Suzaku, le projet qui révolutionne le restaking sur Avalanche ! Avec Gauthier Léonard

Suzaku, le projet qui révolutionne le restaking sur Avalanche ! Avec Gauthier Léonard

Suzaku, le projet qui révolutionne le restaking sur Avalanche ! Avec Gauthier Léonard

Dans l’univers parfois un peu abscons de la finance décentralisée (DeFi), où chaque protocole semble plus technique que le précédent, certains projets cherchent à simplifier la donne. 

Suzaku, une jeune pousse sur la blockchain Avalanche, est de ceux-là. Son idée ? Le restaking, une fonctionnalité qui permet aux utilisateurs de faire fructifier leurs actifs déjà stakés pour obtenir des récompenses supplémentaires. 

En s’appuyant sur la rapidité et la souplesse d’Avalanche, Suzaku veut rendre le staking plus accessible et plus rentable. C’est ce que nous explique aujourd’hui Gauthier Léonard, cofondateur de Suzaku, dans l’interview de la semaine.

suzaku logo - blockchainaddict.fr

Qu’est-ce que la blockchain Avalanche ?

Avalanche, la blockchain de la scalabilité

Pour comprendre Suzaku, il est essentiel de se pencher sur Avalanche, le réseau qui l’accueille. 

Conçue pour la rapidité et l’efficacité, Avalanche repose sur un consensus unique qui lui permet d’être l’une des blockchains les plus rapides et scalables du marché. Selon les fondateurs, l’algorithme de consensus probabiliste d’Avalanche est un atout distinctif, comme l’explique d’ailleurs Gauthier : 

« Avalanche est une des seules blockchains à utiliser un consensus probabilistique, qui permet de valider les blocs de manière plus rapide et scalable »

Les layers 1 Avalanche (ex subnets)

En facilitant la création de blockchains personnalisées appelées L1s (précédemment « subnets» sur Avalanche, Avalanche ouvre un champ d’action idéal pour des projets variés, tels que Suzaku.

Pour lancer un L1, les coûts et les prérequis étaient jusqu’ici des obstacles majeurs. 

Mais Avalanche s’apprête à supprimer l’obligation de valider le réseau principal (Primary Network, qui contient la C-Chain, la P-Chain et la X-Chain) pour pouvoir opérer un subnet indépendant, ce qui abaisse considérablement la barrière d’entrée (notamment au niveau des 2000 AVAX qu’il ne faudra plus obligatoirement staker par validateur) : 

« Avalanche va permettre de ne plus avoir le prérequis de valider le réseau principal pour pouvoir valider une autre blockchain indépendante »  

Cette évolution technique favorise donc l’émergence de projets décentralisés comme Suzaku.

suzaku.network - avalanche - homepage - blockchainaddict

Suzaku : Optimiser le staking grâce au restaking

Qu’est ce que le restaking ?

Le concept de restaking, que Suzaku exploite, est une avancée de taille pour les investisseurs cherchant à optimiser leur rendement. 

Alors que le staking standard génère des récompenses en immobilisant des actifs, le restaking permet d’ajouter une couche de rendement supplémentaire en redéployant le collateral staké dans de nouveaux pools de staking. 

Pour Suzaku, cette approche est non seulement un moyen de maximiser les profits, mais aussi de diversifier les opportunités d’investissement pour les utilisateurs : 

« Suzku propose le restaking comme une solution de bootstrapping pour les projets qui débutent, en complément d’un token natif peu liquide ou nouvellement lancé »

Suzaku - restaking - avalanche - blockchainaddict.fr

Les étapes du restaking chez Suzaku

En pratique donc, les utilisateurs stakent leurs tokens, comme les LST AVAX, dans les pools principaux de Suzaku.

Puis, les rendements générés par le staking initial sont crédités en temps réel.

Les récompenses peuvent être restakées, permettant un effet de composition des intérêts.

Les utilisateurs peuvent suivre leurs positions et ajuster leurs stratégies de staking via une interface intuitive.

 « On a voulu offrir des options de restaking avec des tokens populaires comme AVAX, ce qui permet d’apporter une meilleure sécurité au réseau grâce à un token mature et bien liquide » 

Ledger - CTA - blockchain addict.fr bannie?re

Les avantages du restaking pour les investisseurs

L’attrait principal du restaking pour les utilisateurs, vous l’aurez compris, réside dans la possibilité de maximiser leurs rendements sans réinvestir de nouveaux capitaux. En utilisant les collaterals pour les réengager dans de nouvelles opportunités de staking, Suzaku permet une composition continue des intérêts. 

En effet, le restaking permet aussi de sécuriser le réseau en augmentant le nombre de validateurs bienveillants, un enjeu central pour toute blockchain.

Suzaku - Partenaires - Avalanche - Restaking - blockchain addict

Une croissance prometteuse soutenue par des partenaires stratégiques

Le lancement de Suzaku a été accompagné de partenariats solides. Les fondateurs bénéficient du soutien de mentors influents dans l’écosystème, notamment des cofondateurs de BENQI, le principal protocole de lending et de liquid staking sur Avalanche. 

Cette collaboration renforce la crédibilité de Suzaku tout en lui offrant une meilleure visibilité dans le secteur.

Après seulement quelques semaines d’opération, Suzaku a su accumuler un volume total bloqué (TVL) impressionnant, avec des utilisateurs qui profitent déjà des options de restaking pour optimiser leurs actifs. 

« On a lancé la DApp (Suzaku) 20 jours avant Avalanche Summit, ce qui nous a permis de commencer à accumuler de la TVL en assurant que tout fonctionne bien » 

En permettant aux utilisateurs de maximiser leurs rendements tout en garantissant une sécurité accrue, Suzaku s’impose déjà comme un acteur clé du restaking et pourrait bien poser les bases d’un nouveau modèle dans l’écosystème DeFi.

Enfin, à Gauthier, le mot de la fin : 

« La décentralisation d’un réseau nécessite plusieurs composants, dont la sécurisation par des validateurs bienveillants pour assurer la résistance à la censure »

Siborg : quand la tokenisation bouscule la publicité – Avec Maxime Gay

Siborg : quand la tokenisation bouscule la publicité – Avec Maxime Gay

Siborg : quand la tokenisation bouscule la publicité – Avec Maxime Gay

Alors que la publicité continue de se battre sur le terrain des clics et des impressions, Siborg choisit une toute autre voie. Grâce à la tokenisation, cette jeune start-up, soutenue par la plateforme crypto Swissborg, se donne pour mission de redéfinir l’espace publicitaire. Fini les dépenses marketing classiques?! À la place, Siborg propose un modèle où la visibilité se transforme en un actif financier : échangeable, spéculatif, et peut-être… rentable. Nous avons rencontré Maxime Gay, cofondateur et CEO de Siborg, pour découvrir comment ce projet fonctionne et pourquoi il pourrait bien révolutionner le secteur.

siborg - logo - blockchainaddict

Un concept basé sur la tokenisation des espaces publicitaires

L’idée centrale de Siborg repose sur une mission : tokeniser les espaces publicitaires. En termes simples, les espaces de visibilité sur des sites web, des newsletters ou des applications décentralisées (dApps) sont convertis en actifs numériques. Les annonceurs achètent des tokens représentant ces créneaux publicitaires, qu’ils peuvent ensuite vendre, louer, ou spéculer dessus selon la popularité du support.

Ainsi, au lieu de payer pour une bannière qui disparaît après usage, l’annonceur devient propriétaire d’un espace qui peut prendre de la valeur avec le temps, à mesure que le trafic d’un site augmente par exemple.

«  Aujourd’hui, les gens peuvent acheter de la visibilité sur des sites web, des newsletters, des DApp, etc. Donc ça, l’intérêt c’est qu’on ramène deux types de valeur : la visibilité actuelle – combien de personnes regardent mon site aujourd’hui – et aussi une exposition à la visibilité future. »

Siborg - homepage

Siborg Ads : le système de marché décentralisé

Siborg Ads, la plateforme publicitaire développée par l’équipe de Siborg, fonctionne comme une marketplace décentralisée où les annonceurs et les éditeurs échangent des espaces publicitaires sous forme de NFT. Grâce à cette infrastructure basée sur la blockchain, Siborg propose une transparence totale : chaque transaction est enregistrée et vérifiable par tous les acteurs.

Les annonceurs achètent des encarts publicitaires via des smart contracts, qui garantissent la propriété de l’espace et le droit exclusif de soumettre une publicité. En revanche, la validation des publicités reste entre les mains des éditeurs, qui peuvent rejeter des annonces s’ils jugent que le contenu n’est pas approprié ou de qualité.

Maxime Gay souligne l’importance de ce contrôle éditorial : 

« Nous voulons éviter les dérives liées aux publicités douteuses ou aux scams. Les éditeurs conservent le pouvoir de valider ce qui est affiché, tout en bénéficiant de la monétisation directe via les tokens. »

Alignement des intérêts : un modèle gagnant-gagnant

Le modèle publicitaire de Siborg se distingue également par l’alignement des intérêts qu’il propose entre les sponsors (annonceurs) et les éditeurs de contenu (publishers). Les annonceurs ne se contentent plus de louer un espace publicitaire : ils ont désormais intérêt à maximiser la valeur de cet espace, car cela augmente également leur potentiel de revente.

Cet aspect spéculatif attire aussi de nouveaux types d’investisseurs. Par exemple, des DAO (organisations autonomes décentralisées) ont exprimé leur intérêt pour ce modèle, car il leur permet de transformer des dépenses publicitaires en investissement marketing à long terme. Cryptoast, un média spécialisé dans la cryptomonnaie, est d’ailleurs le premier média à avoir expérimenté cette nouvelle forme de publicité avec Siborg Ads, tokenisant ses encarts publicitaires pour ses newsletters quotidiennes?.

Siborg Ads - homepage

L’intégration de Lens Protocol : personnalisation et monétisation sociale

En plus de son approche innovante de la publicité tokenisée, Siborg étend son écosystème à travers une intégration clé avec Lens Protocol, une plateforme Web3 de réseaux sociaux décentralisés. Cette collaboration permet à Siborg de tirer parti des fonctionnalités SocialFi de Lens, qui offrent aux utilisateurs la possibilité de posséder et de monétiser leurs interactions sociales.

Lens Protocol, développé par l’équipe de AAVE, permet aux utilisateurs de gérer leurs publications, abonnements et interactions sous forme de NFT. Grâce à cette intégration, Siborg permet à ses utilisateurs de connecter leurs profils Lens pour accéder à une expérience publicitaire personnalisée, tout en conservant la propriété de leurs données sociales. Cela signifie que les utilisateurs peuvent choisir de monétiser directement leurs interactions, que ce soit en publiant du contenu ou en louant des espaces de visibilité pour des publicités?.

Ce partenariat renforce l’offre de Siborg en termes de transparence et de contrôle des données. En s’appuyant sur la technologie de Lens, Siborg permet aux utilisateurs d’acheter, de vendre ou de louer des espaces publicitaires, tout en garantissant la propriété totale des données de visibilité. Cela crée un écosystème publicitaire où les annonceurs et les publishers sont alignés sur la rentabilité à long terme, et où les utilisateurs sont davantage empouvoirés dans l’économie Web3.

Pour Siborg, la publicité en ligne n’est pas nécessairement en train de se transformer, elle vit plutot avec son temps. En tokenisant la visibilité, la start-up crée un nouveau modèle économique où la publicité devient un actif liquide, avec une valeur fluctuante en fonction de la popularité des supports

Enfin, à Maxime le mot de la fin 

 « Ce qu’on veut faire, c’est créer une nouvelle classe d’actifs en tokenisant la visibilité et l’attention. […] On ne veut pas refaire de la publicité programmatique. Ce qu’on veut faire, c’est rendre la visibilité aussi valorisable qu’un actif. »

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Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

DeFi : AAVE, le roi de la DeFi

DeFi : AAVE, le roi de la DeFi

DeFi : AAVE, le roi de la DeFi

Vous connaissez sans doute déjà au moins de nom le protocole AAVE. Géant du web 3, il est déjà présent sur beaucoup de blockchains et est totalement central dans l’écosystème DeFi. Au point que le voir arriver sur votre blockchain préférée est un événement significatif.
Faisons un point sur la dApp la plus iconique de l’univers DeFi.

Logo-purple - AAVE - blockchainaddict.fr

Aave, c’est quoi exactement ? Et comment ça marche ?

Le protocole propose une mécanique simple mais centrale. Il permet aux utilisateurs de déposer et emprunter des cryptomonnaies de manière totalement décentralisée. Ici, pas de compte utilisateur ni de mots de passe : il suffit de connecter son wallet pour pouvoir l’utiliser.

Bien entendu, le déposant perçoit un intérêt et l’emprunteur en paye un. Ce qui permet d’obtenir un rendement clair et “sain” lorsque vous déposez des assets sur AAVE : ce sont bien les emprunteurs qui payent votre rendement. À l’instar de nombreux DEX, AAVE fonctionne avec des pools de liquidité, ce qui a pour avantage de vous permettre de percevoir du rendement dès la première seconde qui suit votre dépôt.

Et ne craignez pas de voir un emprunteur s’enfuir avec vos tokens fraîchement empruntés ! Pour pouvoir emprunter, il vous faudra d’abord déposer du collatéral (qui bien souvent vous apportera du rendement), ce qui vous permettra d’emprunter jusqu’à 70 % de la valeur de votre collatéral. Celui-ci sera liquidé si la valeur de l’emprunt approche trop celle de votre collatéral.

image interview YouTube Marc Zeller

Une infinité de stratégies possibles

Vous vous demandez certainement à quoi peut bien servir d’emprunter des tokens qui vous coûteront un intérêt si vous avez déjà une valeur supérieure liquide à disposition ?

Eh bien, à beaucoup de choses !

Il existe un très grand nombre de possibilités et d’opportunités à saisir sur un marché de prêt et d’emprunt !

Dans un marché haussier, cela peut vous permettre de déposer un collatéral que vous souhaitez conserver, comme de l’ETH par exemple, pour emprunter du stablecoin et acheter soit encore plus d’ETH (si vous pensez qu’il va surperformer votre taux d’emprunt, c’est une forme de levier), soit une autre crypto plus exotique qui vous intéresse. Vous rembourserez évidemment votre emprunt dans la monnaie empruntée et pourrez ainsi conserver votre performance.

Même sans spéculation, du fait du grand nombre de stablecoins présents dans notre écosystème, il peut être possible de déposer un stable pour obtenir du rendement et emprunter un autre stable avec un taux d’emprunt bas, de le swapper et de le déposer sous forme d’un stable qui propose un rendement supérieur au coût d’emprunt.

Il est très pertinent d’emprunter dans l’actif auquel vous croyez le moins car, s’il dépeg, vous devrez rembourser le nombre de tokens empruntés et non leur valeur initiale au moment de l’emprunt. Pour ceux qui étaient là durant le dernier cycle, je vous laisse imaginer le bonheur des emprunteurs d’UST…

Un emprunt de 100 000 UST la veille du crash que vous auriez swapé en USDT ne vous aurait coûté qu’une poignée d’USDT à rembourser…

À noter que vous pouvez déposer votre emprunt pour faire grossir votre collatéral et ainsi emprunter à nouveau par-dessus (c’est encore l’équivalent d’un effet de levier).

Si vous n’aimez pas les stratégies complexes ou que vous ne souhaitez pas ajouter une couche de risque à un écosystème qui a adopté la destruction créatrice comme méthode de fonctionnement, vous pouvez tout à fait utiliser AAVE uniquement pour « prêter » vos tokens et obtenir un rendement.

À savoir qu’il n’y a aucune période d’attente pour récupérer vos fonds et aucune durée de dépôt minimum.

Il peut être très rentable de déposer vos stablecoins pour en extraire du rendement, mais aussi certains tokens volatils comme ETH ou POL (anciennement MATIC), par exemple, pour en tirer un rendement sans avoir à les stakers et supporter une durée d’unbonding, ou bien si vous avez plus confiance en AAVE qu’en des protocoles de liquid staking comme Lido.

Il existe évidemment beaucoup d’autres stratégies possibles, avec des risques plus ou moins importants.

aave - markets - screen - homepage - blockchain addict

Qui gère le protocole AAVE ?

Le protocole AAVE est géré par une DAO (organisation autonome décentralisée).
Cela signifie que la gouvernance du protocole est décentralisée et que les décisions concernant son évolution, les mises à jour, les modifications des paramètres, etc., sont prises par la communauté des détenteurs du token AAVE.

Voici quelques détails sur la gouvernance d’AAVE :

  • AAVE DAO : Les détenteurs de tokens AAVE peuvent proposer et voter sur des propositions de gouvernance qui affectent le protocole. Cela peut inclure des changements dans les paramètres du protocole (comme les taux d’intérêt, les collatéraux acceptés, etc.), des améliorations techniques, ou même des décisions stratégiques concernant le développement du protocole.

  • Propositions de gouvernance : toute personne possédant une certaine quantité de tokens AAVE peut soumettre une proposition. Ensuite, la communauté vote pour ou contre la mise en œuvre de cette proposition. Plus un utilisateur possède de tokens AAVE, plus son vote a de poids.

  • Les développeurs et contributeurs : même si la gouvernance est décentralisée, des équipes de développeurs et des contributeurs indépendants travaillent sur le développement et l’amélioration technique du protocole. Ces équipes soumettent souvent des propositions à la DAO pour approbation.

Ainsi, le protocole AAVE est fondamentalement géré par sa communauté via un modèle décentralisé, où les détenteurs de tokens ont le pouvoir de décision.

Il est donc plutôt protégé des dérives d’une fondation vorace ou d’obligations réglementaires.

À l’instar de Tornado Cash, le front-end peut être rendu inaccessible, mais le protocole, lui, restera utilisable même dans le cadre d’une réglementation abusive.

Sur quelle blockchain le protocole est-il disponible ?

Étant donné son ancienneté (créé en 2017, d’abord sous le nom d’ETHLend) et la demande croissante pour des solutions de rendement en DeFi, AAVE est présent sur de nombreuses blockchains EVM.

Voici la liste actuelle :

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Le protocole prévoit également son déploiement sur des blockchains non EVM comme Aptos.

Maintenant que vous savez tout, n’hésitez plus à faire travailler vos tokens sur AAVE et à créer vos propres stratégies.

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Pierre Vauquelin

Pierre Vauquelin

Rédacteur

Aave et Aave Chan : les pilotes de l’innovation DeFi – Avec Marc Zeller

Aave et Aave Chan : les pilotes de l’innovation DeFi – Avec Marc Zeller

Aave et Aave Chan : les pilotes de l’innovation DeFi – Avec Marc Zeller

Voilà maintenant plus d’un an que nous partons à la rencontre de l’écosystème crypto francophone. Au fil de nos échanges, nous découvrons l’écosystème et apprenons ses rouages et ses mécanismes. On peut le dire maintenant, nous avons appris et commençons à avoir de solides bases. Il est donc désormais grand temps de s’attaquer à une nouvelle notion, un nouveau protocole… bref, sortons de notre zone de confort, mettons les mains dans le cambouis et partons à la découverte de Aave. 

Aave est l’un des acteurs les plus influents de la finance décentralisée (DeFi), un système financier alternatif basé sur la blockchain qui permet des transactions sans intermédiaires traditionnels. Offrant des services de prêt (lending) et d’emprunt d’actifs numériques (borrowing), Aave se distingue par son innovation constante. Marc Zeller, un pionnier de l’écosystème crypto, est une figure clé de cette success story. Actuellement à la tête de Aave Chan Initiative (ACI), il continue de repousser les limites de la DeFi.

De Bitcoin à Ethereum France

Marc Zeller a commencé son aventure dans notre écosystème par le biais de Bitcoin avant de se concentrer sur Ethereum. Il a cofondé Ethereum France, une association dédiée à la promotion de la blockchain Ethereum en Europe et qui organise tous les ans la plus grande conférence crypto de l’Europe : l’ETHCC.

Son expérience chez ConsenSys et Coinhouse l’a préparé à rejoindre Aave en 2019, un protocole de lending qui a rapidement gravi les échelons pour devenir un leader de la DeFi. 

« J’ai découvert la blockchain par Bitcoin comme tout le monde mais j’étais qu’un vilain spéculateur au début comme beaucoup aussi quand on arrive dans l’écosystème. »

La success story Aave, le prince du lending

Bon, passons maintenant à Aave et rentrons dans le vif du sujet. Créé initialement sous le nom d’ETHLend, Aave a pivoté vers un modèle de pool de liquidités en 2019, permettant une meilleure scalabilité (capacité à gérer une augmentation du nombre d’utilisateurs) et adoption. 

Nous vous entendons d’ici. Qu’est-ce qu’une pool de liquidité ? Pour faire simple, une pool de liquidité (ou « liquidity pool » en anglais) est un concept central pour la DeFi. Il s’agit d’un ensemble de fonds déposés dans un smart contract, utilisé pour faciliter les échanges, les prêts et autres transactions sur une plateforme DeFi. Les pools de liquidité sont essentiels pour le fonctionnement de nombreux protocoles DeFi, comme Uniswap ou dans notre cas Aave.

En effet, sur Aave, les utilisateurs peuvent déposer des actifs comme ETH, DAI, ou USDC dans une pool de liquidité. En retour, ils gagnent des intérêts sur leurs dépôts et reçoivent des tokens de la pool (aTokens). Ces tokens représentent leur part de la pool et peuvent être utilisés pour emprunter d’autres actifs sur la plateforme, ou simplement pour gagner des intérêts.

Avec plus de 20 milliards de dollars d’actifs déposés, Aave représente aujourd’hui plus de la moitié du marché DeFi.

« Aave permet à tout un chacun d’apporter des actifs et de toucher un revenu passif dessus ou alors d’utiliser ses actifs en garantie pour pouvoir emprunter et faire des positions sur la finance décentralisée. »

Fonctionnalités clés de Aave

Aave est reconnu pour ses innovations techniques et ses fonctionnalités. Parmi elles, les prêts flash (flash loans) se démarquent. Ces prêts permettent aux utilisateurs d’emprunter des actifs sans garantie, à condition que le prêt soit remboursé dans la même transaction. Cela ouvre la porte à des arbitrages complexes et des opportunités de trading intraday. Spoiler alerte ici : prudence reste de mise sur ce genre de mouvement, faites bien vos propres recherches.

Un autre aspect essentiel de Aave est la sécurité des smart contracts. Les audits réguliers et les programmes de bug bounty assurent une robustesse technique, le tout dans l’objectif de créer un écosystème auto-suffisant, et résilient.

Aave Chan Initiative : la DAO aux commandes

En 2022, Marc Zeller a fondé Aave Chan Initiative, une DAO (Organisation Autonome Décentralisée) dédiée au développement et à l’implémentation des propositions de gouvernance pour Aave. 

L’ACI joue un rôle important dans la mise en œuvre de nouveaux actifs et protocoles sur Aave, renforçant ainsi la décentralisation et l’efficacité du protocole. En tant que développeurs principaux de la DAO Aave, l’ACI veille à ce que la communauté et les détenteurs de tokens de gouvernance aient une voix prépondérante dans l’évolution du protocole. 

« Ce qu’on fait avec notre boîte, c’est qu’on fait du développement. La plupart des propositions de gouvernance, la plupart des implémentations sur les smart contracts à court terme, c’est nous qui les codons et on les développe au nom de la DAO »

Aave Chan Initiative a déjà démontré son efficacité à travers plusieurs implémentations réussies. Par exemple, l’introduction de nouveaux actifs comme le sUSD et le BAL a permis d’attirer une base d’utilisateurs plus large et diversifiée. 

Marc Zeller souligne plusieurs défis et opportunités dans l’écosystème DeFi actuel. La bataille pour la décentralisation reste un combat constant, notamment face aux régulations et à l’adoption croissante des stablecoins centralisés comme l’USDC. 

Toutefois, la DeFi continue d’attirer des utilisateurs grâce à ses rendements attractifs et à sa résilience. Aave, avec ses mécanismes de sécurité et sa diversité d’actifs, est bien placé pour naviguer ces défis.  En 2023, Aave a également fait face à des défis réglementaires avec l’adoption de la réglementation européenne MiCA (Markets in Crypto-Assets). Cette régulation vise à encadrer les actifs numériques et pourrait avoir un impact sur la DeFi en Europe. Cependant, et ça sera là le mot de la fin, Marc Zeller reste optimiste quant à la capacité de Aave à s’adapter et à continuer de prospérer dans ce nouveau cadre réglementaire. 

« Nous envisageons un avenir où les solutions DeFi seront intégrées dans le tissu même des transactions financières quotidiennes (…)  Nous sommes prêts à nous conformer aux nouvelles régulations tout en maintenant notre engagement envers la décentralisation.»

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

Aleph.im : la décentralisation sur un petit nuage

Aleph.im : la décentralisation sur un petit nuage

Aleph.im : la décentralisation sur un petit nuage

Après avoir fait un petit tour du côté des formations crypto et Web3  il est temps cette semaine de retourner à nos premiers amours : la blockchain, en partant à la rencontre d’Aleph.im et de son co-fondateur Jonathan Schemoul.

En bref, nous rentrerons dans le vif du sujet par la suite, Aleph.im est un projet qui vise à décentraliser l’infrastructure cloud pour les applications Web3. En proposant des solutions de stockage, de base de données, de calculs et de messagerie décentralisées, Aleph.im offre une alternative sécurisée et efficace aux services cloud centralisés traditionnels.

Fonctionnalité, staking d’ALEPH, avantages d’utiliser ce réseau… on vous dit tout dans cet article.

Aleph, quand la décentralisation prend un peu de hauteur

Décentraliser le cloud, c’est la mission d’Aleph.im. Concrètement, le projet utilise un réseau de nœuds décentralisés pour fournir ses services, éliminant ainsi les points de défaillance uniques et augmentant la résilience et la sécurité des informations qu’il conserve.

4 fonctionnalités d’Aleph.im

Sur Aleph, 4 fonctionnalités permettent cette optimisation de la décentralisation :

  • Un stockage décentralisé permet aux utilisateurs de stocker des fichiers de manière sécurisée et distribuée, assurant ainsi une plus grande protection contre les pertes de données et les accès non autorisés.

  • Une base de Données décentralisée fiable pour les applications est disponible, facilitant  l’accès et la gestion des données tout en réduisant les risques associés aux bases de données centralisées.

  • Des calculs décentralisés fournissent des capacités de calcul hors chaîne, assurant aux applications de traiter des données complexes de manière plus efficace et à moindre coût.

  • Une messagerie sécurisée qui assure une communication et décentralisée, protégeant les échanges d’informations sensibles.

Le réseau est déployé sur plus de huit blockchains et traite plus de 10 000 requêtes par jour, permettant ainsi une interopérabilité entre différents écosystèmes. Le réseau continue de développer de nouvelles fonctionnalités pour répondre aux besoins croissants du marché en matière de puissance de calcul et de stockage.

« Toutes les chaînes EVM sont compatibles avec Aleph.im, et nous continuons à développer des fonctionnalités supplémentaires selon les blockchains (…) On est constamment en train d’améliorer et de répondre aux nouvelles demandes du marché en termes de puissance de calcul et de stockage. »

ALEPH, le carburant du réseau

Les nœuds décentralisés du réseau sont responsables du stockage, des calculs et de la transmission des messages. Cette architecture décentralisée garantit que les services restent disponibles même en cas de défaillance de certains nœuds.

Le token ALEPH est essentiel au fonctionnement du réseau Aleph.im. Il est utilisé pour payer les frais de stockage, de calcul et de messagerie. De plus, les utilisateurs peuvent participer au staking de tokens ALEPH, ce qui leur permet de soutenir le réseau tout en gagnant des récompenses. Voici comment fonctionne le staking sur Aleph.im.

On notera à la marge que si vous ne connaissez pas le staking, vous pouvez consulter nos articles sur le sujet ici.

Aleph.im, une solution pour plus de décentralisation

La centralisation du Cloud : un problème

La centralisation des services cloud pose plusieurs problèmes et questionne régulièrement notre écosystème.  Les services centralisés peuvent être vulnérables aux pannes, aux cyberattaques et aux erreurs humaines, entraînant des interruptions de service et des pertes de données.

Par ailleurs, les fournisseurs de cloud centralisés, nous parlons de GAFAM tels que Amazon Web Service ( AWS ) ou encore Google, ont un contrôle total sur les données des utilisateurs, ce qui peut entraîner des problèmes de confidentialité et de surveillance, deux points aux antipodes des idées de Satoshi Nakamoto, le père créateur de Bitcoin.

Enfin, et surtout, les gouvernements et les entreprises peuvent imposer des restrictions sur les données et les services hébergés sur des plateformes centralisées, limitant ainsi la liberté d’expression et l’innovation.

Bref, il ne s’agit pas d’être dystopique ici, toutefois, la décentralisation du Cloud reste un vrai enjeu pour notre secteur.

« On a une volonté de ne pas loguer et de ne pas traquer les utilisateurs. Si on a un réseau décentralisé, mais qu’on traque les utilisateurs sur les interfaces, ça n’a pas trop d’intérêt. »

Aleph.im, le terrain de jeu des développeurs

Aleph.im représente donc une avancée importante pour la quête de décentralisation. En offrant des solutions de stockage, de bases de données, de calculs et de messagerie décentralisées, Aleph.im améliore la sécurité, la résilience et l’efficacité des applications Web3 mais aussi notre sécurité à nous.

De fait, Aleph.im est particulièrement utile pour les développeurs d’applications décentralisées (dApps) et les projets de finances décentralisées (DeFi). 

Les développeurs peuvent utiliser Aleph.im pour stocker des données de manière sécurisée et exécuter des calculs complexes sans dépendre d’un fournisseur de cloud centralisé pour le développement de dApps.

Les développeurs de jeux peuvent également stocker des actifs de jeu et effectuer des calculs en utilisant les services décentralisés d’Aleph.im, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité.

Enfin, les projets DeFi peuvent bénéficier du stockage sécurisé et des calculs hors chaîne pour gérer les données financières et exécuter des contrats intelligents de manière fiable. 

Alors que les problèmes de centralisation du cloud continuent de croître, des solutions comme Aleph.im offrent donc une alternative possible orientée vers plus de décentralisation. 

Enfin, et surtout à Jonathan le mot du début et celui de la fin : 

« Nous travaillons avec l’account abstraction pour que, à terme, on n’ait même plus besoin d’un Wallet et qu’on se connecte juste avec un compte (…) Aujourd’hui, déployer sur un réseau décentralisé, c’est dur, on y travaille justement. C’est pour ça qu’on a lancé Twentysix Cloud (…) Il faut que ce soit simple à utiliser, fiable, qu’on puisse compter dessus. Une fois qu’on a ça, je ne vois pas de raison de continuer tout le temps à passer par AWS, à part une question d’habitude. »

Atom Accelerator sur Cosmos : entre mise à jour et migration – Avec Youssef Amrani

Atom Accelerator sur Cosmos : entre mise à jour et migration – Avec Youssef Amrani

Atom Accelerator sur Cosmos : entre mise à jour et migration – Avec Youssef Amrani

 

Dans la famille blockchain, nous faisons souvent référence à Cosmos. Ce n’est pas surprenant. Le réseau Cosmos, dont la cryptomonnaie native est ATOM, se distingue par sa vision d’un Internet des blockchains, un écosystème interconnecté qui favorise la communication et le transfert de valeur entre des blockchains indépendantes. C’est le layer 1 pour les gouverner toutes.

Parmi les initiatives essentielles qui propulsent cette vision, Atom Accelerator, une entité que nous avons déjà explorée, se présente comme un moteur d’innovation et de croissance, tout en poursuivant constamment une recherche de gouvernance efficace et équitable.

Cosmos et ATOM : Les Fondations d’un Nouvel Internet

Petit rappel. L’écosystème Cosmos se base sur le protocole IBC (Inter-Blockchain Communication) pour permettre l’interopérabilité et le transfert de données entre différentes blockchains. Dans ce contexte, le token ATOM sert à la fois de monnaie de réserve et de jeton de gouvernance, essentiel à la sécurité et à la gestion du réseau.

Depuis son origine, Cosmos a poursuivi l’objectif d’un écosystème décentralisé et ouvert, où chaque blockchain peut opérer indépendamment tout en bénéficiant de la richesse d’un réseau interconnecté. Cette vision a conduit à d’importantes avancées technologiques et à une adoption croissante du réseau.

Atom Accelerator : la colonne vertebrale Cosmos

Atom Accelerator a été fondé avec la mission de soutenir l’innovation et le développement au sein de l’écosystème Cosmos. En tant que programme de subventions, il finance les projets prometteurs qui alignent technologie et communauté sur une trajectoire de croissance accélérée.

Adoptant une structure de gouvernance participative, Atom Accelerator implique la communauté Cosmos dans le processus de décision, assurant ainsi que les projets financés reflètent les valeurs et les besoins de l’écosystème.

Jusqu’à présent, Atom Accelerator a injecté des millions de dollars dans des initiatives variées, depuis des infrastructures de sécurité jusqu’aux applications décentralisées, témoignant de son rôle central dans l’expansion de Cosmos.

Atom Accelerator et DAO DAO : le mariage de raison

Dans sa quête constante de développement, Atom Accelerator a connu en janvier 2024 une mise à jour importante qui inclut la migration de sa mécanique de vote sur DAODAO.

DAODAO est une plateforme lancée par la Fondation DeSo, conçue pour simplifier la création et la gestion de DAO (Decentralized Autonomous Organizations). Elle permet à quiconque de lever des fonds pour une idée auprès de n’importe qui dans le monde en créant une DAO.

DAO DAO se distingue par sa facilité d’utilisation, comparant la création d’une DAO à la création d’un compte sur les réseaux sociaux et l’investissement dans une DAO aussi simple qu’envoyer un email. En outre, DAO DAO intègre des fonctionnalités sociales entièrement on chain, augmentant le rôle de la confiance et de la réputation dans le processus d’investissement.

Atom Accelerator, en tant qu’organisation entièrement financée par le Hub Cosmos, vise à améliorer sa responsabilité et sa transparence envers la gouvernance du Hub. Cette migration permet à Atom Accelerator d’utiliser des outils plus sophistiqués nécessaires pour exprimer son plein potentiel, réaliser un contrôle interne et une bonne gouvernance, et créer des effets de réseau.

Les fonctionnalités telles que la gestion de trésorerie et la signature de transactions asynchrones sont cruciales pour le fonctionnement efficace des DAO spécialisées comme Atom Accelerator.

Grâce au soutien d’Atom Accelerator, l’écosystème Cosmos est bien positionné pour explorer de nouvelles frontières d’innovation. Les initiatives soutenues aujourd’hui tracent la voie vers un avenir où Cosmos joue un rôle central. Cependant, malgré ses succès, Atom Accelerator, et plus largement Cosmos, et encore plus largement notre écosystème, font face à des défis, notamment en termes d’adoption généralisée et de gestion de la complexité technique. La réponse à ces défis dictera la trajectoire future de Cosmos.

Le mot de la fin

Atom Accelerator incarne la recherche d’une convergence entre innovation et communauté, propulsant l’écosystème Cosmos vers de nouveaux défis. Grâce à ses initiatives de subvention, sa gouvernance participative et son engagement envers la sécurité et la collaboration interchaîn, Atom Accelerator forge un chemin vers un avenir où l’interopérabilité et l’innovation sont au cœur du développement blockchain.

Les récentes mises à jour, telles que la migration vers DAODAO et l’adoption de stratégies de subvention plus ciblées, montrent une évolution vers une gestion plus agile et transparente, essentielle pour répondre rapidement aux besoins d’un écosystème qui évolue vite, très vite.

Vous avez maintenant les bases pour pouvoir comprendre les mécanismes, les succès et surtout la vision d’Atom Accelerator et de l’homme qui est à sa tête : Youssef Amrani.

A lui d’ailleurs de conclure cet article :

« BlackRock c’est bullish pour la crypto parce que c’est le plus gros Asset Manager au monde avec 10 ou 12 trillions de dollars sous gestion. Il décide de lancer un Bitcoin ETF et dit que la tokanisation c’est l’avenir de la finance ? Il y a pas meilleur preuve que la DeFi est là pour rester (…)»