Une blockchain invisible pour une adoption crypto massive – Rencontre avec Hasheur (Owen Simonin)

Une blockchain invisible pour une adoption crypto massive – Rencontre avec Hasheur (Owen Simonin)

Une blockchain invisible pour une adoption crypto massive – Rencontre avec Hasheur (Owen Simonin)

« Le jour où les gens arrêteront de penser que la blockchain, c’est juste de la spéculation, on franchira un vrai cap. » – Hasheur / Owen Simonin, PBW 2025

Dans le cadre de notre épopée parisienne à la Paris Blockchain Week 2025, nous avons eu l’occasion d’échanger avec Owen Simonin, alias Hasheur, figure incontournable de l’écosystème crypto francophone. Entre vision long terme, adoption réelle et éducation des masses, il revient avec lucidité (et passion) sur les enjeux de fond qui marquent notre secteur. On vous emmène ?

Quels sont les vrais leviers de l’adoption crypto ?

Hasheur n’a jamais été du genre à vendre du rêve. Dès les premières minutes de notre échange, il rappelle que l’adoption ne se fera ni par hasard, ni par hype.

« La hype, c’est bien pour ramener des gens. Mais ce qui les fait rester, c’est l’utilité. »

Pour lui, il faut sortir d’une logique centrée uniquement sur le profit court terme et bâtir des projets où la technologie est réellement mise au service des utilisateurs.

Aussi, dans un angle ou l’éducation et l’UX (l’expérience utilisateur) sont les clés de voute du Web3 grand public, Hasheur insiste aussi sur la nécessité de rendre la technologie invisible pour l’utilisateur final.

« Demain, tu utiliseras peut-être une dApp sans même savoir que tu utilises une blockchain. Et c’est très bien comme ça. »

Owen Simonin : l’empire Hasheur

Mais avant de plonger dans l’interview, un mot sur l’homme derrière le micro. Hasheur est aussi le fondateur de Just Mining, devenu Meria, une plateforme PSAN  française qui propose des solutions d’investissement en crypto-actifs (staking, masternodes, mining) avec une approche axée sur la transparence et la pédagogie. Il a également contribué à la création de Deskoin, plateforme réglementée également permettant l’achat de cryptomonnaies pour le grand public. Hasheur est également derrière l’existence de la Hash Consulting, une agence de conseil et de communication axée sur la blockchain.

Réel porte-parole de notre écosystème crypto en France, merci à Owen de nous avoir accordé ce temps, pour vous. Enfin, à Hasheur, le mot de la fin, et celui du début :

« Si on veut que le Web3 survive, il faut qu’il s’oublie. »

De Ledger à ZKNox : Rencontre avec Nicolas Bacca

De Ledger à ZKNox : Rencontre avec Nicolas Bacca

De Ledger à ZKNox : Rencontre avec Nicolas Bacca

Du coffre-fort matériel aux nouvelles frontières de la crypto, Nicolas Bacca poursuit une quête constante de sécurité et de souveraineté numérique. Après Ledger, il se consacre désormais à un projet discret, mais ambitieux : ZKNox. Une initiative à la croisée des chemins entre Ethereum, crypto post-quantique et confidentialité. Nous l’avons rencontré pour vous dans cette nouvelle interview Blockchain Addict.

Ledger et la sécurité : poser les fondations

Difficile de parler sécurité dans les cryptomonnaies sans évoquer Nicolas Bacca. Cofondateur de Ledger, il fait partie de ces bâtisseurs qui ont façonné les standards actuels de la conservation de crypto-actifs. Très tôt, il milite pour des solutions open source, transparentes, auditées, où l’utilisateur garde le contrôle de ses clés.

« On voulait un produit grand public, sécurisé mais ouvert. Pas une boîte noire »

Avec Ledger, il participe à démocratiser l’usage du hardware wallet, à un moment où la majorité des utilisateurs stockaient encore leurs fonds sur des exchanges. Mais ça c’était avant. Car depuis 2023, Nicolas Bacca explore d’autres terrains de jeu.

Il était une fois le quantique

Depuis leur création, les cryptomonnaies reposent sur des fondations crypto solides, comme les courbes elliptiques ou les fonctions de hachage. Ces systèmes sont aujourd’hui réputés incassables… par les ordinateurs classiques

Mais l’émergence des ordinateurs quantiques menace cet équilibre. En exploitant les lois de la physique quantique, ces machines seraient capables, à terme, de casser les algorithmes de chiffrement actuels en un temps dérisoire. 

Cela poserait un risque : des clés privées pourraient être retrouvées à partir de clés publiques, mettant en péril la sécurité de millions de portefeuilles et de contrats intelligents. 

C’est pour anticiper cette menace que des projets comme ZKNox travaillent à intégrer une cryptographie post-quantique, conçue pour résister à ces attaques futures. L’enjeu est clair : préserver l’intégrité des blockchains. 

ZKNox : préparer Ethereum à l’ère post-quantique

 

Aujourd’hui, Nicolas Bacca s’investit donc dans un projet qu’il a cofondé avec Renaud Dubois (ancien de Ledger Innovation) et Simon Masson (auteur de Bendersnatch). Accessible via l’adresse ENS zknox.eth.limo, le site présente une vision claire : anticiper les menaces futures en intégrant à Ethereum des “primitives cryptographiques” résilientes aux attaques quantiques.

Concrètement, ZK travaille sur l’implémentation d’algorithmes comme ETHDILITHIUM et ETHFALCON, deux candidats pour la cryptographie post-quantique. L’objectif est double : garantir la sécurité à long terme des smart contracts, tout en assurant la compatibilité avec l’EVM.

« Le quantum, ce n’est pas demain matin, mais on ne peut pas attendre la veille pour s’en occuper »

Le Zero Knowledge proofs, c’est quoi ?

 

Les preuves à divulgation nulle de connaissance, ou Zero-Knowledge proofs (ZK), sont des protocoles qui permettent de prouver qu’une affirmation est vraie sans révéler la moindre information sur cette affirmation elle-même.

Cela permet, par exemple, de valider une transaction sans exposer le montant ou l’identité du détenteur. C’est précisément l’un des piliers du projet ZKNox, qui combine cette technologie avec des algorithmes résistants aux ordinateurs quantiques. En intégrant des preuves ZK directement dans Ethereum, ZKNox cherche à renforcer la confidentialité des interactions on-chain, tout en assurant une vérifiabilité publique. Cette approche ouvre la voie à un Ethereum plus sûr et respectueux de la vie privée.

Par ailleurs, ZKNox pousse également pour l’ajout d’une précompilation dédiée aux NTT (Number Theoretic Transform) au sein d’Ethereum. Une optimisation technique qui permettrait de rendre les algorithmes post-quantiques plus rapides et plus accessibles au niveau du protocole.

Gouvernance, open source et anticipation collective

 

Au-delà des aspects techniques, Nicolas Bacca partage aussi sa vision de la gouvernance dans l’écosystème Ethereum. Pour lui, intégrer une nouvelle primitive cryptographique n’est pas qu’un défi d’ingénierie : c’est un processus de conviction, un dialogue entre chercheurs, développeurs et décideurs communautaires.

« Intégrer une primitive, c’est pas juste coder. C’est convaincre »

Ainsi, ZKNox s’inscrit-il dans une dynamique ouverte, collaborative, où la sécurité est pensée à long terme. Fidèle à ses engagements initiaux, Nicolas reste un fervent défenseur de la souveraineté numérique.

Nicolas Bacca : le chevalier de la crypto

Dans cette conversation à cœur ouvert, Nicolas Bacca revient sur les fondements de Ledger, ses réflexions autour de la sécurité numérique, et ses espoirs pour Ethereum. 

Il évoque également son intervention clé lors de l’enlèvement de David Balland et de son épouse, cofondateurs de Ledger. À cette occasion, il a orchestré une réponse technique et juridique éclaire afin d’empêcher les ravisseurs de transférer les fonds de rançon en cryptomonnaies.?

En effet, il a conçu un dispositif capable de déclencher simultanément des demandes de gel de fonds auprès de diverses plateformes en quelques minutes, évitant ainsi les délais habituels de plusieurs jours nécessaires pour ces procédures.

Par ailleurs, Nicolas a constitué une équipe comprenant l’avocate Sarah Compani, spécialisée dans les relations avec des plateformes comme Tether et KuCoin, et a collaboré avec le collectif SEAL 911, reconnu pour son efficacité dans ce type d’interventions.

Cette initiative a permis de geler une grande partie des fonds de rançon, établissant un modèle d’intervention rapide et coordonnée dans le domaine des cyber-enlèvements liés aux cryptomonnaies.

Vous l’aurez compris, un échange dense, accessible, et résolument tourné vers l’avenir vous attend dans cette nouvelle interview.

Enfin, à Nicolas le mot de la fin et celui du début : 

« Ce qu’on construit aujourd’hui, c’est ce qui protège nos libertés demain. » 

Airdrops, DeFi et cryptomonnaies : VenaLabs, la plateforme qui rend l’apprentissage rentable

Airdrops, DeFi et cryptomonnaies : VenaLabs, la plateforme qui rend l’apprentissage rentable

Airdrops, DeFi et cryptomonnaies : VenaLabs, la plateforme qui rend l’apprentissage rentable

« Apprendre aujourd’hui, gagner demain » : ce n’est pas juste un slogan marketing, c’est l’épine dorsale de VenaLabs. Née de l’expérience et de la curiosité d’un crypto-entrepreneur de la première heure, cette plateforme entend transformer l’apprentissage de la blockchain et de la finance décentralisée (DeFi) en une aventure ludo-éducative accessible, engageante et, surtout, rémunératrice. Rencontre avec Marvin Scaringella, fondateur et cerveau de ce projet incubé par Cube3.

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De Wikileaks à VenaLabs : l’histoire d’une vocation

Marvin tombe dans la marmite Bitcoin en 2013, via une donation à Wikileaks. Très vite, il se passionne pour le minage, monte ses propres rigs, puis intègre l’écosystème français en participant à la croissance de Deskoin, où il passe de 1 million à 100 millions d’euros de volume en quelques années. 

Une success story startup, marquée par la montée en puissance des cryptomonnaies 2021 et la claque réglementaire post-effondrement de FTX. À cette période, c’est dans les airdrops que Marvin découvre un nouveau champ d’exploration.

« Entre 2021 et 2022, je récupère quasiment 200 000 dollars d’airdrops en un an. »

Et là, l’idée fut.

Chasseur de airdrop : L’enseignement par la pratique

 

« Pourquoi ne pas apprendre la blockchain en pratiquant directement, tout en récoltant des récompenses ? »

C’est sur cette idée simple que repose VenaLabs. Ici, l’utilisateur apprend à créer un wallet, à utiliser des protocoles, à comprendre la logique des airdrops… tout en réalisant des quêtes, accumulant de l’XP, des badges, et des coffres, à la manière d’un jeu.

La plateforme désacralise les codes de la finance décentralisée tout en offrant une courbe d’apprentissage progressive, guidée par  » Blocky « , une IA pédagogique thématisée (DeFi, RWA, etc.) qui peut répondre aux questions de l’utilisateur et lire les cours à haute voix.

L’airdrop comme moteur pédagogique

Comprenons bien l’ADN de VenaLabs. Pour Marvin, les airdrops sont l’évolution naturelle du marketing Web3 : une façon de récompenser les vrais utilisateurs, pas les spéculateurs. 

L’utilisateur accumule des points d’engagement en testant des projets et peut recevoir des tokens gratuitement. VenaLabs s’insère dans ce modèle et prépare déjà son propre airdrop pour récompenser les pionniers de la plateforme.

Inspirée par l’approche d’Apple, VenaLabs mise sur une UX fluide et intuitive, sans jargon. L’utilisateur peut se connecter avec Google, suivre un tutoriel pas à pas pour créer son wallet, et commencer à apprendre, sans jamais se sentir perdu dans la complexité technique du Web3.

Le tout en plusieurs langues, pour une ambition clairement globale.

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VenaLabs : un airdrop à venir ?

 

Pour l’heure, VenaLabs ne dispose pas de token natif, mais le sujet est sur la table. Des partenariats sont en cours avec des projets comme Hyperliquid ou Paradex, et la plateforme pourrait bientôt adopter un modèle freemium avec abonnements. 

VenaLabs arrive sur un terrain fertile : celui d’une crypto-pédagogie souvent trop sérieuse, trop technique, ou trop opaque. En misant sur l’engagement, le plaisir et la récompense, la plateforme propose une alternative intelligente et accessible à ceux qui veulent apprendre la DeFi sans avoir l’impression de potasser un manuel.

Certes, le modèle reste à stabiliser, et le succès de VenaLabs dépendra de sa capacité à gérer la scalabilité et à garder la communauté engagée. Mais une chose est sûre : dans un Web3 en quête d’adoption massive, cette approche par le jeu pourrait bien faire parler d’elle.

Enfin, à Marvin le mot de la fin : 

« Un airdrop, c’est comme une carte de fidélité crypto : sauf qu’à la fin de l’année, tes points sont convertis en tokens échangeables. »

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Blockchain et confidentialité : Comment Zama révolutionne la confidentialité des données

Blockchain et confidentialité : Comment Zama révolutionne la confidentialité des données

Blockchain et confidentialité : Comment Zama révolutionne la confidentialité des données

« Ce que permet la technologie de Zama, c’est de faire des calculs sur une donnée qui reste chiffrée. Le serveur ne voit jamais les données, ne comprend pas le résultat, et seul l’utilisateur peut le déchiffrer. » 

Imaginez un monde où vos données personnelles restent aussi impénétrables qu’un coffre-fort scellé, même lorsqu’elles sont traitées par des applications tierces. Utopique ? Pas pour Zama, la pépite tech française qui transforme cette vision en réalité grâce au Chiffrement Complètement Homomorphe (Fully Homomorphic Encryption, ou FHE). Blockchain Addict a rencontré pour vous Jason Delabay, ecosystem Lead chez Zama. On vous emmène ?

Qu’est-ce que le chiffrement complètement homomorphe ?

Le FHE est une avancée cryptographique majeure permettant d’effectuer des calculs directement sur des données chiffrées, sans jamais les déchiffrer. 

Autrement dit, il devient possible de manipuler des informations sensibles tout en conservant leur confidentialité absolue. Cette prouesse ouvre des perspectives inédites pour la protection des données dans des domaines tels que la santé, la finance et l’intelligence artificielle.

Zama : Pionnier du FHE Open Source

Fondée en 2020 par le Dr Rand Hindi et le Dr Pascal Paillier, Zama s’est rapidement imposée comme une référence incontournable dans le domaine du FHE

L’entreprise se distingue par son engagement envers l’open source, mettant à disposition des développeurs une suite d’outils cryptographiques de pointe pour intégrer facilement le FHE dans leurs applications.

« Pascal Paillier […] est un pionnier du chiffrement homomorphe. Il a inventé un cryptosystème qui porte son nom, et ses travaux sont aujourd’hui à la base du FHE. » 

Zama, des crypto outils pour les développeurs

Parmi les joyaux de la couronne Zama, on trouve :

  • TFHE-rs : Une implémentation en Rust du schéma TFHE, offrant des opérations booléennes et arithmétiques sur des données chiffrées.

  • Concrete : Un compilateur TFHE qui transforme des programmes Python en équivalents fonctionnant sur des données chiffrées, facilitant ainsi l’adoption du FHE pour les développeurs Python.

  • Concrete ML : Un framework de machine learning préservant la confidentialité, bâti sur Concrete, avec des liaisons vers des frameworks de ML traditionnels.

fhEVM : Un protocole de smart contracts confidentiels pour l’EVM utilisant le chiffrement homomorphe, permettant des transactions entièrement chiffrées sur la blockchain.

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Applications réelles : De la blockchain à l’IA

L’impact de Zama s’étend bien au-delà des laboratoires de recherche. En collaborant avec des institutions comme J.P. Morgan via le projet Kinexys, Zama a démontré la pertinence de sa technologie dans la finance tokenisée, apportant une couche de confidentialité jusque-là impossible à intégrer.

« Une part significative des actifs financiers ne seront jamais tokenisés s’il n’y a pas de confidentialité. Le FHE est un prérequis à la tokenisation massive. » 

Du côté du domaine de l’IA, Concrete ML permet d’effectuer des inférences sur des données chiffrées, ouvrant la voie à des applications comme l’analyse de sentiments ou les prédictions de santé, tout en garantissant la confidentialité.

Zama, une croissance fulgurante

Dans cette interview il s’agira aussi pour nous d’aborder la levée de fonds de Zama qui a levé 73 millions de dollars en mars 2024 lors d’un tour de série A, co-dirigé par Multicoin Capital et Protocol Labs.

L’objectif ? Accélérer la mise en production des outils FHE, améliorer les performances, et recruter les meilleurs talents dans le monde.

« Il faut du temps pour développer une brique fondamentale. On a mis 4 ans de R&D pour poser les bases du FHE et structurer une équipe de chercheurs et de développeurs Rust. » 

Zama, pour un futur plus sur

 

Zama n’est pas qu’un projet technologique, c’est une vision du futur. Un futur où la confidentialité n’est plus un luxe, mais une norme. Où les données de santé, les transactions, les communications personnelles sont protégées par défaut, grâce à des technologies cryptographiques de pointe.

« La plupart des gens ne se soucient pas de la confidentialité. C’est pour ça qu’on vise les développeurs, pour qu’ils intègrent cette techno comme un standard. » 

Solide, pertinent, résistant aux attaques quantiques… Dans un monde numérique où les violations de données sont monnaie courante, Zama émerge comme un gardien de la confidentialité, armé du puissant bouclier qu’est le Chiffrement Complètement Homomorphe. 

Grâce à ses solutions innovantes et son engagement envers l’open source, Zama ne se contente pas de rêver d’un avenir plus sûr ; elle le construit, une ligne de code à la fois.

« On ne veut pas être une marque visible. La réussite, ce serait que notre techno soit enfouie dans les protocoles, invisible mais essentielle. » 

Stratégies, rendements, stablecoins et memecoins : La DeFi décortiquée – Avec TokenBrice

Stratégies, rendements, stablecoins et memecoins : La DeFi décortiquée – Avec TokenBrice

Stratégies, rendements, stablecoins et memecoins : La DeFi décortiquée – Avec TokenBrice

« Mon objectif, c’était de sortir 5 à 10 DAI par jour pour payer mes cafés à Londres.»

Bienvenue dans la jungle de la finance décentralisée (DeFi), où les promesses d’indépendance financière croisent les mécanismes délicats de protocoles parfois jeunes, parfois bancals, parfois les deux.

Dans ce Far West, TokenBrice, qui carbure au café, fait figure de vieux cow-boy. 

Lors de son interview avec Blockchain Addict, ce bâtisseur infatigable de l’écosystème francophone nous a livré une analyse à balles réelles : décentralisation bafouée, gouvernance manipulée, stablecoins sous perfusion… et quelques oasis d’espoir. On vous emmène ?

De l’ombre aux projecteurs : quand la DeFi devient affaire personnelle

DeFi France : les balbutiements d’un mouvement

Tout commence entre 2018 et 2019. La DeFi est alors perçue comme un club de geeks en marge, explorant MakerDAO, Uniswap et Bancor. 

TokenBrice, lui, traîne sur Telegram et propose, presque par hasard : « Pourquoi on ne créerait pas un canal francophone ? » Le groupe DeFi France est né, et la communauté se structure.

Le ton est donné : l’expérimentation est publique, l’analyse honnête, le verbe sans fard.

DeFi Collective : le passage à l’offensive

Mais très vite, les promesses du secteur se heurtent à la réalité : manipulations de prix, gouvernances verrouillées, dérives centralisatrices. TokenBrice co-fonde alors DeFi Collective, une association suisse au fonctionnement radicalement transparent : trésorerie on-chain, rapports publics, stratégies d’investissement calibrées.

« On veut éviter d’être l’exit liquidity, mais dans certaines conditions, on le devient volontairement. » 

Objectif affiché : soutenir une DeFi résiliente, basée sur les valeurs historiques du secteur. Autrement dit : permissionless, immuable, et open source.

Entre rendements toxiques et oracles boiteux : l’équilibre précaire de la DeFi

DeFi Scan : la météo des protocoles

Pour ne pas avancer à l’aveugle dans la jungle des projets, DeFi Collective a lancé DeFi Scan. Un outil qui classe les protocoles selon quatre critères clés : gouvernance, documentation, autonomie, et résilience technique. Une sorte de GPS de la DeFi précieux, surtout quand on sait à quel point certains protocoles reposent sur des piliers fragiles.

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Rendements alléchants, risques évitables

Autre épine dans le pied de la DeFi : les rendements mirobolants, souvent dopés aux jetons maison. Un tapis de dollars, certes, mais piégé. Brice évoque alors deux exemples. Hyperliquid et Solana.

Oui, Hyperliquid cartonne. Oui, le levier attire. Mais non, la décentralisation n’est pas incluse. Et que dire de Solana ? Pour Brice, c’est simple : une chaîne orientée court terme, alimentée par des incitations financières opaques.

« Rien dans cet écosystème ne semble fait pour le bien public. » 

En bref, car il ne s’agit pas là de refaire l’interview, ce que nous dit TokenBrice, entre les lignes, c’est que la DeFi est à la croisiée des chemins. Soit elle cède aux sirènes de la financiarisation sauvage, soit elle se réinvente en s’appuyant sur ses fondations : transparence, autonomie, communauté.

Il n’y a pas de raccourci. Juste un métier à tisser, fait de documents publics, d’analyses sans concession, et d’éducation continue.

« Ce qui nous déclenche, c’est l’injustice, la manipulation, le mensonge. » 

Réconcilier les cryptomonnaies et les banques : la mission de Deblock – Avec Claire Balva

Réconcilier les cryptomonnaies et les banques : la mission de Deblock – Avec Claire Balva

Réconcilier les cryptomonnaies et les banques : la mission de Deblock – Avec Claire Balva 

Qui a dit que les cryptomonnaies ne pouvaient pas rimer avec les banques ? Certainement pas Claire Balva, Vice-Présidente Stratégie de la fintech Deblock, qui nous partage son parcours riche dans une nouvelle interview.  

Claire Balva, connue pour son rôle chez KPMG en tant que directrice blockchain & crypto, est également cofondatrice de Blockchain Partner, auteure reconnue, animatrice sur BFM Business, et créatrice de la chaîne YouTube Unhosted Media. Son expérience lui confère une vision aiguisée des enjeux crypto et réglementaires.

Deblock : simplifier l’utilisation quotidienne de la crypto

« Deblock est une néobanque offrant un compte courant classique combiné à la possibilité d’acheter et vendre des cryptomonnaies », explique Claire Balva. 

Concrètement, Deblock permet à ses utilisateurs de recevoir leur salaire, payer leur loyer et utiliser une carte Visa physique ou virtuelle tout en gérant facilement leurs actifs cryptos via un wallet intégré.

La fintech a été conçue avec une forte culture de la conformité dès sa création, lui permettant d’obtenir rapidement des agréments essentiels tels que l’EMI puis le PSAN en France.

Claire souligne cette particularité : 

« Nous avions déjà un agrément EMI avant le PSAN, ce qui nous a facilité les démarches et positionnés comme précurseurs. »

Un positionnement crypto unique face aux autres banques

Interrogée sur les avantages compétitifs de Deblock, Claire précise : 

« Nous sommes uniques dans notre positionnement. Certaines plateformes crypto proposent beaucoup de tokens, mais ne permettent pas les opérations courantes bancaires. D’autres banques offrent un compte courant mais ne gèrent pas réellement la crypto. Nous, on fait les deux simultanément. »

La plateforme s’adresse ainsi à un large public cherchant à gérer simplement euros et cryptomonnaies. Grâce à une expérience utilisateur fluide, les utilisateurs peuvent réaliser des swaps directement dans l’application ou transformer facilement leurs cryptos en euros.

Déjà disponible en France et en Polynésie, Deblock vise une expansion active en Europe, en commençant par l’Espagne. Claire explique ce choix stratégique : 

« L’Espagne est un marché naturel car nous avons déjà une partie de l’équipe parlant espagnol. L’Allemagne et le Benelux suivront rapidement. »

L’avenir de la régulation et de la Self Custody

 

L’interview aborde également des sujets plus larges, comme l’avenir réglementaire avec MiCA. Claire Balva considère que « la régulation va se renforcer dans le secteur crypto », avec des défis spécifiques à la self custody. Selon elle, rester en self custody pourrait devenir « un acte politique », tant la pression réglementaire sur ce modèle est croissante.

Deblock a d’ailleurs fait le choix clair de privilégier la self custody, en cohérence avec sa volonté de rendre les services crypto accessibles tout en garantissant la souveraineté financière des utilisateurs.

Pour conclure, Claire Balva conseille aux entrepreneurs de se préparer dès le début à intégrer la conformité dans leur stratégie pour mieux anticiper les évolutions réglementaires futures surtout face à l’adoption croissante des cryptomonnaies. C’est d’ailleurs avec ce mot de la fin que nous nous laisserons inviter à la réfléxion : 

« Je vois bien venir un monde où toute la finance va être tokenisée et donc l’adoption va se faire aussi de cette manière-là. »