Kohaku : La Fondation Ethereum forge l’armure de notre vie privée numérique

Kohaku : La Fondation Ethereum forge l’armure de notre vie privée numérique

Kohaku : La Fondation Ethereum forge l’armure de notre vie privée numérique

image article interview DarkEmy - blockchainaddict

Cette semaine et pour reprendre après une petite pause hivernale, nous continuons de rencontrer des membres de l’Ethereum Fondation. Après Jerome de Tychey, organisateur de l’EthCC, place à Nicolas, coordinateur pour la fondation, qui a introduit l’initiative Kohaku.

À une époque où la surveillance on-chain se professionnalise et où les infrastructures centralisées (comme certains nœuds RPC) deviennent des points de censure potentiels, Kohaku ne se contente pas d’être un énième portefeuille : il s’agit d’une feuille de route stratégique pour l’ensemble de l’écosystème.

Une réponse structurelle à la surveillance

Le projet Kohaku vise à réduire la dépendance aux services tiers. En s’appuyant sur un SDK modulaire et sur l’expertise du portefeuille Ambire, Kohaku permet d’intégrer la confidentialité directement dans le « moteur » des wallets.

L’objectif est d’éliminer cette friction qui oblige aujourd’hui les utilisateurs à naviguer sur des interfaces web externes jugées complexes, voire inquiétantes, pour protéger leurs transactions.

Les innovations clés portées par Kohaku

Il ne s’agira pas ici de vous assommer avec des détails techniques que seul Nicolas comprend. On retiendra 4 innovations portées pas Kohaku :

  • L’UX Hybride : Le wallet gère nativement deux balances. Une publique pour la DeFi transparente (Aave, Morpho) et une privée, alimentée par des protocoles comme Railgun ou Privacy Pools, pour les interactions discrètes.
  • La Preuve d’Innocence : Grâce aux preuves à divulgation nulle (Zero-Knowledge Proofs), l’utilisateur peut prouver que ses fonds ne sont pas issus d’un hack ou d’une activité illicite sans pour autant révéler son identité.
  • Identité et Récupération : Intégration de technologies comme ZK Email ou Anon Aadhaar pour permettre une vérification anonyme et une récupération sociale du compte sans compromettre la vie privée.

Une ambition « au niveau du silicium »

Nicolas Consigny souligne la volonté d’une vision à long terme : amener la sécurité du portefeuille au plus près du matériel. Cela passe par le développement d’un navigateur Ethereum natif capable d’interagir avec les DApps et IPFS sans fuites de données vers les géants du Web2.

Cette volonté de souveraineté s’inscrit dans un changement de paradigme pour la couche protocolaire d’Ethereum. En travaillant de concert avec l’équipe Privacy and Scaling Explorations (PSE), Kohaku prépare le terrain pour un réseau où la confidentialité n’est plus une option complexe, mais une garantie par défaut.

Un avenir entre régulation et résilience

Alors que le débat sur la conformité fait rage, notamment face aux listes de sanctions (OFAC), Kohaku propose des outils de compliance optionnels. Ces outils permettent aux institutions d’adopter la technologie tout en préservant le caractère incassable et résilient de la couche de base d’Ethereum.

Comme le souligne Nico, l’enjeu dépasse la simple finance ; il s’agit de protéger les utilisateurs dans un monde géopolitiquement instable où l’accès à un internet libre et privé devient une nécessité vitale.

En plaçant la confidentialité au cœur de l’expérience utilisateur, la Fondation Ethereum espère inverser la tendance actuelle de collecte massive des données, car selon les mots de Nico :

« On peut avoir une privacy absolue et toujours être bien plus transparent et avoir des bien meilleures statistiques que le blanchiment d’argent traditionnel. »

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondatrice

Bittensor (TAO) : La cryptomonnaie au service de l’IA – Avec Mantat Minds

Bittensor (TAO) : La cryptomonnaie au service de l’IA – Avec Mantat Minds

Bittensor (TAO) : La cryptomonnaie au service de l’IA – Avec Mentat Minds

Solana - blockchainaddict.fr

Après avoir fait un tour du côté de la pensée Bitcoin avec Yorick de Mombynes la semaine dernière, il est temps de découvrir sur le site de Blockchain Addict un nouvel écosystème. Et, cette semaine justement, nous nous sommes attaqués à Bittensor dont le TAO est la cryptomonnaie native.

Pour mieux aborder ce réseau, nous avons fait appel à Mentat Minds, un projet de staking qui se construit sur cet écosystème. Pour le co-fondateur de Mantat Minds, Antoine Planchon, le déclic a été d’ailleurs puissant :

« je pense que ça faisait depuis la découverte de Bitcoin que j’avais pas j’avais pas ressenti ce waouh« .

Bittensor (TAO) : l’IA réinventée

Mettons d’emblée les mains dans le camboui. Le but du réseau Bittensor est de créer un marché de l’intelligence décentralisé, où la puissance de calcul et les modèles d’IA ne sont plus le monopole de quelques géants (coucou Google et les GAFAM), mais une ressource accessible à tous.

Le cœur du réseau est le TAO, sa cryptomonnaie native. C’est elle qui alimente l’écosystème en incitant à la collaboration.

Concrètement, Bittensor fait travailler des milliers de modèles d’IA en parallèle pour résoudre des problèmes complexes.

Par exemple, si vous avez besoin d’un modèle pour générer du texte, le réseau va mettre en compétition plusieurs « mineurs » et leur attribuer une récompense en TAO en fonction de la qualité de leur contribution.

Une manière de miner de l’intelligence artificielle en quelques sorte.

Subnets et incitations : le cœur du réacteur

Bittensor : quelques définitions pratiques 

Le réseau fonctionne grâce à un système de sous-réseaux (subnets), chacun dédié à un cas d’usage spécifique de l’IA. Un subnet pourrait être spécialisé dans la traduction, un autre dans la génération d’images, etc.

Ce qui est inédit chez Bittensor et qui fait toute sa puissance, c’est justement cette architecture en subnets.

Imaginez ça comme une multitude de marchés spécialisés, chacun se concentrant sur une seule « matière première » numérique liée à l’IA. Il en existe 128 actuellement, et chacun a son propre cas d’usage : génération de texte, de code, de traduction, de musique… C’est là que le réseau s’anime.

À l’intérieur de ces sous-réseaux, on trouve deux types d’acteurs clés qui assurent le bon fonctionnement du système :

    • Les Mineurs (Miners) : les cerveaux du réseau Ce sont eux qui font le travail. Ils fournissent les modèles d’IA et la puissance de calcul pour accomplir les tâches demandées par le subnet. En gros, ils mettent leur intelligence artificielle au service du réseau. Pour eux, c’est un moyen de monétiser leurs ressources en contribuant au développement de l’IA décentralisée.
    • Les Validateurs (Validators) :  Eux, c’est les évaluateurs. Leur rôle est d’évaluer la qualité et la pertinence des contributions des mineurs. Ils ont un rôle important, car leur évaluation détermine la distribution des récompenses. C’est grâce à eux que seuls les meilleurs modèles et les contributions les plus utiles sont récompensés. De fait, en stakant vos tokens TAO sur un validateur, vous lui donnez plus de poids dans cette évaluation, et en retour, vous gagnez une partie des récompenses qu’il génère.
  • Subnets owners: responsable du subnet, il définit les règles, la manière dont les miners et validateurs vont travailler. Il se charge également de promouvoir son subnet pour faire en sorte d’attirer de nouveaux participants.

Le réseau, construit sur sa propre blockchain, sert de « système d’enregistrement » et de mécanisme d’incitation.

En gros, il garantit que les contributions de chaque mineur sont évaluées et récompensées équitablement, sans qu’un seul point de contrôle ne puisse tout faire dérailler.

C’est l’essence même de la décentralisation, appliquée non pas aux transactions financières, mais à l’intelligence artificielle.

Yuma Consensus, le cerveau de Bittensor

Pour se faire, Bittensor utilise un algorithme de consensus appelé Yuma Consensus pour agréger les évaluations des validateurs et s’assurer que les meilleurs mineurs reçoivent la plus grande part des récompenses. 

C’est un système de mérite pur et dur, où la qualité prime sur tout le reste. La vraie valeur ajoutée du réseau, c’est cette incitation à la recherche. Comme le résume bien Antoine :

« Dans Bittensor, il y a vraiment de l’incitation de la recherche« . 

C’est ce qui fait la différence avec la majorité des autres projets, qui se contentent de mettre en relation des utilisateurs avec des modèles d’IA déjà prêts.

La tokenomics du TAO : le faux clone de bitcoin

Le cœur battant de l’écosystème est le jeton TAO. Dans l’interview, Antoine le compare à Bitcoin, et c’est plutôt logique car les créateurs de Bittensor s’en sont inspirés pour construire leur tokenomics.

Le TAO a une offre totale fixe de 21 millions et a été lancé en fair launch (pas de pré-ventes, pas de VC). Comme le BTC son émission diminue de moitié lors des halvings. Mais la ressemblance s’arrête là. 

Alors que le Bitcoin est émis pour valider des transactions, le TAO est émis pour inciter et récompenser le travail collectif des mineurs et des validateurs autour d’un objectif commun : l’amélioration continue des modèles d’IA. 

C’est un système de « preuve d’intelligence » (Proof of Intelligence), bien plus complexe que la simple « preuve de travail » (Proof of Work) de Bitcoin.

Le rôle de Mentat Minds sur le réseau Bittensor

Vous l’aurez compris, Mentat Minds est un acteur clé de l’écosystème Bittensor. Leur rôle est de proposer un service de gestion de staking de haute qualité. Concrètement, ils vous proposent diverses stratégies vous permettant de staker vos TAO ou vous exposer sans effort au marché des subnets. Tout cela est proposé de manière non custodiale, grâce à un technologie appelée “Proxy”.

Ainsi, vous bénéficiez d’un staking optimisé, car Mentat Minds rebalance vos fonds sur les meilleurs validateurs afin d’avoir le meilleur yield, et tout ça sans perdre le contrôle sur vos fonds.

Pour conclure, si Bittensor attire autant l’attention, c’est parce qu’il représente une véritable rupture, un passage de 0 à 1 dans la production de services informatiques. Selon Antoine, co-fondateur de Mentat Minds :

« Bitcoin décentralise la valeur, Bittensor décentralise la production ». 

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

MNBC, banques centrales et trésorerie d’entreprises : 3 menaces pour Bitcoin ?

MNBC, banques centrales et trésorerie d’entreprises : 3 menaces pour Bitcoin ?

MNBC, banques centrales et trésorerie d’entreprises : 3 menaces pour Bitcoin ?

« Toutes les monnaies fiates sont en inflation dans le monde et donc Bitcoin nous protège contre toutes les monnaies fiat quel que soit leur degré d’inflation. » 

Pour la rentrée de Blockchain Addict, pas de blabla, on ne se perd pas dans le métavers avec des tokens de licorne. On a décidé de revenir aux fondamentaux, à la source de l’amour, et de se poser LA question qui dérange : pourquoi sommes-nous tous obsédés par le Bitcoin ?

À l’heure où les institutionnels, ces gros poissons de la finance traditionnelle, prennent Bitcoin d’assaut, il est facile d’oublier sa raison d’être. On voit des ETF, des chiffres sur la valeur en dollars, et on en oublie presque la raison pour laquelle Satoshi Nakamoto a sorti de terre cette petite révolution.

Pour revenir à l’essentiel, nous nous sommes appuyés sur la vision de Yorick de Mombynes, magistrat et penseur de Bitcoin.

En s’inspirant de ses réflexions, cet article explore les trois menaces qui pèsent sur l’actif numérique : les MNBC, les banques centrales et les trésoreries d’entreprise.

Ethereum France - blockchazinaddict

Genèse de Bitcoin : fiat Satoshi Nakamoto

Pour comprendre les enjeux, il faut faire un petit saut dans le temps, plus précisément en 2008. Le monde de la finance s’écroule sous le poids des subprimes. Les banques, soi-disant « trop grandes pour faire faillite« , se s’en sortent in extremis grâce à des plans de sauvetage massifs payés par les contribuables.

La confiance dans le système financier traditionnel et ses gardiens, les banques centrales, est au plus bas.

C’est dans ce chaos qu’un individu ou un groupe, sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, publie le livre blanc de Bitcoin. Et ce n’est pas une coïncidence si, dans le tout premier bloc de la blockchain Bitcoin (le « bloc de genèse »), il inclut un message caché, la Une du Times du jour à l’époque : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks. » (Le Chancelier est sur le point de lancer un deuxième plan de sauvetage pour les banques).

Ce message n’est pas anodin. Il est le manifeste de Bitcoin. Il nous rappelle que le BTC n’est pas une simple monnaie numérique. C’est une réponse directe à la faillite morale et financière des banques et de leurs gouvernements.

Son but ? Créer un système de monnaie électronique de pair à pair, sans l’intervention d’un tiers de confiance (banque, gouvernement, etc.), résistant à la censure et à la manipulation. Une monnaie qui nous appartient vraiment, gravée dans le marbre de la blockchain.

Menace n°1 : La Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC), le cheval de Troie

Face à l’essor de Bitcoin, puis des cryptomonnaies, les banques centrales ont d’abord feint l’indifférence, puis ont ricané. Maintenant, elles ripostent avec leurs propres projets : les MNBC. Ces « monnaies numériques de banque centrale » sont souvent présentées comme le futur de l’argent, plus pratique, plus rapide. Mais derrière cette façade se cache l’opposé exact de ce que Bitcoin représente.

Alors que Bitcoin est décentralisé, une MNBC est centralisée. Son émission, sa distribution et sa gestion sont sous le contrôle absolu de la banque centrale. Contrairement à la blockchain Bitcoin, qui est publique et transparente, une MNBC serait une base de données privée, dont l’accès est contrôlé par l’État. 

Le risque ? Une surveillance totale. On peut imaginer alors une MNBC programmable, où le gouvernement pourrait décider de ce que vous avez le droit d’acheter, ou si votre argent a une date de péremption. C’est un outil de contrôle financier et social sans précédent, à mille lieues de la liberté offerte par Bitcoin.

« La réalité historique […] c’est que les banques centrales ont été créées pour faciliter l’inflation monétaire au profit de la puissance publique pour compléter son financement au-delà de l’impôt. (…) Les démocraties sont capables de la plus grande coercition en matière monétaire. On l’a vu aux États-Unis dans les années 30 avec l’or.»

Menace n°2 : Les Banques Centrales, les vieilles habitudes ont la vie dure

Les banques centrales ont un historique long et sinueux. Comme l’a noté Yorick de Mombynes, elles ont souvent été créées pour financer les guerres et les dépenses des États, en ayant recours à la planche à billets.

C’est un schéma qui se répète depuis des siècles : la création de masse monétaire entraîne l’inflation, qui déprécie l’épargne des citoyens. C’est l’essence même de ce que Hayek appelait « la route de la servitude« .

Bitcoin, avec sa quantité limitée à 21 millions d’unités, est la réponse à ce problème. Il est conçu pour être une monnaie « dure » et déflationniste, impossible à imprimer à l’infini.

Les banques centrales, en créant des monnaies illimitées, sont en contradiction directe avec ce principe.

De fait, elles n’ont d’autre choix que de considérer Bitcoin comme une menace à leur monopole monétaire. C’est un combat de philosophie économique : une monnaie saine et décentralisée contre une monnaie fiduciaire inflationniste et centralisée.

De fait, et c’est là que l’ironie est savoureuse, les mêmes banques qui regardaient Bitcoin de haut il y a quelques années se jettent maintenant à corps perdu sur les ETF adossés à ce même BTC.

En participant à ces fonds, elles permettent à leurs clients institutionnels et fortunés d’y investir sans avoir à gérer les complexités techniques. Comprenons bien toutefois. Pour ces banques, les ETF Bitcoin ne sont pas un soutien à la philosophie de Bitcoin.

Ce sont de nouveaux produits à vendre pour générer des frais. Elles se positionnent comme des intermédiaires incontournables, renforçant leur propre modèle centralisé tout en profitant de l’engouement pour un actif qu’elles ne contrôlent pas.

« J’ose espérer que ce phénomène des ETF est transitoire et que c’est surtout une porte d’entrée dans l’écosystème Bitcoin. » 

Menace n°3 : Les Trésoreries d’Entreprise, quand le capitalisme s’invite à la fête

Aux MNBC, et aux banques s’ajoutent un autre facteur menaçant la reine des cryptomonnaies.

L’adoption du Bitcoin par des entreprises comme Strategy, sous l’impulsion de Michael Saylor, est en effet une arme à double tranchant. C’est une excellente nouvelle pour l’adoption de la cryptomonnaie, mais elle soulève des questions sur la centralisation.

Quand une seule entreprise détient une partie significative de l’offre en circulation, elle devient un « point de défaillance unique ».

Si, pour une raison quelconque, Strategy devait liquider une grande partie de ses avoirs en Bitcoin, cela pourrait provoquer un effondrement du marché. De plus, en stockant leurs Bitcoins sur des plateformes de conservation tierces (les « custodians« ), ces entreprises n’adoptent pas le principe de la « self-custody » (la détention de ses propres clés privées).

Elles réintroduisent de fait un tiers de confiance dans l’écosystème, ouvrant la voie à des risques de piratage, de censure ou de saisie, ce que Bitcoin était justement censé éliminer.

Ces trois menaces ne sont pas des compétiteurs comme les autres. Ce sont des incarnations de la centralisation que Bitcoin a été créé pour combattre.

Les MNBC offrent le contrôle, les banques centrales continuent de dévaloriser la monnaie, et les trésoreries d’entreprise centralisent la détention.

Chacune, à sa manière, s’attaque aux principes fondamentaux du Bitcoin : la souveraineté, la décentralisation et la résistance à la censure.

L’enjeu n’est pas seulement de savoir si le prix du Bitcoin va monter ou baisser. L’enjeu est de savoir si le monde va se diriger vers un avenir de liberté financière ou un avenir de contrôle total.

En gardant ces menaces à l’esprit, vous pourrez mieux comprendre ce qui se joue en arrière-plan et pourquoi il est important de s’éduquer, et pas seulement d’investir.

Enfin, à Yorick le mot de la fin, et celui du début : 

« Chaque jour qui passe renforce ma confiance dans cet objet puisque chaque jour qui passe diminue la probabilité pour qu’il échoue à la fois techniquement, puis économiquement et politiquement. »

Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

Cryptomonnaies et Proof of Stake : Les conseils d’un expert pour chasser les pépites

Cryptomonnaies et Proof of Stake : Les conseils d’un expert pour chasser les pépites

Cryptomonnaies et Proof of Stake : Les conseils d’un expert pour chasser les pépites

« Donc comment fonctionne une blockchain proof of stake ? C’est juste que on a des personnes qui holdent certains tokens. Ça peut être, des ethers, ça peut être du SOL ou autres. Pas le Bitcoin, parce que Bitcoin, c’est proof of work. Ceux qui détiennent des tokens en fait déposer leur token avec un validateur pendant une certaine période de temps. Et grâce à ça, eux, ils fournissent de la sécurité économique à la blockchain.»

Cette semaine, c’est le retour sur notre chaîne d’un habitué : Kam Benbrik, responsable de l’équipe de recherche chez Chorus One, validateur blockchain.

Notre invité a partagé de précieux éclaircissements sur le rôle des validateurs dans l’écosystème, les critères de sélection des blockchains par Chorus One, et son point de vue personnel sur les tendances crypto actuelles. De quoi nous permettre de prendre un peu de hauteur et de mieux comprendre les enjeux des validateurs. C’est parti !

Ethereum France - blockchazinaddict

Au coeur du Proof of stake avec Chorus One 

Chorus One opère comme un validateur sur les blockchains Proof of Stake (PoS). Cette action sécurise la blockchain et en échange, ils reçoivent des frais de transaction et l’inflation du réseau. Chorus One fournit l’infrastructure nécessaire à ces « stakers » et perçoit une commission sur leurs revenus.

Pour bien comprendre, faisons un rapide tour d’horizon de ces termes clés :

  • Validateur : Imaginez un validateur comme un gardien de la sécurité sur certaines blockchains. Son rôle est de vérifier et de valider les transactions, puis de les ajouter à la blockchain. En faisant ce travail essentiel, il aide à maintenir l’intégrité et la sécurité du réseau.
  • Proof of Stake (PoS) : C’est un mécanisme de consensus, une façon pour une blockchain de se mettre d’accord sur l’état des transactions. Contrairement à la « Proof of Work » (comme pour le Bitcoin ), le PoS sélectionne les validateurs en fonction de la quantité de cryptomonnaie qu’ils « stakent » (déposent en garantie). Plus vous mettez de jetons en jeu, plus vous avez de chances d’être choisi pour valider un bloc et recevoir des récompenses. C’est un système plus économe en énergie.
  • Staking : Le staking, c’est l’acte de « locker » ou d’immobiliser vos cryptomonnaies pour soutenir le fonctionnement d’une blockchain PoS. En les mettant à disposition, vous participez à la sécurité du réseau et êtes récompensé pour cela. C’est un peu comme mettre de l’argent sur un compte d’épargne qui vous rapporte des intérêts, mais dans le monde de la blockchain.

L’équipe de recherche de Chorus One, composée de sept personnes, est chargée d’évaluer et d’intégrer de nouvelles blockchains. Leur processus de sélection repose sur trois critères principaux :

  • La demande des clients : Chorus One cible principalement les institutions, les fonds d’investissement ou les « whales » (de très gros détenteurs de cryptomonnaies). Ce sont souvent eux qui sollicitent Chorus One pour staker certains tokens.
  • La valeur du projet : L’équipe échange directement avec les développeurs pour comprendre la valeur ajoutée et la proposition unique de chaque nouvelle blockchain.
  • L’économie du projet : Une analyse financière est menée pour évaluer les coûts d’infrastructure et les revenus potentiels, en se basant sur la valorisation actuelle du projet et les estimations d’inflation des tokens.

Comment devenir un chasseur de blockchain professionnel ?

Vous l’aurez donc compris, pour être rentable, le validateur savoir cibler correctement les blockchains avec lequel il souhaite travailler. C’est dans ce sens que Kam offre des perspectives éclairées pour identifier les projets à fort potentiel, allant de l’évaluation des stablecoins à la distinction entre architectures de blockchains. Quelques pistes.

Les stablecoins, un outil institutionnel 

L’interview a mis en lumière l’intérêt croissant des institutions pour les stablecoins. Kam a cité l’argument de BlackRock pour justifier cet intêret : la transparence (la supply et la TVL sont visibles sur la blockchain), la disponibilité 24/7 et la facilité d’envoi partout dans le monde en font un outil financier de choix.

Des géants comme JP Morgan, malgré les critiques passées de son PDG envers Bitcoin, s’intéressent activement à la tokenisation et pourraient lancer leur propre stablecoin. En France, Société Générale Forge illustre également cette tendance. Le succès fulgurant de Circle, émetteur de l’USDC, récemment coté en bourse, témoigne de l’attrait des investisseurs pour ce marché.

Kam a souligné que les stablecoins représentent un business gigantesque avec un retour sur investissement (ROI) impressionnant, à l’image de Tether (USDT) qui génère des milliards avec une équipe restreinte. Cette rentabilité est amplifiée par un environnement macroéconomique où les taux d’intérêt sont élevés, permettant de générer des revenus substantiels sur les réserves.

Au delà des stablecoins, Kam a partagé ses critères personnels de sélection, sans donner de conseil en investissement :

  • L’équipe et le projet : L’adéquation entre l’équipe et la vision du projet.
  • La demande et l’activité réelle : Il scrute les dashboards d’analyse on-chain (comme Dune Analytics) pour évaluer l’activité et distinguer les volumes authentiques des volumes artificiels. Cela implique d’analyser les adresses actives et le comportement des utilisateurs.
  • Les revenus réels générés : Que ce soit les frais de transaction et le MEV (Maximum Extractable Value) pour une blockchain comme Solana ou Ethereum, ou les frais de trading pour des plateformes comme HyperLiquid.

Solana vs Ethereum : Architecture, expérience et rentabilité 

La conversation a mis en contraste l’approche de Solana et d’Ethereum. Kam a souligné que Solana, malgré les critiques liées aux memecoins, a prouvé sa capacité à gérer d’énormes volumes de transactions (par exemple, 1 milliard d’échanges sur le token Trump en une journée). Si vous suivez, elle coche donc une case importante de la liste évoquée juste avant.

Pour lui, l’architecte de Solana, Anatoly Yakovenko, est un ingénieur pragmatique qui priorise l’expérimentation et l’amélioration continue, même en production. L’objectif de Solana est de tendre vers une inflation très faible, compensée par l’activité réelle du réseau (frais de transaction et MEV), qui représente déjà 1 à 2% du rendement des validateurs.

À l’inverse, Kam exprime un certain pessimisme pour l’avenir d’Ethereum. Il perçoit Vitalik Buterin davantage comme un « philosophe » axé sur la recherche théorique, ce qui ralentirait le développement. La stratégie des Layer 2 a conduit à une fragmentation de la liquidité et une complexité de l’expérience utilisateur, notamment pour les novices. 

Certains projets choisissent de construire sur Base, la blockchain de Coinbase, pour bénéficier de son énorme base d’utilisateurs. Cependant, pour les développeurs expérimentés en DeFi, Kam recommande de construire sur Solana ou sur de nouvelles blockchains EVM-compatibles comme Monad, qui offrent une véritable décentralisation du séquenceur, contrairement à la plupart des Layer 2 centralisés actuels.

Ressources pour tout comprendre

Pour devenir un bon chasseur de blockchains il vous faudra également des outils pour faire vos recherches : 

  • X : Sa source numéro un pour suivre l’actualité et les discussions de l’écosystème.
  • Plateformes de données : DeFiLlama et Dune Analytics pour l’analyse on-chain.
  • Forums de blockchain sur discord : Pour des discussions plus spécifiques sur des projets comme Solana ou Ethereum.
  • Les fondateurs de projets : Il suit directement les personnalités comme Anatoly Yakovenko de Solana pour leurs insights directs et leurs débats.

A Kam, le mot de la fin : 

« Je regarde la team, je regarde le projet, je regarde si il fait sens ou pas. Ensuite, je regarde la demande. Est-ce qu’il y a de la demande pour ce projet-là ou pas ? Comment tu comment tu comment tu juges la demande ? Passons à l’activité. l’activité sur la chaîne.Je regarde des dashboards sur Dune Analytics. Est-ce qu’il y a de l’activité, est-ce que l’activité qui se passe sur cette blockchain là est vraie ou ou pas ? »

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Magali Bourdou

Magali Bourdou

Co-fondateur

Alephium, blockchain Proof of Work : la résistance s’organise

Alephium, blockchain Proof of Work : la résistance s’organise

Alephium, blockchain Proof of Work : la résistance s’organise

Proof of Work ou Proof of Stake ? Une question que Maud d’Alephium ne se pose plus : pour elle, le choix est fait.

Alors que la majorité des nouvelles blockchains optent pour le Proof of Stake (PoS), jugé plus rapide, moins énergivore et plus accessible, Alephium choisit un autre chemin. Celui du Proof of Work (PoW), ce mécanisme qui a fait la force et la réputation de Bitcoin, mais que beaucoup considèrent comme obsolète.

Alephium est une blockchain Layer 1, c’est-à-dire une blockchain de base, qui n’est pas dépendante d’une autre pour fonctionner. Elle a été conçue dès le départ pour supporter les smart contracts, être scalable (c’est-à-dire capable de gérer un grand volume de transactions) et programmable. Et cela, sans renier les fondamentaux du Web3 : la décentralisation, la transparence, la résistance à la censure. Un parti pris rare et assumé.

« Ce qu’on voulait avec Alephium, c’était partir sur des bases technologiques très différentes pour avoir des trade-offs différents aussi. » 

Ethereum France - blockchazinaddict

De l’ICO au Proof of work 

 

Maud découvre la blockchain en 2017, au coeur du bull run historique qui a vu le Bitcoin atteindre les 20 000 dollars. A l’époque, elle pense simplement aider une communauté sur Telegram. 

Mais très vite, son implication devient totale : elle passe 15 heures par jour à répondre aux utilisateurs, même le soir de Noël. Un engagement de terrain, qui la confronte aux limites techniques et humaines de l’industrie.

Cette expérience fondatrice l’amène à rejoindre Alephium. Aujourd’hui, en tant que COO, elle coordonne les opérations, les équipes, les relations communautaires et les initiatives stratégiques. Son passé dans un crypto exchange et une start-up tech l’a dotée d’une compréhension fine des dynamiques écosystémiques.

Alephium : scalabilité, sécurité et exécution intelligente

Alephium répond à un triple besoin : être sécurisée comme Bitcoin, programmable comme Ethereum et scalable comme les blockchains de nouvelle génération. Le projet mise sur une architecture originale, mêlant modèle UTXO (issu de Bitcoin) et account-based (comme Ethereum). Cette fusion permet une meilleure parallélisation des transactions et une plus grande flexibilité de programmation.

Avec un block time de 16 secondes (bientôt 8), Alephium propose une expérience utilisateur fluide, même en cas d’affluence sur le réseau. Les tests en cours visent déjà les 20 000 transactions par seconde.

« On voit ça comme le meilleur des deux mondes : la sécurité du Proof of Work, avec la scalabilité et la programmabilité qu’on retrouve ailleurs. » 

ALPH : un token miné lentement, pensé pour durer

Là encore, Alephium se distingue. Le token ALPH n’est pas préminé, ni distribué massivement en amont. Il est miné progressivement sur 80 ans, avec une inflation extrêmement lente et prévisible.

« Aujourd’hui, 20 % du supply a été miné, et les 80 % restants le seront sur les 80 prochaines années. » 

Pas de halving brutal comme sur Bitcoin. Pas non plus de courbe d’émission ultra rapide comme chez Kaspa. Ce choix assure une rémunération stable pour les mineurs et une meilleure visibilité pour les développeurs et investisseurs. Une « tail emission » viendra compléter le modèle à long terme, pour garantir la viabilité du réseau au-delà des 80 ans.

Le PoW, une ressource… durable ?

Alors que le Proof of Work est souvent pointé du doigt pour sa consommation énergétique, Maud défend une vision nuancée et surtout documentée. Elle rappelle que le PoW peut être un levier d’optimisation énergétique, de valorisation des surplus (solaire, hydro, éolien) et même de stabilisation de réseau. Sujet également abordé lors de notre interview avec Sebastien Gouspillou.

« Le mining est une des seules technologies capables de résoudre des défis environnementaux sans subvention publique. » 

L’exemple texan parle de lui-même : grâce au minage, l’État a évité 18 milliards de dollars d’investissements dans des infrastructures à gaz, tout en renforçant la résilience de son réseau électrique.

Nœuds, accessibilité, et désintermédiation

Derrière les nœuds de la blockchain se joue une bataille silencieuse : celle de l’accessibilité et de la souveraineté technique. Alors que certaines blockchain PoS nécessitent des serveurs coûteux, Alephium permet de faire tourner un nœud… sur un Raspberry Pi.

« On peut faire tourner un nœud Alephium sur un Raspberry Pi. C’est ça, la décentralisation. » 

Un détail technique et durable qui a des conséquences politiques : n’importe qui peut vérifier les transactions, sans passer par un tiers. C’est la base de la désintermédiation.

Stablecoins, NFT, oracles : un écosystème en marche

Malgré sa jeunesse, Alephium bénéficie d’un écosystème fonctionnel : bridges vers USDT/USDC, oracles, plateformes NFT, protocoles de lending et même stablecoin natif (AlphBanx). La tokenisation d’infrastructures énergétiques est également en cours.

« Même si on est une jeune blockchain, on a eu pas mal de traction grâce à ces ponts vers les stablecoins. » 

La réalité est là : développer un nouvel environnement, avec une VM et un langage propres, prend du temps. Mais cela ouvre la voie à une indépendance technologique bien plus solide.

Innovation radicale, cohérence totale

Alephium n’est pas un coup de com’. C’est une infrastructure, un outil, mais aussi une idée : que l’on peut construire une blockchain rapide, efficace, programmable, sans renier les valeurs fondatrices du Web3. 

Et si l’avenir était fait de compromis choisis, plutôt que subis ? A Maud de nous répondre avec le mot de la fin : 

« On veut montrer qu’il n’est pas nécessaire de compromettre la décentralisation pour avoir un écosystème performant. » 

Jito sur Solana : Optimisez le rendements de vos cryptos grâce au staking liquid

Jito sur Solana : Optimisez le rendements de vos cryptos grâce au staking liquid

Jito sur Solana : Optimisez le rendements de vos cryptos grâce au staking liquid

Après avoir plongé dans les architectures complexes de Starknet avec Abdel Bakhta, puis dans les infrastructures physiques du Bitcoin avec Sébastien Gouspillou, Blockchain Addict poursuit son exploration des piliers du Web3. 

Cette fois, direction Solana, écosystème que nous vous avons déjà présenté par le biais de sa fondation, afin de découvrir Kouga, de Jito Europa, le leader du staking liquide sur Solana

Jito permet aux utilisateurs de staker leurs SOL sans les bloquer, via un jeton dérivé appelé JitoSOL. Celui-ci représente une part de leur dépôt dans le pool de staking et accumule des intérêts

La vraie valeur ajoutée de Jito ? Son intégration poussée du MEV, une stratégie jusqu’ici réservée à Ethereum, mais que l’équipe de Jito a adaptée aux spécificités de Solana.

MEV : l’arbitrage caché qui devient une opportunité pour les utilisateurs

Le MEV, ou « Maximal Extractable Value », désigne la valeur maximale que peut extraire un validateur (ou un bot) en organisant les transactions dans un bloc de façon stratégique. Concrètement, certaines transactions peuvent générer un profit si elles sont placées juste avant ou juste après une autre, dans une logique d’arbitrage automatisé.

Un exemple pour comprendre

Imaginons que vous fassiez un swap sur une plateforme comme Jupiter. Pendant le court laps de temps entre la soumission et l’exécution de votre transaction, le prix du jeton peut fluctuer. Un bot peut alors repérer cette fluctuation et insérer une transaction à son avantage : acheter avant vous (si le prix monte), puis revendre juste après (avec un bénéfice).

Ce mécanisme existe depuis longtemps sur Ethereum, mais les frais de gaz élevés y limitent sa rentabilité. Sur Solana, au contraire, les transactions coûtent très peu : ce qui rend le MEV exploitable même pour de faibles montants.

Et Jito dans tout ça ?

Jito s’est spécialisé dans cette logique : il permet aux validateurs de capter une partie de la valeur MEV… mais redistribue ces gains aux détenteurs de JitoSOL. Cela permet d’offrir un rendement supérieur au staking classique, sans frais ni complexité supplémentaires pour l’utilisateur.

« Le liquid staking avec Jito, c’est un rendement autour de 8 %, boosté par les revenus MEV. » 

Gouvernance, jeton JTO et trésorerie décentralisée

Jito dispose aussi de son propre jeton de gouvernance, le JTO, distribué notamment via un airdrop généreux. Les détenteurs peuvent participer aux décisions stratégiques d’une DAO puissante (plus de 500 millions de dollars en trésorerie), même si sa gouvernance reste encore très technique et peu médiatisée.

Sécurité et sérieux de l’équipe

Avec une équipe engagée dans la durée et une rigueur légale exemplaire, Jito met un point d’honneur à la sécurité et à la transparence : audits réguliers, structure légale solide, et validation stricte de chaque prise de parole publique.

Jito Europa : vulgariser, représenter, évangéliser

Kouga, figure bien connue de la communauté francophone Solana, a récemment pris la tête de Jito Europa. Sa mission : développer la notoriété du protocole sur le continent, recruter des ambassadeurs, organiser des événements, mais aussi simplifier le discours autour d’un outil parfois jugé trop technique.

« Mon rôle, c’est de montrer que Jito, c’est simple, c’est solide, et ça permet de garder le contrôle sur ses tokens tout en générant des rendements intéressants. »

Pourquoi utiliser Jito plutôt que staker sur un CEX ?

  1. Liquidité : Vous pouvez sortir vos fonds à tout moment.
  2. Rendement accru : Grâce à la combinaison staking + MEV.
  3. Décentralisation : Vos fonds ne sont pas sur un exchange centralisé.
  4. Éligibilité à des airdrops : Être utilisateur direct d’un protocole on-chain est souvent récompensé.

Une dynamique à suivre de près

Avec un développement rapide, des partenariats solides (Kamino, Orca, MarginFi), et une stratégie d’expansion sur plusieurs continents, Jito se positionne comme un incontournable du paysage DeFi sur Solana.

De Starknet à Bitcoin, de la preuve de savoir-faire à la preuve de travail, Blockchain Addict continue de vous faire découvrir l’infrastructure du Web3 à travers ceux qui la construisent. Et Jito en est clairement une brique. 

A Kouga le mot de la fin : 

« C’est clairement le protocole leader sur Solana pour le staking liquide et le MEV. »