Kraken : Le doyen des exchanges crypto

Kraken : Le doyen des exchanges crypto

Kraken : Le doyen des exchanges crypto

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

Il est rare qu’un exchange de cryptomonnaie jouisse d’une image aussi propre que celle d’une banque suisse, tout en ayant l’agilité d’une licorne. C’est pourtant le pari qu’a réussi Kraken, fondé en 2011.

Pour en parler, nous avons reçu Alix Bouxaguet, Country Manager France et fin connaisseur du marché institutionnel. Sa première fierté ? L’ancienneté, bien sûr, mais surtout : « On s’est jamais fait hacker. » Dans un secteur où les mésaventures sont légion, cette carapace est un argument de poids, renforcé par le stockage hors ligne de plus de 95% des fonds clients.

Mais là où Kraken est un véritable acteur majeur pour nous, Européens, c’est sur la question de la liquidité Fiat. Kraken est l’historique : c’est lui qui a créé les toutes premières paires Euro natif (BTC/EUR, ETH/EUR). Résultat : ils offrent aujourd’hui la meilleure profondeur de marché sur l’euro, garantissant des spreads imbattables. En d’autres termes, pour acheter ou vendre vos cryptos en euros sans passer par un stablecoin, Kraken est tout simplement le moins cher.

Kraken à l’heure de la régulation 

L’image de qualité, c’est bien, mais la régulation est la clé pour ouvrir les portes du coffre-fort institutionnel. Et sur ce point, Kraken a fait ses devoirs.

Alix le confirme : l’exchange a obtenu la licence MiFID (pour proposer des produits dérivés) et la licence MiCA de la Banque centrale d’Irlande. C’est un Graal qui lui permet de proposer des services uniformisés et sécurisés à travers toute l’Union européenne, loin des problèmes réglementaires de certains concurrents. L’exchange, lui, n’est « blacklisté nulle part, jamais ».

C’est cette propreté qui attire les loups de la finance traditionnelle. Les banques et les fonds ne sont pas animés par la « mission idéologique » de la décentralisation ; ils sont là pour une raison bien plus terre-à-terre :

 « Ils voient surtout que énormément d’argent a quitté leur compte pour aller sur des exchanges. » 

Leur mission est de « rapatrier les fonds » en proposant eux-mêmes des produits crypto. Et pour cela, ils ont besoin d’un partenaire en qui ils peuvent avoir confiance : réglementé, jamais hacké, et surtout, leader sur la liquidité Euro

Sur les marchés dérivés, la prudence est également de mise. Si les DEX (échanges décentralisés) sont vantés pour leur idéologie, ils ont un défaut majeur : en cas de crash massif (flash crash), ils subissent l’effet domino, personne ne pouvant arrêter la cascade de liquidations. L’avantage d’un exchange centralisé comme Kraken ? Un « kill switch » temporaire. Alix nous confie que lors du crash d’octobre, la coupure des Futures a permis de « sauver des gens » de la liquidation totale. La décentralisation a son prix.

Kraken, le cheval de Troie de la tokénisation à Wall Street 

Outre le lancement de leur nouvelle carte bleue, la grande nouveauté chez Kraken c’est le lancement des xStocks : les actions et ETF américains tokenisés (Apple, Nvidia, Or) disponibles sur les blockchains Ethereum et Solana.

C’est là que la crypto devient le cheval de Troie de la finance traditionnelle, pour deux raisons :

  1. Le 24/7 et la fluidité : La tokenisation court-circuite la myriade de brokers et leurs frais opaques. Plus de jours fériés, plus de week-end : le trading est ouvert en continu. Vous êtes plus libre et vos actifs sont plus liquides.
  2. L’usine à produit dérivé : L’objectif est de pouvoir bientôt faire tout ce que l’on fait avec la crypto, mais avec les actions tokenisées : les utiliser en collatéral pour prendre du leverage, ou même les vendre en un clic pour payer ses courses en Franprix. Le marché est clairement la clientèle crypto qui cherche une passerelle vers les actifs traditionnels lorsque les Altcoins s’ennuient.

Les ingrédients d’une adoption réussie

Même l’un des doyens des exchanges à travers le monde a ses chantiers. Alix l’admet : Kraken est hyper focus sur l’amélioration de la liquidité des contrats perpétuels et Futures sur les Altcoins plus exotiques. 

Quant aux légendaires lobbies anti-crypto, Alix est formel : ils n’existent plus. L’innovation a gagné.

« Ça serait quand même dire est-ce qu’il y a des lobby anti-internet ? Je pense que maintenant on en est là. »

Les banques sont désormais les premiers supporters des cryptos, car elles voient leurs clients partir. Le seul vrai obstacle est le régulateur qui impose des cadres stricts (MiCA, Travel Rule), mais c’est le prix à payer pour l’institutionnalisation. L’adoption, quant à elle, est boostée par les institutionnels (effet Trump aux USA), qui permettent aux fonds et aux banques d’offrir la crypto aux clients finaux.

L’échange avec Alix est sans appel : Kraken a une feuille de route claire, construite sur la sécurité historique, la régulation européenne, et la révolution des actions tokenisées. Ils ne surfent pas sur les shitcoins.

Cet article n’était qu’une mise en bouche pour décortiquer leur philosophie ; il ne saurait se substituer à l’interview originale ! Si ce n’est pas déjà fait, il est maintenant grand temps d’aller regarder l’échange complet sur Blockchain Addict pour entendre l’expert en personne. D’ailleurs, à lui de conclure cet article : 

«  Quand tu as des énormes banques qui voient énormément d’argent partir sur les exchanges et la DeFi, ils se disent « On veut rapatrier ces fonds-là ».

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondatrice

Data et trading crypto : Oak Research la boussole de vos cryptomonnaies

Data et trading crypto : Oak Research la boussole de vos cryptomonnaies

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

Il y a ceux qui suivent le marché au gré des tweets et des rumeurs. Puis, il y a ceux qui essaient de décortiquer la matrice. De comprendre. D’analyser. Dans la France des cryptos, la seconde catégorie vient de sortir du bois avec Oak Research.

Lilian, co-fondateur et COO d’Oak Research, était justement notre invité cette semaine pour nous éclairer. Ancien ingénieur passé par Cryptoast, Lilian a fait le grand saut avec Artem, autre figure du CTFR, pour créer une « plateforme d’intelligence de marché ». En clair ? Ils creusent, ils livrent une recherche fondamentale.

Leur credo est né d’une frustration : Lilian le confesse, il avait soif d’une continuité dans l’analyse, d’un fil d’Ariane qui n’existait pas dans l’écosystème francophone, pourtant friand des Messari ou Blockworks Research outre-Atlantique. Pour combler ce vide, ils fournissent de la data, des analyses et des rapports qui exigent du temps, ciblant ceux qui ont déjà « les mains dans le moteur » de l’investissement.

De l’état du marché crypto à Oak Research, petit retour sur notre rencontre avec Lilian.

Penser le marché en 3 leçons avec Oak Research

Lilian ne mâche pas ses mots : la grande « Alt-Season » que beaucoup attendent les bras ouverts est, selon lui, et selon nous, une chimère.

Il affiche un scepticisme certain sur les altcoins et recommande la plus grande prudence. Sa vision du marché est chirurgicale et repose sur trois principes actifs pour s’exposer intelligemment.

Leçon n°1 : Comprendre le marché crypto 

Oubliez la stratégie du panier d’altcoins qui s’envolent tous en même temps. Pour Lilian, depuis l’année dernière, les éléments pour une alt-Season ont rendu l’âme

Le marché est sélectif, voire bearish, sur la plupart des jetons. La stratégie est donc l’hyper-sélection : BTC, bien sûr, une majorité de stablecoins pour la flexibilité. Cependant quelques altcoins peuvent sortir du lot. Altseason ou pas. 

Ce joyau rare d’après Lilian ? Hyperliquid (HYPE). Il le qualifie sans détour de « protocole le plus innovant que j’ai vu depuis des années ». Entre ses volumes faramineux, ses revenus massifs et le mécanisme de rachat de tokens qui exerce une pression acheteuse implacable, le DEX Perp est une exception qui confirme la règle.

Cependant, l’intelligence n’est pas de suivre le protocole en vogue. Il est plus malin de miser sur ce que Lilian appelle la « guerre des clones ». La tactique était de farmer les concurrents (comme Lighter et Paradex) en anticipant que l’étincelle de la nouveauté allait forcément arriver et forcer les autres à exploser en retour. Cette étincelle ? Ce fut Aster.

La morale de cette leçon est donc simple : quand tout le monde en parle, il est souvent déjà trop tard ; il faut migrer vers la prochaine opportunité.

Autre exemple de cette nécessité de comprendre le marché ? Ethereum reste une plateforme technologique inégalée (innovation, blobs, ZK, Layer 2 comme Arbitrum et Base), Lilian est tranchant : ce n’est pas un bon produit d’investissement. Le prix du token et son utilité pour le gas sont en conflit, et son offre n’est pas limitée. Il faut dissocier la technologie du produit financier.

Leçon n°2 : Suivre la stratification de la finance on-chain (même si c’est ennuyeux) 

Si la première leçon est une affaire de tactique, la seconde est une question de vision d’architecte. Oublions la volatilité à court terme.

La vision long terme est importante ici. Il faut comprendre que l’’avenir de la finance On-Chain reposera sur les stablecoins et la quête de yiels. Lilian anticipe une architecture en poupées russes, où les derniers utilisateurs n’auront même plus conscience d’être sur la blockchain :

  • Couche Basse (Yield Brut) : Les protocoles complexes type Aave ou Morpho.
  • Couche Intermédiaire (Yield Management) : Les Yield Managers qui proposent des stratégies automatisées pour vous générer du rendement sur vos stablecoins.
  • Couche Haute (Interface) : Les fameuses néobanques qui proposeront des comptes épargne en Stablecoin avec carte bancaire, masquant toute la complexité sous-jacente.

C’est là que le dollar reprend ses droits. Lilian pointe du doigt le manque de liquidité et d’initiatives en stablecoin Euro, forçant les capitaux à se convertir en USD. Un enjeu qui, s’il n’est pas géré par une régulation européenne intelligente, pourrait créer une fuite des capitaux préjudiciable à la souveraineté économique.

Leçon n°3 : Bitcoin, un cheval de Troie 

Et si Bitcoin pouvait transformer notre système de l’intérieur ? L’engouement pour les Bitcoin Treasuries (avec Strategy en tête de gondole) est analysé avec une lucidité glaciale. Oui, c’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête du BTC, car une chute pourrait forcer la vente des actifs, mais c’est aussi, d’une certaine manière, un coup de maître.

Pour Lilian, c’est utiliser les leviers de la finance traditionnelle pour faire entrer Bitcoin par la grande porte, comme un cheval de Troie qui s’immiscerait dans l’ordre établi. 

C’est une stratégie de conquête, même si elle vient avec un risque exacerbé. Le plus intéressant et durable reste les sociétés qui accumulent simplement du BTC dans leur propre trésorerie.

Ces trois leçons, qu’elles concernent l’analyse des concurrents ou l’anticipation de l’architecture future de la DeFi, sont le cœur de métier d’Oak Research. Elles montrent qu’une analyse de marché fine, orientée long terme, est indispensable pour faire le tri dans le bruit. Mais alors, comment la plateforme elle-même transforme-t-elle ces convictions en outils pratiques pour ses abonnés ? 

Oak Research : l’outil du trader tranquille 

La plateforme d’intelligence de marché d’Oak Research n’est pas un bloc homogène. Elle propose une architecture d’information pensée pour capter l’utilisateur curieux via ses analyses gratuites, avant de lui offrir les outils d’aide à la décision les plus pointus, moyennant un abonnement.

Des analyses pour tous 

Comme l’a expliqué Lilian, l’objectif d’Oak Research est de créer une communauté d’investisseurs avertis. Pour cela, la plateforme ne ferme pas complètement la porte au grand public.

C’est souvent sur les réseaux sociaux que le contenu et les idées d’Artem et Lilian sont les plus rapides et les plus directes. L’information sort là où elle est la plus fraîche : sur X, où ils distillent leurs premières observations.

Par ailleurs, la plateforme d’Oak Research propose un accès libre à une partie de ses travaux. Les utilisateurs peuvent consulter des rapports gratuits, des analyses gratuites sur des projets ou des tendances, et des données brutes de marché et de projets.

Oak Research offre premium

L’abonnement est calibré pour un public professionnel ou très actif : il s’élève à 349,00 € par an (soit 28,00 €/mois, avec une économie de 16 % par rapport au tarif mensuel de 35 €). En échange, l’abonné obtient un accès total à l’intelligence de marché et aux outils d’aide à la décision.

Ainsi, l’abonnement vous permettra de profiter de l’Oak Index. C’est l’indicateur « fait maison ». Cet outil, qu’ils utilisent d’ailleurs pour gérer la trésorerie de leur propre boîte, est l’outil pour guider le DCA (Dollar Cost Averaging). Il ne vous donne pas la martingale, mais des fenêtres d’opportunité d’achat ou de vente à long terme.

L’Alpha Feed est également disponible sur la version premium d’Oak Research. Lilian le rappelle, X est la meilleure source, mais c’est un océan de bruit. L’Alpha Feed est un système de filtrage intelligent des informations brutes, rendues intelligibles et pertinentes.

L’abonnement donne aussi accès à la liste des projets sous surveillance, à une sélection de cryptos analysées par l’équipe, ainsi qu’à l’intégralité des rapports, analyses premium, graphiques et insights exclusifs qui ne sont pas accessibles au public.

L’approche est claire : l’offre gratuite sert à découvrir la qualité de l’analyse ; l’offre Premium est la boîte à outils pour ceux qui veulent vraiment prendre des décisions éclairées. Lilian et Artem ont créé une boussole pour les cryptos traders Alors, si ce n’est pas déjà fait, il est maintenant grand temps d’aller regarder l’échange complet sur Blockchain Addict pour entendre Lilian en personne. 

D’ailleurs, à lui de conclure cet article : 

« Tu lèves des fonds pour convertir tes dollars en Bitcoin… faire rentrer Bitcoin à l’intérieur de la finance traditionnelle c’est comme un peu intégrer un parasite qui petit à petit mange tout jusqu’à grossir suffisamment. »

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondatrice

Bybit Europe : “Le vrai défi, c’est d’amener 90 % des Européens encore hors crypto”

Bybit Europe : “Le vrai défi, c’est d’amener 90 % des Européens encore hors crypto”

Bybit Europe : “Le vrai défi, c’est d’amener 90 % des Européens encore hors crypto”

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

La France, un marché clé mais encore sous-exploité

L’industrie crypto se développe, mais l’adoption reste limitée en France. Moins d’un Européen sur dix détient des actifs numériques. Ambroise, DG de Bybit Europe, rappelle que la véritable bataille n’est pas entre exchanges, mais auprès des 90 % de citoyens encore en dehors de cet univers.

Le contexte actuel volatilité, incertitudes macro, réglementation en mutation impose une lecture de long terme.

L’essentiel n’est pas de réagir aux variations du Bitcoin, mais de comprendre comment structurer une offre crédible pour le marché français.

Bybit Europe renforce sa présence malgré une concurrence massive

Bybit compte 76 millions d’utilisateurs dans le monde. En Europe, l’ambition est claire : devenir un acteur structurant du marché, capable de rivaliser avec les exchanges déjà bien installés.

L’équipe française se renforce, les fonctions business se professionnalisent, et les connexions avec le siège sont étroites.

Le fondateur Ben Zhou suit de près la stratégie européenne, notamment parce qu’elle représente une zone essentielle pour la croissance réglementée.

Bybit – lien d’affiliation

MiCA : une rupture qui va redessiner l’écosystème français

La transition entre PSAN et MiCA inquiète. La France comptait plus de cent PSAN enregistrés.

Tous ne survivront pas au passage à MiCA. Les coûts explosent : conformité, contrôles, infrastructures techniques, audits, licences supplémentaires pour certains services.

Ambroise le reconnaît : MiCA va créer un marché plus concentré. Les acteurs internationaux capables d’absorber les coûts réglementaires prendront le dessus.

Pour le lecteur français, l’enjeu est clair :
moins d’acteurs, mais plus solides au risque de freiner l’innovation locale.

Un cadre réglementaire encore inégalement appliqué en Europe

Le problème de la régulation ne vient pas seulement des règles elles-mêmes, mais de leur application.

Exemple concret : la Travel Rule.
Les plateformes régulées doivent vérifier l’origine des fonds entrants. Cela ajoute des délais.

Les acteurs non-régulés, eux, n’appliquent pas ces vérifications.

Résultat : ils apparaissent plus rapides, donc plus attractifs, malgré une absence totale de conformité.

Pour l’utilisateur français, cela crée un paradoxe :
une plateforme régulée peut sembler moins efficace qu’une plateforme hors-cadre.

Pourquoi l’adoption stagne en Europe ? Une réalité culturelle

En Europe, plus de 50 % de l’épargne reste immobile sur des comptes bancaires, sans rendement.

L’exposition aux actions reste faible. La culture financière est prudente, parfois méfiante.
La crypto ne peut pas se développer sans pédagogie.

Pour Ambroise, l’adoption passera par une expérience simple, progressive, accompagnée.
La carte Bybit avec cashback crypto illustre cette stratégie : utiliser la consommation quotidienne comme porte d’entrée vers l’investissement.

Simplifier l’accès à la DeFi sans en gommer les risques

La DeFi progresse vite, mais elle reste complexe. Pour la majorité des utilisateurs, les risques techniques sont réels : erreur d’adresse, mauvaise passerelle, perte de clé, protocole vulnérable.

Ambroise refuse l’opposition facile entre CeFi et DeFi. La DeFi apporte l’innovation. La CeFi peut apporter la sécurité et l’accessibilité.

La combinaison des deux pourrait amener une nouvelle phase d’adoption massive.

Une stratégie long terme : devenir un guichet financier complet

L’objectif de Bybit est clair : proposer un ensemble de produits intégrés crypto, earn, OTC, custody, voire accès à des stocks tokenisés.

L’Europe impose des licences différentes (MiCA, MiFID, etc.).

Mais la vision reste inchangée : créer une plateforme capable de couvrir les usages quotidiens, de l’investissement à l’épargne.

Une industrie en pleine transformation

L’entretien révèle un paysage européen en mutation profonde.

La régulation se durcit. Les acteurs se professionnalisent. Les utilisateurs deviennent plus exigeants.

Les frontières entre DeFi et CeFi s’estompent.

Pour les Français, l’enjeu dépasse Bybit : il s’agit de comprendre comment la crypto va s’intégrer durablement dans une économie européenne qui doit à la fois protéger, innover et rattraper les États-Unis.

Bybit veut s’inscrire dans cette dynamique. Le chantier est immense, mais le marché l’est aussi.

Et l’Europe, bien que exigeante, demeure l’un des espaces les plus prometteurs pour structurer la finance numérique de demain.

Antoine Marchain

Antoine Marchain

Co-fondateur

Bitcoin, « une bénédiction pour la liberté » : L’Énergie, seule garantie contre la tyrannie du Fiat

Bitcoin, « une bénédiction pour la liberté » : L’Énergie, seule garantie contre la tyrannie du Fiat

Bitcoin, « une bénédiction pour la liberté » : L’Énergie, seule garantie contre la tyrannie du Fiat

Nouvelle semaine, nouvel invité. Chez Blockchain Addict, nous avons reçu il y a quelques jours Pierre Noizat, fondateur et CEO de Paymium, non pas seulement comme un précurseur de l’entrepreneuriat crypto, mais comme une figure essentielle du Bitcoin en France. Sa rigueur d’ingénieur polytechnicien se met au service d’une critique radicale des dérives monétaires et sociétales. Notre échange a mis en lumière un discours où l’expertise technique s’élève en véritable philosophie, faisant de son expérience un manifeste où Bitcoin et politique se mêlent.

De fait, l’expérience de pionnier de Pierre Noizat, confronté au monopole bancaire et aux failles de l’État-nation, l’a conduit à l’élaboration d’une thèse selon laquelle l’énergie et la décentralisation monétaire deviennent le socle d’une liberté économique et individuelle.

Une expérience qui pourrait être une tragédie en trois actes. Rideau.

Acte I : Bitcoin et tyrannie bancaire

L’engagement de Pierre Noizat n’est pas le fruit du hasard. Il prend sa source dans une expertise technique solide, forgée notamment à l’École Polytechnique, et se concentrant sur la cryptographie appliquée aux systèmes de paiement dès les années 1990. Fort de ce savoir, il a pu décrypter immédiatement, dès 2008, la portée subversive du white paper de Satoshi Nakamoto.

La Confiance : un impératif

La fondation de Paymium en 2011, en tant que première plateforme d’échange Bitcoin/Euro, fut un acte de nécessité. Face au vide infrastructurel et à la méfiance inspirée par les acteurs primitifs du marché, tels que MT Gox, P.Noizat et ses associés ont bâti une alternative directe.

« Le pionnier de l’époque c’était MT Gox, une plateforme qui a depuis disparu mais qui n’inspirait pas toujours confiance. Donc c’est une des raisons pour lesquelles on s’est lancé, mes associés et moi, sur le business de l’exchange… »

Ce rôle d’intermédiaire centralisé est assumé. Il constitue le pont indispensable entre le système fiat et l’écosystème crypto. Sans cette fonction de rampe d’accès et de sortie, la monnaie décentralisée resterait une entité isolée, incapable de s’ancrer dans l’économie réelle et de faire face, par exemple, aux obligations fiscales.Une bureaucratie présente et parfois étouffante.

La Résistance face à la bureaucratie européenne

Et, justement. L’expérience de Pierre Noizat, semblable à celle d’autres entrepreneurs qui ont réussi comme Eric Larchevêque, relève du combat idéologique. En effet, Pierre Noizat déplore la « surtransposition des normes » et la lourdeur administrative qui, loin de servir le citoyen, sanctuarisent le « monopole bancaire ». Le choix de maintenir Paymium sur le sol français s’apparente à une posture politique délibérée,presque celle d’être un résistant.

« Le choix de rester en France, c’est un choix un peu politique aussi, c’est pour être le grain de sable ou le poil à gratter… »

Il dénonce l’appareil régulateur européen pour son approche restrictive et contraignante, qui engendre un déni de souveraineté numérique et cède un boulevard de développement aux acteurs américains. Par cet excès d’interventionnisme, l’Europe se met en marge de l’innovation mondiale.

Acte II : L’Ancrage du Bitcoin dans les lois de la physique

Pierre Noizat déplace le débat sur le Bitcoin vers la science fondamentale dans son essai, L’énergie, face cachée de la monnaie. Se faisant, son argumentaire n’est plus seulement économique, il est thermodynamique, s’appuyant sur les lois de l’énergie pour justifier la supériorité structurelle du Bitcoin.

L’Énergie comme substrat universel

Pour Noizat, toute transaction économique est intrinsèquement un échange d’énergie, la monnaie n’en étant que l’instrument de mesure. Il établit une distinction fondamentale dans la valeur monétaire : la valeur sociale et la valeur énergétique.

« S’il y a pas de valeur énergétique et bien il y a pas de rareté. Donc il y a un risque d’inflation. »

C’est précisément l’intégration de cette contrainte énergétique par le Proof-of-Work qui garantit la rareté du Bitcoin. La monnaie fiat, manipulée par la création monétaire illimitée, est, par nature, un instrument de dilution de valeur, générant une inflation systémique.

L’Écologie du minage et l’arbitrage géographique

Pierre Noizat réfute l’argument réducteur du « gaspillage énergétique » lié au minage. Pour lui, le minage est un outil vertueux qui agit comme « acheteur de dernier recours » pour l’énergie.

« L’énergie la moins chère qu’on puisse trouver, c’est l’énergie dont personne ne veut. L’énergie dont personne ne veut, c’est ce qu’on appelle des surplus de production… »

Le minage ne cannibalise pas l’énergie utile ; il monétise les surplus qui, autrement, seraient irrémédiablement perdus. 

Ce mécanisme est rendu possible par l’arbitrage géographique la transhumance des fermes de minage en conteneur qui permet de capter l’énergie la moins chère, où qu’elle se trouve.

Ce processus auto-régulé, imprévisible à l’origine, est l’une des « beautés du protocole ».

Acte III : La Liberté individuelle face à l’État défaillant

L’analyse de Noizat prend une tournure résolument politique, car elle touche au cœur de la souveraineté individuelle. Il considère le pluralisme monétaire comme une émanation directe de la liberté d’expression.

« Le pluralisme monétaire c’est mon sujet depuis le début de Bitcoin… [Empêcher son usage] c’est un choix politique plutôt dictatorial… d’empêcher les gens d’utiliser une monnaie alternative et indépendante et libre. »

La captation du pouvoir et l’appauvrissement national

Par ailleurs, Pierre Noizat dresse un constat sévère de l’État français, dont la puissance s’auto-entretient par la croissance de la bureaucratie, alimentée par la monnaie fiat. Cette dynamique se traduit par un appauvrissement accéléré de ceux qui produisent la richesse. Il met en lumière le coût exorbitant du système bancaire : une manne estimée à 100 milliards d’euros par an en profits et frais pour les banques françaises, une somme qui serait réduite considérablement par une libre adoption des cryptomonnaies.

L’Épreuve personnelle : La tragédie comme révélateur systémique

Ce substrat philosophique a été mis à l’épreuve par la tentative d’enlèvement de sa fille en 2024. Noizat a interprété cet acte d’extorsion non pas comme un simple fait divers, mais comme le corollaire dramatique d’une défaillance systémique de l’État.

« La promesse de l’État c’est vous payez des impôts… mais en échange vous nous laissez on s’occupe de votre sécurité. Ça n’est cette promesse là n’est plus tenue. »

L’insécurité croissante, la montée du crime organisé, qu’il qualifie de « narco-État », sont, selon sa lecture, les conséquences directes d’un système monétaire vicié. La liberté de choisir une monnaie indépendante n’est donc plus une simple théorie économique, mais un impératif de sécurité et de survie individuelle face à un État qui a failli à son rôle le plus fondamental.

Pierre Noizat incarne donc la figure de l’intellectuel technique qui utilise les principes scientifiques pour remettre en cause l’ordre établi. Son plaidoyer pour le Bitcoin est un appel à la résistance technologique contre la centralisation et la censure. En associant la défense du Bitcoin à la thermodynamique et à la liberté individuelle, il propose un modèle de société alternatif, ancré dans la rareté physique et la souveraineté économique, seule parade au déclin inéluctable de l’ère du fiat.

Rideau et bon visionnage ! 

CryptoXR 2026 : Le meilleur event crypto de France de retour à Auxerre !

CryptoXR 2026 : Le meilleur event crypto de France de retour à Auxerre !

CryptoXR 2026 : Le meilleur event crypto de France de retour à Auxerre !

Solana - blockchainaddict.fr

Les puristes de la crypto ont toujours eu le regard tourné vers Paris, Londres ou Singapour. Mais, certains événements en province méritent aussi qu’on y fasse un détour.

C’est de CryptoXR 2026, qui s’apprête à faire d’Auxerre la nouvelle capitale de la blockchain, le temps d’un long week-end de janvier.

L’événement, qui s’annonce comme un ovni dans le paysage des festivals français souvent chers, promet encore une fois deux jours de conférences épiques.

CryptoXR, c’est quoi au juste ?

Du 15 au 17 janvier 2026, CryptoXR investira donc le Parc des Expositions d’Auxerre pour trois jours de folie.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les organisateurs n’ont pas fait les choses à moitié. 

Avec plus de 6000 visiteurs attendus sur 6 000 m², 90 speakers de haut vol et des dizaines de partenaires, CryptoXR se positionne comme un événement majeur, mais à taille humaine. 

Loin des salons aseptisés, le festival promet une ambiance unique, alliant apprentissage, échanges et festivités.

Les conférences s’enchaîneront, mais l’événement fait aussi la part belle aux ateliers pratiques et aux moments de convivialité, avec notamment une Closing Party qui s’annonce mémorable.

Pourquoi les « retails » (particuliers) y trouveront leur compte ?

Si vous pensez que la blockchain est un truc de geeks en pull à capuche, vous avez tout faux !
CryptoXR 2026 a été pensé pour le grand public.

La journée du samedi est d’ailleurs entièrement dédiée aux particuliers.

Imaginez : des ateliers pour apprendre à acheter vos premiers satoshis, à sécuriser vos cryptos, ou encore à vous initier aux NFT sans vous arracher les cheveux. 

C’est l’occasion parfaite de mettre un visage sur ces concepts qui font tant parler d’eux, et de poser toutes vos questions à des experts accessibles.

Le site web de l’événement CryptoXR 2026 regorge d’informations et le programme, à venir, met la pédagogie au cœur de toutes les préoccupations.

Et pour les pros, quel est l’intérêt de se déplacer à Auxerre ?

On ne va pas se mentir, la communauté professionnelle est exigeante.
Mais CryptoXR a tout prévu.

La journée du vendredi est réservée aux B2B, offrant un cadre idéal pour le réseautage et la création de partenariats stratégiques.

L’événement est conçu comme un catalyseur de rencontres, où startups, investisseurs et grandes entreprises pourront échanger sur les dernières innovations en DeFi, sur la réglementation, et sur les tendances de l’écosystème. 

L’aspect professionnel est si important que même une soirée VIP d’ouverture est prévue pour un networking de haut vol, loin du brouhaha des événements de masse. Les places sont déjà disponibles pour les plus impatients.

Pour les précisions nous laissons le micro à Maxime Chery, fier organisateur de CryptoXR, et à Dark Emi le “presque” parrain de l’event. 

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

Le Krypto-Tour 2025 : Quand Bitcoin s’invite à Lyon

Le Krypto-Tour 2025 : Quand Bitcoin s’invite à Lyon

Le Krypto-Tour 2025 : Quand Bitcoin s’invite à Lyon

Solana - blockchainaddict.fr

La finance traditionnelle et celui, un peu fou, des cryptomonnaies se regardent en chiens de faïence depuis des années.

L’un est engoncé dans ses costards-cravates, l’autre se la joue en hoodie et baskets. 

Mais au fil du temps, la curiosité a remplacé la méfiance. Et le Krypto-Tour de Lyon, dont la quatrième édition se tiendra le 11 octobre 2025 au H7, est le lieu parfait pour constater que le mariage est peut-être pour bientôt.

Organisé par l’association étudiante Kryptosphere, présidée par Raphael Pautard également CEO du média France Cryptos, cet événement est celui qu’il ne faut pas rater au mois d’octobre.

Dans notre dernière interview, nous avons justement rencontré Raphael Pautard et Maxime Gay (COO de France Cryptos) pour évoquer Krypto-Tour et leur rentrée mouvementée.

Un évènement qui n’a rien d’une crypto-fête étudiante

Le Krypto-Tour a une ambition claire et sérieuse : positionner Lyon comme un centre clé pour l’écosystème Web3 en France et devenir un point de rencontre pour tous les acteurs de la sphère crypto et tech. 

L’événement attire un public varié, des étudiants curieux aux professionnels en reconversion, en passant par les acteurs du secteur.

L’objectif de l’event est de permettre à chacun de se familiariser avec des concepts comme la DeFi ou la blockchain, et de favoriser le networking.

La liste des intervenants confirme le sérieux de la manifestation, avec la présence de personnalités reconnues de l’industrie. Parmi elles, Owen Simonin (Hasheur), Claire Balva de l’ADAN, Adli Takkal Bataille ou encore David Bchiri

Le programme : une journée (et une nuit) pour les cryptomonnaies

Le 11 octobre, on ne chômera pas. Le programme est dense et pensé pour tous les profils.

Le matin, l’event attaquera avec des keynotes et des tables rondes, afin de bien comprendre les enjeux du marché. 

L’après-midi, on passera à la pratique avec des ateliers et des rencontres.

Et pour les plus motivés (ou les plus riches), un Pass VIP à 150 € ouvre les portes de la soirée de clôture, un after-party sur un rooftop.

Pour ceux qui hésitent encore, sachez que les tarifs sont plus qu’accessibles : 14,99 € pour les étudiants et 30 € pour le grand public. 

Le Krypto-Tour de Lyon est donc un point de convergence, une agora où se rencontrent des mondes différents dans le seul but de démocratiser notre écosystème, comme l’expliquent nos invités dans cette interview : 

 

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur