards sur Tron, reste derrière deux clés, sans timelock, et rien on-chain n’empêche, selon lui, ce que ces clés peuvent frapper demain. Tether n’avait pas répondu à CoinDesk au moment de la publication.

Ce que ça dit pour un lecteur

Ce n’est pas un drainer sur votre signature. C’est le risque émetteur. MiCA en Europe, on l’a raconté, ne change pas les clés de Tron. Les banques qui tokenisent des dépôts jouent un autre jeu: la banque reste la banque. Ici, deux clés tiennent le contrat. On le dit. On n’en fait pas un ordre de vente. Un titulaire d’USDT n’a pas à « tout vendre ce soir ». Il a à savoir que le risque n’est pas son seed, c’est l’émetteur.

  • Tenu: 91,3 Md$ USDT sur Tron (~moitié de l’offre), 2-sur-3, sans timelock ni retour, contrat admin pas les fonds users, pas d’incident trouvé, 3-sur-6 et 6 clés réutilisées ETH/Avalanche/Celo, remplacement de code possible sur Avax/Celo, 184,6 Md$ / 98 % sur Tron-ETH-Solana, 3,3/10 Hacken, Bluechip D→C (premier dossier du nouveau système), KPMG +6,8 Md$ au 31/12/2025, pas d’équivalent USDC encore.
  • Non tenu: qu’une attaque a eu lieu. Qu’un wallet retail est vidé. Un crash. Que Tether est insolvable. Un conseil de vendre ou d’acheter l’USDT.

Sources: CoinDesk / Hacken, Incrypted, communiqué Tether / KPMG. Rien ici n’est un conseil d’investissement.