Voyage au cœur de la gouvernance crypto : Avec Romain Figuereo de Paladin

Voyage au cœur de la gouvernance crypto : Avec Romain Figuereo de Paladin

Voyage au cœur de la gouvernance crypto : Avec Romain Figuereo de Paladin

Depuis les temps anciens d’Athènes, la notion de gouvernance a constamment évolué, suscitant des débats sur son efficacité, son utilité et la justesse de son application. Aujourd’hui, dans notre ère numérique, la blockchain et l’écosystème cryptographique repoussent encore les frontières de cette notion. La gouvernance dans le domaine de la crypto représente un défi essentiel, pour la technologie elle-même, et, de fait, pour les acteurs qui la façonnent.

Parmi ces pionniers, Romain Figuereo, fondateur de Paladin, se démarque par son approche de la gouvernance décentralisée, soutenue par le marché des droits de vote. Son projet Paladin incarne une nouvelle ère de gouvernance numérique, où la technologie blockchain ouvre des perspectives inédites pour une gestion collective et transparente.

Gouvernance et marché des droits de vote dans la DeFi

Que ce soit dans les sphères des Capital Ventures, des protocoles, des DAO comme Atom Accelerator, ou des Layers 2 tels que StarkNet, la gouvernance et ses principes constituent un pilier incontournable pour la technologie blockchain. Théoriquement, ces systèmes visent à permettre une gestion collective et transparente, offrant une alternative démocratique aux modèles centralisés traditionnels.

Cependant, la réalité se confronte souvent à la complexité de l’application de la gouvernance. Des déséquilibres dans la répartition du pouvoir de vote, une participation inégale lors des consultations, l’apathie de certains détenteurs de tokens envers la gouvernance, ou encore le manque d’incitations adéquates pour voter, sont autant de facteurs qui soulignent les limites pratiques de l’application de la gouvernance dans notre écosystème. De plus, la nécessité d’une éducation suffisante pour voter de manière éclairée et raisonnée est souvent sous-estimée.

En effet, la gouvernance dans la blockchain, bien qu’idéalement démocratique et inclusive, se heurte à des obstacles pratiques qui exigent des solutions innovantes et accessibles pour tous les acteurs impliqués.

Dans ce contexte, les droits de vote associés aux cryptomonnaies, offrant des pouvoirs de gouvernance (comme par l’exemple ATOM dans l’écosystème Cosmos), prennent une importance capitale. Ces droits jouent un rôle essentiel dans l’influence des décisions clés au sein des protocoles, en particulier dans les AMM (Automated Market Makers), où ils contribuent à préserver l’équilibre et l’équité.

« On travaille beaucoup sur les marchés de droit de vote… notre cœur de métier vise à permettre à des projets d’obtenir plus d’équité sur leurs AMM. »

Paladin, réponse et perspective

Dans un écosystème où les défis de la gouvernance blockchain sont aussi complexes qu’essentiels, Paladin se positionne comme un pionnier, en développant des solutions d’infrastructures de gouvernance. La société, à travers son initiative Quest, vise à renforcer l’efficacité et la transparence des processus décisionnels au sein des protocoles décentralisés, en se concentrant particulièrement sur le marché des droits de vote.

Quest se distingue par son système de récompenses qui incite à la participation active dans la gouvernance. En échange des votes sur des protocoles clés tels que Curve, Balancer et Bunni, les utilisateurs reçoivent des incitations, soulignant l’engagement de Paladin à promouvoir une participation démocratique large.

L’approche de Romain Figuereo, fondée sur ses expériences dans le secteur du droit bancaire, apporte une perspective ambitieuse sur les enjeux de la blockchain, perspectives toutefois dans le sillage de celles qui ont motivé la création de Bitcoin, comme nous avons pu longuement le voir lors de notre entretien avec Yorick de Mombynes.

Pour lui, la gouvernance va au-delà des défis techniques ; elle représente une opportunité de transformer en profondeur la manière dont les décisions financières sont prises et gérées.

Paladin nous invite donc à repenser les paradigmes existants de la prise de décision dans le monde financier. Découvrez les détails de cette aventure et les perspectives d’avenir de Paladin dans notre interview exclusive.

Comme il est de coutume, à Romain, le mot de la fin :

« Plus le temps avance plus on se rend compte que c’est potentiellement même le projet d’une vie. »

À la découverte de Cosmos : Avec Youssef Amrani d’Atom Accelerator

À la découverte de Cosmos : Avec Youssef Amrani d’Atom Accelerator

À la découverte de Cosmos : Avec Youssef Amrani d’Atom Accelerator

Après avoir fait quelques détours du côté de Bitcoin, il était temps pour nous de remettre un peu la tête dans les nuages et de retourner explorer Cosmos, cette fois-ci en compagnie de Youssef Amrani, fondateur d’Atom Accelerator, un incubateur qui permet le soutien de projets de l’écosystème Cosmos.

Youssef nous a partagé sa vision et ses réflexions sur les défis et les opportunités liés à la gouvernance et à l’interopérabilité dans la blockchain. Faisons un peu le point sur les différents termes techniques abordés dans cette interview.

Cosmos et le Cosmos Hub : l’énergie atomique

Ce sont des points que nous avons déjà évoqués, toutefois, un petit rappel s’impose. Cosmos est un écosystème qui abrite plusieurs blockchains dans le Cosmos Hub. Le Cosmos Hub est lui-même gouverné par les détenteurs d’Atom. Or, ces derniers ont récemment refusé la proposition d’Atom 2.0.

« Le gros risque après Atom 2.0 c’était une sorte d’exode de la communauté de développeurs et un programme de bourse c’est la meilleure façon de garder les gens dans l’écosystème. »

Si vous souhaitez en découvrir plus sur l’écosystème Cosmos, nous vous recommandons cet article, qui accompagne notre rencontre avec Kam Benbrick alors chez Imperator.io, validateur Cosmos. Toutefois, Youssef nous en propose également une définition :

« Atom devient une sorte de VC décentralisé […] identifie les projets les plus intéressants pour investir directement en eux.(…) C’est un écosystème où il faut continuer à évoluer et il y a besoin de faire des smart contracts pour continuer à faire de nouveaux produits. »

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Youssef, fondateur d’Atom Accelerator, DAO dont l’intérêt est d’attirer les développeurs, étape réussie avec succès lors de sa première année, et d’améliorer et de participer à la planification de l’économie d’ATOM, étape en cours actuellement, la DAO ayant deux ans.

« On inverse complètement la pyramide parce que on s’est rendu compte à travers ces neuf premiers mois que la valeur elle est beaucoup plus intéressante à aller chercher quand il y a une planification stratégique derrière. »

La gouvernance décentralisée et les enjeux de la centralisation

Youssef a mis en avant l’importance de centraliser certaines décisions au sein d’un « Parlement » dédié plutôt que de laisser chaque proposition être décidée directement par la gouvernance.

Cette approche de la gouvernance permettrait alors d’optimiser le processus décisionnel et de concentrer les ressources sur les propositions ayant un impact significatif. Il a également exprimé le désir de voir émerger des méthodes de vote plus sophistiquées qui permettent d’exprimer des préférences plus nuancées.

Enfin, l’importance de présenter des propositions bien structurées et claires est soulignée pour permettre à tous, y compris aux investisseurs institutionnels, de comprendre facilement les enjeux et de participer de manière éclairée à la gouvernance de la blockchain.

Le concept de vote binaire (oui/non) est également critiqué pour son manque de nuance et Youssef exprime le désir de voir émerger des méthodes de vote plus sophistiquées qui permettent d’exprimer des préférences plus nuancées, par exemple, en permettant aux utilisateurs de classer les options par ordre de préférence.

La discussion a également évolué vers le sujet des Airdrops dans l’écosystème de Cosmos, l’exemple de Celestia dernièrement qui sont utilisés comme stratégie pour attirer et récompenser les utilisateurs. Youssef souligne une réflexion sur l’efficacité de cette stratégie pour renforcer l’engagement des utilisateurs dans la durée et pour les inciter à participer plus activement à la gouvernance. Avec sa double casquette, il partage son point de vue sur les avantages pour ceux qui détiennent des tokens de long terme, mentionnant comment les snapshots pour les AirDrops sont souvent pris durant les périodes de basse valeur de token, récompensant ainsi les détenteurs à long terme.

« Si on veut que la crypto et la blockchain réalisent ses promesses… c’est inévitable que on va de plus en plus bouger des Cex vers les Dex. »

L’interconnectivité des blockchains grâce à l’IBC

L’IBC (Inter-Blockchain Communication) a été présenté comme un protocole essentiel dans l’écosystème Cosmos. Il permet aux différentes blockchains de communiquer et d’échanger des informations de manière sécurisée et efficace.

Cette interopérabilité favorise une collaboration sans précédent entre les différents acteurs de l’écosystème. En comparant l’IBC (Inter-Blockchain Communication) à un langage commun, Youssef a souligné son rôle dans la création d’un écosystème où les barrières linguistiques sont levées.

L’objectif de l’interopérabilité ? L’expérience utilisateur et favoriser l’adoption.

La complexité des opérations pour les nouveaux utilisateurs a été soulignée, ainsi que la nécessité d’améliorer l’expérience utilisateur et l’abstraction des processus techniques tels que l’IBC. L’importance de la liquidité et de l’adoption de stablecoins comme l’USDC a été mentionnée comme un moyen de simplifier l’entrée dans l’écosystème Cosmos. L’éducation et les ressources ont également été abordées comme des éléments clés pour favoriser une adoption massive et équitable de la blockchain.

Cette interview avec Youssef nous a permis de mieux comprendre les défis et les opportunités liés à la gouvernance et à l’interopérabilité dans l’écosystème Cosmos. La centralisation des décisions, l’importance des Airdrops, l’interconnectivité des blockchains grâce à l’IBC, la sécurité partagée et la vision d’une « zone économique atomique » ont été au cœur de la discussion. Nous avons également pris conscience des défis de l’expérience utilisateur et de l’adoption, ainsi que de l’importance de l’éducation et des ressources pour soutenir le développement de cet écosystème en pleine croissance.

Comme il est de coutume, à Youssef, le mot de la fin :

 » Dans 5, 10 ans, 20 ans peut-être, 99.9 % des transactions sur la blockchain ne seront pas faites par des humains mais par des machines. »

Quel avenir pour les cryptomonnaies ? Rencontre avec Arnaud Salomon de Mt Pèlerin

Quel avenir pour les cryptomonnaies ? Rencontre avec Arnaud Salomon de Mt Pèlerin

Quel avenir pour les cryptomonnaies ? Rencontre avec Arnaud Salomon de Mt Pèlerin

Les cryptomonnaies ont connu une montée en puissance dans le monde financier ces dernières années, suscitant enthousiasme pour certains et inquiétudes pour d’autres. Alors que des exchanges centralisés tels que Binance et FTX dominaient le marché, il est essentiel de se rappeler les principes fondamentaux de Bitcoin : la liberté et l’indépendance, en particulier pour ceux d’entre nous qui explorent et apprennent sur les cryptomonnaies au fur et à mesure de nos rencontres.

C’est là que des acteurs pertinents entrent dans l’arène crypto et nous rappellent les fondamentaux et les principes que protège une technologie telle que la blockchain. Partons, sans plus attendre, à la rencontre d’Arnaud Salomon, fondateur de Mt Pèlerin, une entreprise suisse qui se démarque en proposant une approche basée sur la liberté, l’indépendance et la sécurité.

Les principes fondamentaux des cryptomonnaies déplacent des montagnes

Mt Pèlerin

Les cryptomonnaies ont connu une croissance rapide ces dernières années, perturbant le paysage financier traditionnel. Les principes fondamentaux qui ont donné naissance à Bitcoin et aux cryptomonnaies ne vous sont plus inconnus, nous les abordions d’ailleurs dans cet article.

D’ailleurs, « Mt Pellerin », fait d’emblée référence à ces idées. En effet, la Société du Mont Pèlerin est un groupe de penseurs fondé en Suisse juste après la Seconde Guerre mondiale. Leur objectif était de promouvoir le libéralisme classique, c’est-à-dire la liberté individuelle comme fondement de la prospérité et de la paix.

Ce passage explique que le Mt Pèlerin, un lieu spécifique, est étroitement lié aux idéaux de liberté économique et de décentralisation politique. Ces principes continuent d’influencer et de remettre en question les cadres institutionnels et réglementaires à travers le monde.

« C’est vrai que pour l’aspect transactionnel c’était déjà assez fascinant mais ensuite après tout l’aspect monétaire qui accompagne Bitcoin qui est très proche on va dire des valeurs philosophiques libertariennes et de l’école autrichienne d’économie bah c’est vrai que pour moi ça a été une vraie révélation »

Bitcoin et les cryptomonnaies, le sentier de la liberté

Arnaud Salomon met en évidence tout au long de notre rencontre l’importance de la liberté et de l’indépendance financière offertes par les cryptomonnaies. Cependant, il exprime son regret quant à l’évolution actuelle du marché, qui est dominée par les plateformes centralisées. En toile de fond, il se souvient de manière douloureuse de la perte de ses fonds lors de l’incident MtGox.

Mt Pèlerin se positionne donc comme un acteur important dans la réaffirmation des principes fondamentaux des cryptomonnaies. Arnaud Salomon explique comment l’entreprise met l’accent sur la sécurité, la conformité financière et l’éducation du marché, des principes essentiels pour comprendre le fait de posséder soi-même ses cryptomonnaies.

Favoriser l’adoption et l’éducation

Maintenant que les présentations sont faites, concrètement, qu’est-ce que Mt Pélerin ? Il s’agit d’une société suisse qui propose une plateforme ou une application mobile pour gérer ses cryptomonnaies.

Mt Pélerin peut être accessible soit par une application mobile, agissant comme un portefeuille non-custodial, soit via n’importe quel autre portefeuille matériel ou logiciel. L’objectif est de simplifier et de faciliter les transactions entre les comptes bancaires personnels et les portefeuilles crypto.

« L’ouverture d’un compte chez nous est rapide, se faisant généralement en quelques heures et, dans la plupart des cas, dans la journée même. Il est possible de débuter des transactions avec une limite de 1000 francs par jour sans compléter de procédure KYC approfondie. Pour les nouveaux clients, il y a une retenue de 7 jours sur la première transaction en cryptomonnaie afin de se prémunir contre les fraudes éventuelles. Cette mesure est en place pour agir en cas d’accès bancaire compromis. Cependant, en passant le KYC, les clients peuvent éviter cette attente. Ensuite, toutes les transactions suivantes sont traitées instantanément.»

Il convient de noter que dans le cadre de Mt Pélerin, des expériences de tokenisation sont également prévues. La Suisse adopte clairement une approche réglementaire progressive qui favorise l’innovation tout en protégeant les participants du marché.

En tant que pionniers dans l’espace de la tokenisation d’actifs, Mt Pelerin offre un cadre où les entreprises peuvent légalement échanger des jetons contre des actions.

L’éducation est fondamentale pour permettre aux utilisateurs de comprendre l’importance de la sécurité et de la gestion de leurs actifs numériques. Cela inclut l’utilisation de phrases de récupération (les 12 mots) et de dispositifs de stockage à froid, tel que l’utilisation d’une clé Ledger par exemple.

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Simplifier les transactions tout en responsabilisant : la mission de Mt Pélerin

Chez Mt Pelerin, le self custody est prôné. Le self custody, ou autogarde, est une tendance croissante dans notre écosystème. Il présente de nombreux avantages. Il permet aux utilisateurs de garder le contrôle total de leurs actifs numériques, évitant ainsi les risques associés aux plateformes centralisées. De plus, il offre une plus grande transparence, car les utilisateurs peuvent vérifier les transactions et les soldes de leurs comptes de manière indépendante.

En raison de l’effondrement de certains CEX, nous pensons à MtGox, qui a déjà été mentionné, mais nous pourrions également penser plus récemment à FTX. Arnaud Salomon explique l’importance de cette approche qui permet aux utilisateurs de contrôler leurs propres clés privés et leurs avoirs en cryptomonnaie.

« On aide beaucoup les grandes fortunes crypto à cashout une partie de leur fortune crypto en banque privée ici à Genève dans des banques prestigieuses. (…) La plupart des banques sont très très frileuses à accepter ces fonds en crypto.»

La sécurisation des actifs numériques n’est pas laissée sur le bas-côté. Les piratages et les fraudes sont fréquents, il est donc crucial de trouver des solutions efficaces pour protéger les fonds des utilisateurs.

Mt Pèlerin utilise une technologie appelée multi-party computation (MPC) pour garantir la sécurité des actifs des utilisateurs. Cette technologie permet de répartir les clés de cryptage entre plusieurs parties, réduisant ainsi les risques de piratage.

La simplification des transactions est essentielle pour favoriser l’adoption généralisée des cryptomonnaies. Mt Pèlerin travaille activement à rendre les transactions plus simples et plus directes.

Lors de notre entretien avec Arnaud Salomon, nous avons découvert que les services de la société ne cessent de croître. Nous pensons notamment à l’ajout d’une référence spécifique dans le champ de commentaire du virement et à l’introduction d’IBAN dédiés pour rendre les transactions plus accessibles et conviviales.

On est intermédiaire financier au sens de la loi suisse donc on est autorisé à processer du paiement pour le compte de tiers. (…) Nous facilitons les transactions en permettant aux clients d’ajouter une référence spécifique dans le champ de commentaire du virement, indiquant l’actif souhaité, le réseau sur lequel l’actif sera livré, et l’adresse de livraison. Bientôt, l’introduction d’IBAN dédiés rendra le processus encore plus personnalisé, attribuant à chaque client un IBAN unique pour ses transactions.

Pour approfondir le sujet, la suite est par ici, bon visionnage.

Penser Bitcoin et comprendre le BTC : Rencontre avec Yorick de Mombynes

Penser Bitcoin et comprendre le BTC : Rencontre avec Yorick de Mombynes

Penser Bitcoin et comprendre le BTC : Rencontre avec Yorick de Mombynes

« Bitcoin offre aux individus la possibilité de reprendre le contrôle de leur propre argent, en dehors des mécanismes étatiques qui ont historiquement servi à restreindre cette liberté »

En explorant Bitcoin et les cryptomonnaies, nous ne pouvions pas ignorer la philosophie du Bitcoin, ce qui nous a inévitablement conduit à rencontrer Yorick de Mombynes, fervent défenseur de la liberté financière et de Bitcoin.

De la Genèse de Bitcoin à l’école autrichienne d’économie

Le rapport entre l’École autrichienne d’économie, les Cypherpunks et Bitcoin est étroitement lié à la philosophie et aux idées qui ont influencé la création de Bitcoin par Satoshi Nakamoto. Revenons aux racines idéologiques du Bitcoin.

D’un côté, nous avons les cypherpunks. Ils sont des activistes du mouvement de la cryptographie et de la vie privée qui ont émergé dans les années 1980 et 1990. Ils ont promu l’utilisation de la cryptographie et des outils de confidentialité pour protéger la vie privée et la sécurité des individus dans le contexte numérique. Les cypherpunks ont joué un rôle important dans le développement du mouvement Bitcoin en mettant l’accent sur la décentralisation, la sécurité et l’anonymat dans les transactions financières.

De l’autre côté, et ce, bien avant la naissance de Bitcoin, est né un courant économique, l’École autrichienne d’économie, qui a trouvé son écho et une renaissance avec la création de Bitcoin. L’École autrichienne d’Économie, représentée par des économistes tels que Ludwig von Mises et Friedrich A. Hayek, met l’accent sur la décentralisation, la souveraineté individuelle et le libre marché. Cette école de pensée soutient que les interactions spontanées sur le marché, sans intervention étatique, sont les mieux à même de réguler l’économie et l’inflation.

« L’École Autrichienne d’économie m’a fourni les armes intellectuelles me permettant de défendre ma tendance naturelle à dire « non » à toutes les formes d’intervention de l’État. Mises incite à se conformer aux principes et à débattre sereinement et calmement en faveur de la supériorité d’un marché décentralisé et orienté vers le consommateur, en opposition à l’économie centralisée et planifiée par des bureaucrates. »

Ron Paul, Mises Et l’École Autrichienne

Lorsque Satoshi Nakamoto a publié le livre blanc de Bitcoin en 2008, certains points trouvaient leur écho dans les idées de l’École autrichienne d’économie, mais aussi dans les principes des cypherpunks pour créer un système de paiement électronique décentralisé fondé sur la technologie de la blockchain. Bitcoin permet de contourner les institutions financières traditionnelles en éliminant le besoin de tiers de confiance et en offrant aux individus la possibilité de contrôler leur propre argent.

« Le Bitcoin pour moi c’est devenu un hobby à partir de l’année 2016 quand j’ai découvert ce sujet (…) Je me suis appuyé sur des grands penseurs, des grands auteurs, des grands économistes, des philosophes essentiellement de l’école autrichienne.»

Bitcoin, bien plus qu’une monnaie en devenir

En bref, le lien entre l’École autrichienne d’Économie, les cypherpunks et Bitcoin réside dans la convergence de leurs idéaux de décentralisation, de souveraineté individuelle, de liberté financière et de sécurité.

Mais, le Bitcoin, comme nous l’explique Yorick, n’est pas seulement un simple outil financier. Il incarne une philosophie profonde de la liberté et de l’autonomie, qui va bien au-delà de sa fonction première. Il remet en question notre conception même de la monnaie, du pouvoir et de la gouvernance.

En d’autres termes, le Bitcoin ne cherche pas uniquement à être une alternative aux monnaies traditionnelles. Il souhaite complètement repenser la manière dont les sociétés organisent et conceptualisent la valeur et le pouvoir. Ainsi, émerge-t-il comme un défi puissant aux systèmes monétaires établis, et peut-être même, comme une nouvelle frontière dans notre quête perpétuelle de liberté et d’autonomie.

« L’aspect révolution monétaire qui pour moi est d’ailleurs même encore plus intéressant que les autres aspects parce que il est plus dérangeant, il intègre des aspects politiques, civilisationnels, culturels, économiques.»

Bitcoin, penser la monnaie autrement

Bitcoin, en tant que monnaie décentralisée et sans autorité centrale, offre une voie alternative à la souveraineté monétaire. En effet, le BTC remet en cause le rôle même de la monnaie comme unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur, le tout en éliminant la nécessité d’une validation par des entités centralisées.

« Les courants libéraux ont plus de mal à comprendre les cryptos parce qu’ils n’ont pas tout à fait la même vision de la monnaie. »

Il menace la suprématie du dollar, même si paradoxalement la monnaie du pays de l’oncle Sam est très présente dans notre écosystème, que ce soit dans notre manière de compter, nous comptons, même nous, européens souvent en dollars, ou que ce soit dans le nombre de stablecoins, indexé sur le dollar.

« Grâce à l’USDT, le dollar a pris le dessus en tout cas sur l’euro ou d’autres monnaies, c’est un écrasement complet du dollar du coup (…) Les États-Unis ont réussi à poser leur monnaie comme monnaie de référence mondiale à leur profit économique et géopolitique.»

Si nous allons plus loin, le bitcoin n’est pas qu’une réponse à des inefficacités économiques?; il est aussi, et peut-être surtout, un acte de défiance contre des structures de pouvoir et contre des monnaies étatiques. Il conteste, autant les modalités de création que de distribution de la richesse, et les mécanismes sociopolitiques qui régissent nos systèmes économiques.

De fait, la philosophie du Bitcoin ne peut pas être réduite à une série de considérations techniques ou financières. Elle incarne une vision du monde qui trouve son ancrage dans des principes économiques austro-libertaires, mais qui transcendent également ces fondations pour remettre en question nos systèmes sociopolitiques.

Ce n’est rien de moins qu’une révolution silencieuse, alimentée par une technologie disruptive, mais également portée par une aspiration profonde à la liberté et à la souveraineté individuelle.

À Yorick le mot de la fin :

« L’irruption des cryptos dans le paysage fait prendre conscience à énormément de gens qu’il y a un sujet sur la monnaie.(…)Le régime monétaire dans lequel on est depuis 1971 est fondamentalement vicieux et corrompu, il détruit l’harmonie sociale et il limite le développement économique. »

Julien Bouteloup, l’hyperactif de la DeFi : Le tour de la blockchain en 60 minutes

Julien Bouteloup, l’hyperactif de la DeFi : Le tour de la blockchain en 60 minutes

Julien Bouteloup, l’hyperactif de la DeFi – Le tour de la blockchain en 60 minutes

Nous sommes réunis cette semaine pour une nouvelle interview avec Julien Bouteloup, fondateur de Sake Capital, Stake DAO et du média Rekt. Il est également investisseur dans plusieurs projets DeFi comme Curve (CRV). Cette occasion nous permettra de renforcer nos compétences en matière de DeFi. Prêts pour un tour de la blockchain en 60 minutes ? On vous emmène.

Mathématiques, IA et Blockchain : le cocktail explosif

Dès le début de l’interview, Julien Bouteloup nous parle de son parcours scolaire. Il a commencé par une classe préparatoire en France, appelée « Math Sup, Math Spé », puis il a continué avec une expérience en mathématiques et en intelligence artificielle (IA) aux États-Unis. Cette expérience était axée sur l’apprentissage automatique et les algorithmes.

Il a également acquis une expertise dans les systèmes distribués, tels que les torrents. Après avoir travaillé dans le domaine de la sécurité et de la défense, il a créé une entreprise spécialisée dans l’apprentissage automatique et le conseil à Londres.

« J’ai toujours été passionné par les chiffres et les systèmes intelligents »

Pour rappel, un système distribué est un ensemble de machines indépendantes, souvent appelées nœuds, qui fonctionnent en parallèle et sont interconnectées via un réseau. Au lieu de concentrer toutes les tâches sur une seule machine extrêmement puissante, l’idée est de répartir les tâches et les données sur plusieurs machines qui travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun.

Ce concept est largement utilisé dans l’informatique moderne et est à la base de nombreuses technologies, notamment les blockchains et les bases de données distribuées. L’avantage ? Il offre une meilleure résistance aux pannes, une évolutivité améliorée et parfois, des performances supérieures. Nous avons discuté en détail de ce sujet lors de notre entretien avec Louis Guthmann, responsable de l’écosystème StarkWare.

Il n’est donc pas surprenant que Julien se soit intéressé à la blockchain. C’est un secteur en plein essor qui lui permet d’utiliser ses compétences en mathématiques et en systèmes distribués. Sa passion pour l’entrepreneuriat a pu s’épanouir dans cet écosystème en développement. Il est devenu investisseur et fondateur de plusieurs projets axés sur la finance décentralisée (DeFi) tels que StakeDAO, Stake Capital, le média Rekt et BlackPool.

« La DeFi est devenue une passion pour moi, je comprenais les concepts mathématiques, j’avais aussi un background en finance, et je connaissais très bien les systèmes distribués. »

Julien Bouteloup, l’Optimiste de la DeFi

Sa découverte du monde de la blockchain, en particulier d’Ethereum en 2015, a été un moment décisif. Il a été intéressé par les opportunités offertes par les smart contracts et la programmabilité de la monnaie.

Très rapidement d’ailleurs, notre invité a comparé la DeFi avec la finance traditionnelle. Julien a ainsi souligné que la DeFi imitait parfois les modèles de la finance traditionnelle, ce qui pouvait être contre-productif. Paradoxalement également, il évoque aussi les risques et les avantages de la DeFi par rapport aux produits financiers traditionnels.

« Je pense sincèrement que c’est la DeFi qui va amener ses produits à être ramenés dans cette finance traditionnelle. Tu ne changes pas un modèle qui date de Mathusalem du jour au lendemain. Le changement ne se fait pas en un jour, le ZKP (Zero Knowledge Proof), vont indéniablement changer le paradigme de cette finance centralisée. Il y a un autre nouveau concept qui est monté dans Ethereum, qui est l’ACC (Account Abstraction) »

Le terme « Account Abstraction » ou « Abstraction de compte » est principalement associé à la technologie blockchain et plus particulièrement à Ethereum. Ce concept vise à simplifier l’interaction entre les utilisateurs et les smart contracts en rendant les transactions plus flexibles et accessibles.

Pour simplifier, l’Account Abstraction vise à rendre le système plus homogène en supprimant certaines des limitations et spécificités nécessaires pour interagir avec la blockchain. En conséquence, cela pourrait faciliter l’adoption de la technologie blockchain en la rendant plus accessible et plus facile à utiliser pour le grand public.

La DeFi, petit secteur pour grands enjeux

Accessibilité aux produits financiers

Julien souligne que toutes ces technologies permettent aux utilisateurs d’accéder à des produits financiers qu’ils n’auraient pas pu obtenir autrement, comme des taux d’intérêt plus élevés ou des investissements dans l’immobilier, sans avoir à passer par des intermédiaires coûteux.

Réduction des frais

En supprimant certains intermédiaires et en permettant des transactions monétaires plus efficaces, la DeFi peut réduire les frais et les coûts liés aux services financiers, ce qui peut être avantageux pour les utilisateurs.

Monétisation des données

Il explique que les personnes peuvent utiliser la blockchain pour regrouper et valoriser leurs données de manière sécurisée et anonyme, ce qui peut leur permettre de générer des revenus, plutôt que de laisser les grandes entreprises technologiques exploiter leurs données sans les compenser.

Décentralisation pour la souveraineté

Julien estime que la décentralisation, grâce à ces technologies, peut aider les nations à récupérer une certaine souveraineté face aux grandes entreprises technologiques (GAFA) en évitant de devenir excessivement dépendantes d’elles.

Réponse aux problématiques de régulation

Enfin, Julien souligne l’importance de répondre aux problèmes de régulation, en particulier dans la lutte contre la criminalité, plutôt que de les ignorer. Il estime que la technologie blockchain peut contribuer efficacement et de manière transparente à résoudre ces problèmes.

Et justement, en abordant le sujet de l’utilisation concrète de la DeFi, quelle est la position de la régulation dans ce domaine ?

Blockchain versus régulation : la guerre des idées

Depuis plusieurs mois maintenant, nous avons discuté à plusieurs reprises de la régulation dans le domaine Blockchain. Cependant, la présence d’invités tels que Julien Bouteloup nous montre les limites de la distinction et de l’opposition souvent injustifiée entre ces deux termes. En soulignant un conflit d’idées entre les partisans de la blockchain et les régulateurs, Julien met en évidence le fait que le manque de compréhension des deux côtés peut constituer un obstacle à leur collaboration.

De part son implication dans la DeFi, Julien a une idée bien précise de la relation entre le régulateur et le secteur de la finance. A l’image de Binance, qui maintenant pour être péreinne doit faire face aux défis réglementaires et surtout s’y adapter.

 » Ce qui se passe avec Binance, c’est qu’ils sont en train de prendre un coup de la part de plusieurs régulateurs internationaux qui font la chasse aux sorcières. Les politiciens et les régulateurs cherchent un responsable pour les problèmes passés, et souvent, ce sont les acteurs de la crypto qui sont pointés du doigt. « 

Julien aborde également la question de la régulation des contrats intelligents. Il souligne que l’Europe se pose des questions sur la mise en place de l’Euro numérique, mais que la réglementation doit également évoluer pour prendre en compte ces nouvelles technologies.

Dans cette situation, le comportement des politiciens est pertinent, mais ces derniers adoptent souvent une position conservatrice concernant la cryptomonnaie afin de ne pas perdre d’électeurs.

A Julien, le mot de la fin :

 » Ce que nous construisons aujourd’hui a des implications qui vont au-delà de nos compétences de compréhension. Il est important d’accompagner les acteurs de l’écosystème crypto et de construire un avenir basé sur les valeurs actuelles et les technologies d’aujourd’hui. ”

OpenGem, NFT Factory et NFT Biarritz : rencontre avec Damien Dupont l’as du Web3

OpenGem, NFT Factory et NFT Biarritz : rencontre avec Damien Dupont l’as du Web3

OpenGem, NFT Factory et NFT Biarritz : rencontre avec Damien Dupont l’as du Web3

Vous n’êtes pas sans savoir que les NFT (Tokens Non Fongibles) ont pris d’assaut notre écosystème, malgré l’hiver crypto. Leur impact sur l’art, comme nous avons pu le voir lors de notre rencontre avec Arke, artiste NFT, les outils pour le développement d’applications futures et leur valeur en tant que symboles de reconnaissance communautaire sont nombreux. Dans une nouvelle interview Blockchain Addict, Damien Dupont, cofondateur d’OpenGem, de NFT Biarritz et de la NFT Factory, nous explique les multiples cas d’application de ces NFT.

NFT Biarritz : quand les tokens non fongibles surfent sur le Web3

Appréhender le travail de Damien Dupont, c’est comprendre toute la palette d’utilisation que peuvent avoir les NFT. Prenons NFT Biarritz, un événement que notre invité a cofondé. Un moment estival dédié à la technologie blockchain et aux NFT (en parallèle de l’événement Surfin’Bitcoin).

Cependant, dès le départ, Damien l’explique : il ne s’agit pas d’avoir une approche superficielle des NFT, mais plutôt d’aborder leur cas d’utilisation et leurs possibilités d’usage. Des ateliers et des conférences sont alors proposés, tant pour les créateurs de NFT que pour les détenteurs et les fans de tokens non fongibles. Ainsi, NFT Biarritz se distingue-t-il par son orientation vers les « builders, » les véritables créateurs dans le domaine des NFT.

Pour Damien, il s’agit donc de souligner que leur objectif n’est pas de vendre des projets… Sa démarche responsable consiste plutôt à mettre en évidence l’impact possible et à venir des technologies Web3 sur notre société.

NFT Factory : la galerie d’art non fongible

Face à cette préoccupation d’une approche responsable, il n’est pas surprenant de constater que Damien est également cofondateur de la NFT Factory, une galerie d’art NFT située à Paris. Unique en son genre, cet espace dédié aux technologies non fongibles offre à ses visiteurs la possibilité de découvrir les NFT gratuitement.

Espace innovant, expérience interactive ou encore espace de coworking, tout est pensé pour faire de ce musée, situé au cœur de Paris, le rendez-vous web3 de la capitale.

Des NFT à la tech : de l’importance des smarts contracts

Au fil de notre discussion, Damien insiste sur l’importance des contrats intelligents dans le monde des NFT. Ces contrats permettent aux artistes de sécuriser leurs créations tout en ayant un contrôle sur les revenus générés par ces œuvres. OpenGem, autre société qu’il a cofondée travaille sur des contrats intelligents visant à garantir la souveraineté des artistes, assurant ainsi une meilleure protection de leurs droits.

Pour faire simple, OpenGem est une société spécialisée dans la sécurisation de NFT. Elle met à la disposition de ses clients de nombreux outils avec comme but unique : vérifier la propriété et l’immuabilité des actifs numériques par des audits.

Quel avenir pour les NFT ? Éducation et emploi

De fait et naturellement, les pensées de Damien portent rapidement sur l’avenir des NFT, notamment leur utilisation dans l’éducation et l’emploi. Il suggère que la technologie des NFT devrait être repensée pour des applications plus larges, telles que la vérification des diplômes et le recrutement.

« L’écosystème Web3 offre de nombreuses opportunités d’apprentissage et de croissance. La curiosité, la proactivité et le réseautage avec les bonnes personnes sont essentiels pour réussir dans ce domaine .»

De nouvelles perspectives s’ouvrent dans l’utilisation des NFT, notamment dans les domaines de l’emploi et de la billetterie d’événements. Malgré l’hiver crypto, le développement des NFT est porté par des initiatives telles que celles de Damien, ce qui démontre la pertinence des NFT dans notre société actuelle.

Il ne s’agira pas là, et vous le savez bien, de vous refaire l’interview avec Damien. Nous préférons laisser la parole à l’expert. Vous avez toutefois maintenant toutes les clés en main pour comprendre cet échange. À Damien, le mot de la fin :

« La veille constante est cruciale dans l’écosystème Web3. Il faut constamment se remettre en question, rester ouvert aux nouvelles opportunités et être agnostique vis-à-vis des technologies pour avoir une vision complète et équilibrée.»