Les États-Unis saisissent 7,74 millions $ en crypto liés à un réseau nord-coréen

Les États-Unis saisissent 7,74 millions $ en crypto liés à un réseau nord-coréen

Les États-Unis saisissent 7,74 millions $ en crypto liés à un réseau nord-coréen

Un réseau mondial d’informaticiens fantômes. Le Département de la Justice américain vient de frapper fort contre les manœuvres numériques du régime nord-coréen. Plus de 7,74 millions de dollars en cryptomonnaies ont été saisis, fruits d’un vaste système d’emploi fictif et de blanchiment destiné à financer les programmes militaires de Pyongyang.

Des devs nord-coréens déguisés en freelances occidentaux

L’affaire s’articule autour de Sim Hyon Sop, représentant de la Foreign Trade Bank nord-coréenne, déjà inculpé pour avoir conspiré avec des informaticiens disséminés à travers la Chine et la Russie. Ces développeurs opéraient sous de fausses identités, décrochant des missions freelance auprès d’entreprises souvent américaines… qui les rémunéraient en stablecoins comme USDC ou USDT, sans jamais soupçonner leur véritable employeur.

“La Corée du Nord a transformé l’économie du travail à distance en machine à devises numériques,” a souligné le FBI.

Des techniques de blanchiment bien huilées

Une fois les fonds obtenus, la mécanique de blanchiment s’enclenchait :

  • Création de comptes sous faux noms

  • Mouvements par petites sommes

  • Chain hopping entre blockchains

  • Achat de NFT comme valeurs refuge

  • Utilisation de comptes américains pour légitimer l’activité

  • Commingling pour camoufler les origines des fonds

L’argent transitait ensuite via Sim ou Kim Sang Man, PDG de Chinyong, une entité rattachée au ministère de la Défense nord-coréen. Tous deux sont désormais listés comme SDN (Specially Designated Nationals) par le Trésor américain.

Un coup dur dans une guerre d’influence numérique

Cette opération s’inscrit dans l’initiative DPRK RevGen du ministère de la Justice, visant à démanteler les réseaux de financement clandestins de la Corée du Nord. Depuis 2024, plusieurs actions similaires ont été menées contre des facilitateurs basés aux États-Unis ou en collaboration avec des ressortissants nord-coréens.

“La crypto n’est pas un passe-droit pour financer l’armement balistique,” a martelé Sue J. Bai, cheffe de la division sécurité nationale.

Un appel à la vigilance pour les entreprises

Le FBI exhorte les entreprises américaines à redoubler de vigilance dans le recrutement de télétravailleurs tech. En janvier 2025, une alerte officielle a été publiée, révélant des cas d’extorsion de données sensibles menés par ces travailleurs infiltrés.

Dans cette cyberguerre discrète, le clavier est devenu une arme géopolitique, et chaque contrat freelance mal vérifié peut devenir un financement indirect du programme nucléaire nord-coréen.

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur

BidenCash débranché : 145 domaines saisis et crypto confisquée

BidenCash débranché : 145 domaines saisis et crypto confisquée

BidenCash débranché : 145 domaines saisis et crypto confisquée

Fin de partie pour un marché noir devenu trop visible. Le dark web marketplace BidenCash, accusé d’avoir écoulé des millions de cartes bancaires volées, vient de subir un coup d’arrêt majeur. Les autorités américaines ont saisi 145 domaines et un montant non divulgué de cryptomonnaie. Un message clair à l’adresse du cybercrime.

15 millions de cartes, 17 millions de dollars

L’opération, annoncée le 5 juin par le bureau du procureur de Virginie-Est, visait l’infrastructure et les flux financiers du site. Lancé en mars 2022, BidenCash s’était rapidement taillé une place de choix dans l’écosystème illégal, avec 117 000 utilisateurs et plus de 15 millions de données bancaires compromises vendues à la pelle.

Au sommet de son activité, la plateforme générait plus de 17 millions de dollars en revenus. Un business modèle sordide qui incluait aussi la vente de logins piratés, l’accès à distance non autorisé et même la diffusion gratuite de données pour attirer les cybercriminels.

Le domaine BidenCash a été redirigé vers un serveur contrôlé par les forces de l’ordre. Source : FBI.

La traque crypto continue

Outre les domaines désormais redirigés vers des serveurs contrôlés par les autorités, la justice américaine a obtenu l’autorisation de saisir des fonds en cryptomonnaie liés à BidenCash. Le montant n’a pas été révélé, mais l’objectif est clair : assécher les circuits financiers du crime numérique.

L’enquête est le fruit d’une collaboration entre le Secret Service américain, le FBI et plusieurs agences spécialisées. Elle s’inscrit dans une offensive plus large contre les réseaux criminels alimentés par la blockchain, où les portefeuilles anonymes remplacent les comptes offshore.

Le FBI fait le ménage sur le dark web

Cette saisie s’ajoute à une longue série d’actions coup de poing. En mai, l’Opération RapTor avait permis l’arrestation de 270 personnes à travers 10 pays et la saisie de 200 millions de dollars, dont une large part en crypto.

En mars, les États-Unis ont également sanctionné le fondateur du marché noir Nemesis, dont les activités incluaient drogue, faux papiers, services de hacking et autres joyeusetés numériques. 44 adresses Bitcoin et 5 adresses Monero ont été gelées, représentant plus de 850 000 dollars.

Selon TRM Labs, les marketplaces du darknet ont généré 1,7 milliard de dollars de revenus en 2024. Une hausse légère, mais significative, dominée par les plateformes russophones, protégées par l’inertie — ou l’indifférence — des autorités locales.

Le dark web face à la lumière

Les cryptos, longtemps refuge du cybercrime, deviennent peu à peu une scène de théâtre éclairée, où chaque transfert laisse une empreinte. Si le modèle reste souterrain, l’étau se resserre. Entre traçabilité on-chain et coopération judiciaire internationale, l’impunité s’effrite.

Mais une chose est sûre : pour chaque BidenCash qui tombe, d’autres éclosent. La guerre contre le cybercrime crypto est une hydre qu’il faut décapiter sans relâche.

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur

Circle gonfle (encore) son IPO : une entrée en Bourse à 1,05 milliard de dollars

Circle gonfle (encore) son IPO : une entrée en Bourse à 1,05 milliard de dollars

Circle gonfle (encore) son IPO : une entrée en Bourse à 1,05 milliard de dollars

Stablecoin, Wall Street et ambitions XXL. Circle, émetteur du célèbre USDC, muscle une fois de plus son entrée en Bourse. À la veille de son IPO, l’entreprise revoit ses chiffres à la hausse : 34 millions d’actions à 31 dollars pièce. Un signal fort envoyé aux marchés… et à ses concurrents.

L’IPO qui refuse de rester stable

Le 4 juin, Circle Internet Group a confirmé un montant d’introduction de 1,05 milliard de dollars, bien au-dessus de sa fourchette initiale. On partait de 24 millions d’actions à 24 $ — on finit à 34 millions à 31 $. La valorisation s’envole à 6,9 milliards de dollars, sur la base de plus de 220 millions d’actions en circulation.

Une option de surallocation a également été accordée aux souscripteurs : 5,1 millions d’actions supplémentaires pourraient être émises dans les 30 jours suivant l’introduction.

L’USDC de Circle est la deuxième plus grande stablecoin en termes de capitalisation boursière. Source : DefiLlama.

USDC en poche, BlackRock en embuscade

L’IPO ne prévoit pas de dividende. Circle annonce vouloir réinvestir ses profits dans son expansion : nouveaux produits, acquisitions, développement stratégique… Bref, pas le moment de thésauriser.

Mais le détail qui fait frémir Wall Street : BlackRock aurait signalé son intention d’acquérir au moins 10 % des parts de Circle. Le géant de la gestion d’actifs confirme, s’il en était besoin, l’attrait grandissant de la finance traditionnelle pour les infrastructures crypto stables et régulées.

Troisième tentative, bon timing ?

Ce n’est pas le premier rodéo de Circle sur le terrain boursier. Après un premier échec en 2021 (un rachat avorté par une holding irlandaise) et une pause stratégique en avril dernier, l’entreprise semble enfin prête à faire le grand saut. Le précédent gel était dû aux annonces tarifaires de Donald Trump, qui avaient secoué les marchés.

Le contexte s’est détendu, et Circle arrive avec un vent favorable : l’appétit croissant des investisseurs pour les actifs numériques stables, dans un climat post-halving plus rassurant.

Et pendant ce temps, la crypto fait la queue à l’entrée

Circle n’est pas seul à pousser les portes de la Bourse. eToro a lui aussi gonflé son IPO, passant de 500 à 620 millions de dollars en mai. Kraken serait sur le point d’annoncer une entrée prochaine. BitGo aussi s’équipe : desks de trading, ambitions mondiales, rumeurs d’IPO dans les tuyaux.

Depuis Coinbase en 2021, la cotation des acteurs crypto sur les marchés publics n’est plus un fantasme de cypherpunk mais une stratégie assumée. D’ailleurs, Coinbase est actuellement confronté à une action en justice pour vente de titres non enregistrés, ce qui pourrait influencer les prochaines IPO crypto.

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur

Cryptorapts en série : le cerveau présumé interpellé au Maroc

Cryptorapts en série : le cerveau présumé interpellé au Maroc

Cryptorapts en série : le cerveau présumé interpellé au Maroc

Un Ledger, un van et une rançon en Bitcoin. Depuis deux ans, une série d’enlèvements ultraviolents agite la scène crypto française. Leur point commun ? Des rançons payées en monnaies virtuelles et une signature qui intrigue les enquêteurs : celle de Badiss Mohammed Bajjou. Ce Franco-marocain de 24 ans, l’un des dix Français les plus recherchés au monde, vient d’être arrêté au nord du Maroc.

Une arrestation sous haute tension

Le 3 juin, les forces de l’ordre marocaines ont interpellé Bajjou sur la base d’une fiche rouge Interpol et de mandats d’arrêt internationaux pour extorsion et enlèvement en bande organisée. Cette opération, orchestrée par la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS) et la police judiciaire française, marque une première victoire dans une enquête tentaculaire.

Le suspect, originaire du Chesnay (Yvelines), aurait piloté plusieurs kidnappings crypto-commandités depuis le Maroc, dans lesquels les rançons étaient exigées exclusivement en cryptomonnaie.

Mohammed Bajjou Badiss, 24 ans, a été arrêté mardi 3 juin dans le nord du Maroc par les forces de l’ordre locales avec l’assistance d’Interpol.

 

De l’extorsion à la terreur : la méthode Bajjou

Son implication présumée débute en 2023, avec l’agression d’une femme de 56 ans à Élancourt. L’objectif ? Contraindre son fils à payer une rançon en crypto. Mais c’est l’enlèvement du cofondateur de Ledger, David Balland, début 2025, qui propulse l’affaire dans une autre dimension.

Séquestré deux jours, mutilé, et rançonné pour près de 3 millions d’euros, Balland incarne malgré lui une nouvelle menace : le cryptorapt de haut vol. Neuf suspects sont déjà mis en examen, mais le commanditaire restait insaisissable… jusqu’à maintenant.

Une organisation mobile et décentralisée

Les enquêteurs soupçonnent Bajjou d’avoir organisé les rapts depuis l’étranger, recrutant des exécutants sur les réseaux sociaux, souvent jeunes, parfois mineurs. Des équipes flexibles, bon marché, mais redoutablement efficaces. Leur mode opératoire : violence, anonymat, et virement en crypto.

“Ce réseau fonctionne comme une DAO criminelle,” confie une source judiciaire. “Le donneur d’ordres reste dans l’ombre, les exécutants sont jetables, et la monnaie est intraçable.”

Un autre commanditaire, âgé d’une quarantaine d’années, serait toujours en cavale. Il aurait été identifié via l’analyse des flux de rançons en Bitcoin.

Le spectre du cryptorapt plane sur la France

Le mois de mai 2025 a été particulièrement sombre : quatre projets de rapt en région parisienne, dont un filmé en plein jour, visent des proches d’entrepreneurs crypto. Des femmes enceintes menacées, des fondateurs ciblés, un projet déjoué in extremis près de Nantes…

Les autorités évoquent une “industrialisation du kidnapping crypto”, où l’extorsion devient un business structuré. Plus de trente arrestations ont déjà été effectuées, mais le cœur du réseau reste difficile à atteindre, protégé par des frontières, des lois d’extradition complexes et une monnaie sans frontières.

Le Maroc, refuge ou tribunal ?

L’arrestation de Bajjou est une victoire, mais son extradition reste incertaine. Le Maroc ne livre pas ses ressortissants, et Bajjou aurait acquis la nationalité marocaine durant son exil. Les autorités françaises espèrent désormais un procès sur place, via une coopération judiciaire renforcée.

Avant de se spécialiser dans le kidnapping crypto, Bajjou aurait trempé dans des affaires de narcotrafic, confirmant son profil de multirécidiviste structurant son réseau à distance.

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur

Réserves en Bitcoin : le pari audacieux du Pakistan face à la Maison-Blanche

Réserves en Bitcoin : le pari audacieux du Pakistan face à la Maison-Blanche

Réserves en Bitcoin : le pari audacieux du Pakistan face à la Maison-Blanche

Et si le Pakistan devenait une puissance crypto mondiale ? Dans un ballet diplomatique inattendu, Bilal Bin Saqib, ministre d’État pakistanais chargé de la blockchain, s’est entretenu avec l’équipe crypto de Donald Trump. À la clé : coopération stratégique, réserves en Bitcoin, et infrastructures énergétiques dédiées au minage. Oui, rien que ça.

Du minaret au minage : une vision crypto assumée

Le 31 mai, Saqib a rencontré Robert “Bo” Hines, directeur exécutif du Conseil sur les actifs numériques de la Maison-Blanche, fraîchement nommé par Trump. Objectif de cette visite au sommet : tisser des liens entre Islamabad et Washington dans le domaine des actifs numériques et de la finance décentralisée.

Mais surtout, Saqib est venu présenter la pièce maîtresse de sa stratégie : la réserve stratégique en Bitcoin du Pakistan.

“C’est ma mission de positionner le Pakistan comme leader mondial dans les actifs numériques”, a-t-il déclaré après la réunion.

Au programme : des zones d’intelligence artificielle et de minage de Bitcoin alimentées par 2 000 mégawatts d’énergie excédentaire, la création d’un cadre réglementaire dédié, et une volonté affirmée de moderniser l’économie nationale via la crypto.

 

Robert « Bo » Hines, à gauche, serrant la main de Bilal bin Saqib. Source : 24NewsHD.

 

Le Pakistan, futur hub de la crypto-économie ?

Le pays a déjà posé les premières briques de son infrastructure blockchain. Le Pakistan Digital Assets Authority (PDAA) sera chargé de réguler exchanges, wallets, stablecoins, DeFi, tokenisation et garde d’actifs. Un cadre ambitieux, pensé pour inspirer confiance tout en favorisant l’innovation.

Côté énergie, le gouvernement prévoit de transformer des surplus chroniques en productivité numérique. Le calcul est simple : plutôt que de gaspiller l’électricité, autant la convertir en Bitcoins et en données IA. Création d’emplois, optimisation énergétique, diversification économique : le cocktail est explosif… et visionnaire.

Le FMI fronce les sourcils

Mais tous ne sont pas conquis. Le Fonds monétaire international (FMI) a vite manifesté ses inquiétudes. Dans un contexte de crise énergétique et de pressions budgétaires, le projet d’allouer autant de ressources au minage crypto fait tiquer les bailleurs de fonds.

Le FMI a exigé des explications urgentes sur la légalité du minage, l’usage des 2 000 MW annoncés, et l’impact sur le réseau national. Car pendant que les ASICs chauffent, des millions de foyers pakistanais attendent encore une électricité stable.

 

Une diplomatie numérique à deux vitesses ?

Ce face-à-face entre ambition technologique et orthodoxie financière illustre les nouveaux clivages géopolitiques autour de la crypto. D’un côté, une administration Trump qui veut rattraper son retard stratégique. De l’autre, un Pakistan qui joue la carte crypto pour sa souveraineté numérique et sa modernisation économique.

La vraie question reste en suspens : le Bitcoin peut-il sauver une économie, ou creuser un gouffre énergétique ?

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur

Blockchain contre la fraude alimentaire : un remède coûteux mais vital

Blockchain contre la fraude alimentaire : un remède coûteux mais vital

Blockchain contre la fraude alimentaire : un remède coûteux mais vital

Dans vos assiettes, tout n’est pas comestible. La fraude alimentaire siphonne jusqu’à 50 milliards de dollars par an, mélangeant parfois cheval et bœuf, plastique et riz, ou huile d’olive et… n’importe quoi. Face à ce fléau discret, une alliée technologique émerge : la blockchain. Encore faut-il l’apprivoiser.

Quand l’assiette cache le poison

La fraude alimentaire, selon la FAO, consiste à tromper intentionnellement le consommateur sur la qualité ou la nature d’un produit. On remplace, on dilue, on falsifie — pour gonfler les marges.

Les exemples ne manquent pas : de la mélamine dans le lait chinois, du cheval pour du bœuf en Europe, de l’huile végétale dans des flacons étiquetés “vierge extra”. Derrière les chiffres, il y a la santé publique, la confiance perdue, les procès, les scandales — et des nourrissons empoisonnés en 2008.

“Chaque scandale affaiblit l’écosystème tout entier,” prévient Temujin Louie, CEO de Wanchain. “C’est une spirale : la confiance s’effondre, les ventes chutent, et les acteurs honnêtes paient le prix des tricheurs.”

Chaînes d’approvisionnement : des failles à tous les étages

Le vrai complice de la fraude ? La complexité des chaînes logistiques. Un produit passe entre tant de mains — producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs — que les “îlots d’information” s’accumulent. Chaque entreprise garde ses données, sans les partager. Résultat : un fromage peut faire dix pays sans jamais révéler son vrai pedigree.

Le froid, maillon fragile de la chaîne, en est un autre exemple : dès que la température sort des clous, le produit devient suspect — et la fraude reprend ses droits. Miel, épices, poissons, jus bio : tout y passe.

Blockchain : traçabilité ou mirage ?

Sur le papier, la blockchain est l’antidote idéal : décentralisée, inviolable, transparente. Elle pourrait offrir à chaque aliment une carte d’identité infalsifiable, partagée entre tous les acteurs.

Des projets concrets existent : Walmart traque ses mangues aux États-Unis et son porc en Chine grâce à Hyperledger Fabric. Nestlé, Carrefour ou Seafood Souq testent aussi la technologie. Les résultats sont probants : le traçage passe de 7 jours à 2 secondes.

Mais l’enthousiasme se heurte à la réalité.

“En 10 ans, la blockchain n’a pas encore révolutionné la supply chain,” tempère Louie. “Les premiers projets ont souvent sous-estimé la complexité du terrain.”

Car la blockchain ne garantit que l’intégrité des données une fois qu’elles sont enregistrées. Elle ne dit rien de leur véracité. Autrement dit : “garbage in, garbage out”. Un oracle corrompu ou un employé malveillant peuvent fausser tout le système.

Entre promesse et pragmatisme

Pour David Carvalho (Naoris Protocol), l’erreur serait de croire que la technologie suffit. Il appelle à une approche globale : gouvernance solide, normes interopérables, formation, adaptation des processus.

Les blockchains permissionnées, alliées à la transparence sélective, permettent de partager les infos pertinentes sans livrer les secrets industriels. Les smart contracts automatisent les contrôles. L’intégration avec des capteurs IoT peut même enregistrer les températures et les trajets en temps réel.

“La blockchain transforme la confiance en vérification,” résume Louie. “Mais il faut un effort coordonné à toute l’échelle de la filière.”

Un pari risqué, mais nécessaire

La lutte contre la fraude alimentaire est un marathon, pas un sprint. Oui, la blockchain est chère. Oui, elle est difficile à implémenter. Mais le jeu en vaut l’étiquette : sécurité sanitaire, confiance restaurée, gaspillage réduit, promesse tenue.

Dans un monde où l’on scanne ses tomates plus qu’on ne les goûte, la blockchain pourrait devenir le sceau d’authenticité numérique dont l’alimentation globale a besoin.

Partager cet article :

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-Fondateur