Hyperliquid n’est pas un AMM. Ce n’est pas Uniswap. Ce n’est pas une copie de Binance collée sur Ethereum. C’est un carnet d’ordres — prix, quantités, achat, vente — qui tourne sur sa propre chaîne. Le jeton du réseau s’appelle HYPE. Trois objets : la place, la chaîne, le jeton. Les mélanger, c’est déjà se tromper.
Le projet sort d’Hyperliquid Labs, autour de Jeff Yan. Pas de tour de table public. L’airdrop du 29 novembre 2024 — 31 % d’une offre plafonnée à 1 milliard — a mis le jeton dans des mains d’utilisateurs, pas dans celles d’un fonds. Depuis, le récit « DEX qui mange les CEX » a trop servi. La machine, elle, fait autre chose : elle apparie des ordres, vite, avec de l’effet de levier.
Ce que c’est
Sur un AMM, on échange contre une réserve. Ici, on pose un ordre, comme sur une place. Le cœur s’appelle HyperCore. À côté, HyperEVM fait tourner des contrats à la manière d’Ethereum, sur la même chaîne, sans pont interne. Le consensus s’appelle HyperBFT. Les dépôts historiques passent surtout par de l’USDC, d’abord via Arbitrum et CCTP.
On y trade surtout des perpétuels : des contrats sans échéance, avec un levier qui peut aller jusqu’à ×50. Il y a aussi du spot. Des vaults permettent de suivre un gérant, ou de mettre de l’USDC dans HLP, le coffre qui fait le market making et prend les liquidations. HLP n’est pas un livret. En novembre 2025, une attaque autour de Popcat lui a coûté plusieurs millions.
Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas une bourse régulée à Paris. Ce n’est pas un protocole sans visage : une fondation, des validateurs, une équipe. Ce n’est pas magiquement décentralisé parce que le mot DEX est sur la page. Au lancement, quatre nœuds, tous du même bord. En 2026, le jeu s’est ouvert. Ça n’en fait pas Ethereum.
Ce n’est pas un paiement. Ce n’est pas un yield « sans risque ». Un perpétuel à levier peut liquider un compte en quelques minutes. Les 200 000 transactions par seconde dont on parle sont une cible d’architecture, pas un compteur du dimanche.
HIP-3 : des marchés sans permission
Depuis octobre 2025, HIP-3 permet de lister un marché perpétuel en mettant en jeu 500 000 HYPE. D’autres équipes posent du pétrole, des indices, des actions tokenisées. trade.xyz pèse lourd dans ce compartiment. Mi-2026, ces marchés ont pris une part réelle du volume, puis l’intérêt ouvert est revenu vers le crypto — bitcoin, ether — à mesure que l’OI total remontait vers 14 milliards de dollars début septembre.
Ce n’est pas « Hyperliquid = Wall Street ». C’est Hyperliquid plus des étages, avec d’autres hypothèses, d’autres frais, d’autres risques de listing.
À quoi sert HYPE
Plafond : 1 milliard. Une part circule. Une part reste aux contributeurs, à la fondation, aux récompenses. Une assistance fund rachète et, depuis un vote de décembre 2025, ces jetons sont traités comme brûlés. Le staking sert le consensus. Il n’est pas payé par les frais de trading : il vient d’émissions. Ce qu’il reste à distribuer n’est pas une « saison 2 » magique.
Mi-septembre 2026, HYPE s’échange autour de 78 dollars, sous un sommet proche de 90 dollars le 6 septembre. Ce n’est pas un conseil. C’est un calendrier. Un jeton de place n’est pas un dividende.
Qui valide
L’entrée dans le set est devenue permissionless. Les plus gros stakes forment le collège actif — de l’ordre de deux douzaines de nœuds en 2026, plus qu’au lancement. La Fondation en opère encore plusieurs. Après des redélégations, sa part du stake est redescendue autour de la moitié, loin des 80 % d’avant. Des noms indépendants sont là. La concentration reste le sujet, pas le communiqué.
Comment y aller — et ce que ça n’empêche pas
On dépose de la crypto. On signe. On trade. Pas de virement SEPA magique. Un concurrent peut lister le même contrat, Aster l’a cherché. Un faux site suffit à vider un portefeuille. Un levier mal calibré suffit à vider un compte, sans arnaque.
Ce que la place tient : un carnet d’ordres on-chain, des perpétuels liquides, une chaîne à elle, un jeton qui stake et qui brûle une part des frais. Ce qu’elle ne tient pas : un cours, l’absence de levier, l’absence de fondation dans le stake, l’absence de bugs dans un vault, un dollar maison déjà dans toutes les poches. Un USDH a été voté. Voté n’est pas lancé.
Hyperliquid est une place. On peut l’ignorer. On peut y mettre trop de levier. On peut la confondre avec une banque. Le carnet, lui, apparie ce qui est signé.



